Prix Relève CGI - Repenser l'usine
« Le design de l'objet doit être adapté au corps humain »
Photo : ITA de Saint-Hyacinthe
Caroline Saulnier a lancé son entreprise en 2003, quelque mois seulement après avoir reçu son diplôme universitaire en design industriel de l’Université de Montréal.
Elle est jeune, au tout début de sa carrière, et son travail est déjà remarqué. Caroline Saulnier se voit attribuer le prix Relève CGI de l'Institut de Design Montréal.
Le phénomène est connu: les maux de dos, comme les lésions en «ite», augmentent en fréquence en milieu de travail et coûtent cher en absentéisme. Sans compter qu'un employé dont la position est inappropriée est moins productif.
Caroline Saulnier l'a bien compris. Pour parer à ces problèmes, cette jeune designer a fondé Synetik design, une entreprise vouée à améliorer les conditions de travail des employés d'usine en mettant sur le marché une gamme de tabourets et de bancs ergonomiques. Synetik possède aussi un volet services-conseils en mesure de faire des évaluations ergonomiques de postes de travail et de proposer des solutions de rechange.
Pourquoi choisir de se lancer dans le design et la fabrication de produits ergonomiques? «D'une part, ma définition du design industriel est que le design de l'objet doit être adapté au corps humain. D'autre part, à l'université, j'ai travaillé sur un projet de matelas de réadaptation cardiovasculaire. Cela m'a permis de me rapprocher des personnes. J'ai compris que je voulais que le design soit au service des gens et qu'il fasse avancer la qualité de vie des gens.»
Le choix de travailler dans le domaine des produits conçus pour être utilisés par des travailleurs d'usine n'est pas fortuit. «J'avais remarqué que, dans les bureaux, on mettait de plus en plus souvent à la disposition des employés des produits, comme des chaises, ergonomiques. Par contre, ce phénomène ne se reproduisait pas dans les milieux industriels. C'est donc ce secteur que j'ai choisi de viser avec mes produits.»
Historique de l'entreprise
Elle a lancé son entreprise en 2003, quelque mois seulement après avoir reçu son diplôme universitaire en design industriel de l'Université de Montréal. «Disons que j'étais jeune et innocente, avoue-t-elle. J'ai vendu ma Camry 93 et j'ai utilisé l'argent comme fonds de démarrage.»
Première étape: le dessin et la fabrication de prototypes. «Nous avons commencé avec deux produits, soit le Stag et le Flex.» Le Stag ressemble à une combinaison de tabouret et de petit chariot puisqu'il permet de travailler assis ou à genoux. Le Flex est un tabouret qui se baisse jusqu'au sol.
Seconde étape: le démarchage. «Je suis allée visiter des usines pour présenter les produits. La compagnie de camions Paccar s'est montrée la première intéressée. Cela m'a permis de tester les produits en usine et de recueillir les commentaires des travailleurs.» Une fois les produits mis au point, ce fut la recherche de nouveaux clients et le design et la fabrication de nouveaux produits, selon les besoins qui se présentaient.
L'entreprise aujourd'hui fabrique et distribue une quinzaine de produits: chariots, chaises et matelas. Ses produits sont présents dans le secteur de l'aéronautique, dans le secteur industriel, dans le secteur de l'automobile et dans le secteur institutionnel. «Nous développons présentement le secteur de la pharmaceutique et le secteur alimentaire.» L'entreprise compte une trentaine de clients, dont certains gros joueurs comme Bombardier, Imperial Tobacco, Kraft Canada et Hydro-Québec.
L'avenir
L'entreprise demeure modeste et ne compte que cinq employés. «Ce sont des sous-traitants qui fabriquent les composants de nos produits. Nous assurons l'assemblage, le contrôle de la qualité, l'emballage et la livraison aux clients.»
Son rôle de femme d'affaires et de chef d'entreprise l'éloigne-t-elle trop du design? «Un peu, dit-elle, mais pas tellement. Nous sommes une petite entreprise et je ne suis jamais loin du design. D'autant plus que nous offrons à nos clients la possibilité de concevoir des produits faits sur mesure, ce qui nous oblige à demeurer créatifs.»
Elle avoue toutefois que la prochaine étape à franchir n'est pas le développement de nouveaux produits, mais surtout la consolidation de l'entreprise. «Nous devons consolider notre présence sur le marché, mais nous devons aussi l'agrandir.»
Au départ, Synetik vendait ses produits presque exclusivement au Québec mais depuis peu, l'exportation a fait un bond, comptant aujourd'hui pour la moitié des ventes de l'entreprise. Le marché visé est celui des États-Unis. «Nous croyons avoir une véritable chance. Les produits du même genre aux États-Unis sont presque tous des produits de bas de gamme. La qualité de notre produit et sa fiabilité nous laissent croire que nous pouvons être concurrentiels sur le marché américain.»
La commercialisation des produits est la prochaine étape où il faudra investir temps et argent. «La prévention en santé et sécurité au travail est importante et nos produits peuvent y contribuer. Notre avantage concurrentiel est que nos produits, bien que pratiques, intègrent aussi l'humain et l'ergonomique.» Une combinaison gagnante, selon Caroline Saulnier pour qui «la réussite au Québec doit passer par l'innovation.»
***
Collaborateur du Devoir
Le phénomène est connu: les maux de dos, comme les lésions en «ite», augmentent en fréquence en milieu de travail et coûtent cher en absentéisme. Sans compter qu'un employé dont la position est inappropriée est moins productif.
Caroline Saulnier l'a bien compris. Pour parer à ces problèmes, cette jeune designer a fondé Synetik design, une entreprise vouée à améliorer les conditions de travail des employés d'usine en mettant sur le marché une gamme de tabourets et de bancs ergonomiques. Synetik possède aussi un volet services-conseils en mesure de faire des évaluations ergonomiques de postes de travail et de proposer des solutions de rechange.
Pourquoi choisir de se lancer dans le design et la fabrication de produits ergonomiques? «D'une part, ma définition du design industriel est que le design de l'objet doit être adapté au corps humain. D'autre part, à l'université, j'ai travaillé sur un projet de matelas de réadaptation cardiovasculaire. Cela m'a permis de me rapprocher des personnes. J'ai compris que je voulais que le design soit au service des gens et qu'il fasse avancer la qualité de vie des gens.»
Le choix de travailler dans le domaine des produits conçus pour être utilisés par des travailleurs d'usine n'est pas fortuit. «J'avais remarqué que, dans les bureaux, on mettait de plus en plus souvent à la disposition des employés des produits, comme des chaises, ergonomiques. Par contre, ce phénomène ne se reproduisait pas dans les milieux industriels. C'est donc ce secteur que j'ai choisi de viser avec mes produits.»
Historique de l'entreprise
Elle a lancé son entreprise en 2003, quelque mois seulement après avoir reçu son diplôme universitaire en design industriel de l'Université de Montréal. «Disons que j'étais jeune et innocente, avoue-t-elle. J'ai vendu ma Camry 93 et j'ai utilisé l'argent comme fonds de démarrage.»
Première étape: le dessin et la fabrication de prototypes. «Nous avons commencé avec deux produits, soit le Stag et le Flex.» Le Stag ressemble à une combinaison de tabouret et de petit chariot puisqu'il permet de travailler assis ou à genoux. Le Flex est un tabouret qui se baisse jusqu'au sol.
Seconde étape: le démarchage. «Je suis allée visiter des usines pour présenter les produits. La compagnie de camions Paccar s'est montrée la première intéressée. Cela m'a permis de tester les produits en usine et de recueillir les commentaires des travailleurs.» Une fois les produits mis au point, ce fut la recherche de nouveaux clients et le design et la fabrication de nouveaux produits, selon les besoins qui se présentaient.
L'entreprise aujourd'hui fabrique et distribue une quinzaine de produits: chariots, chaises et matelas. Ses produits sont présents dans le secteur de l'aéronautique, dans le secteur industriel, dans le secteur de l'automobile et dans le secteur institutionnel. «Nous développons présentement le secteur de la pharmaceutique et le secteur alimentaire.» L'entreprise compte une trentaine de clients, dont certains gros joueurs comme Bombardier, Imperial Tobacco, Kraft Canada et Hydro-Québec.
L'avenir
L'entreprise demeure modeste et ne compte que cinq employés. «Ce sont des sous-traitants qui fabriquent les composants de nos produits. Nous assurons l'assemblage, le contrôle de la qualité, l'emballage et la livraison aux clients.»
Son rôle de femme d'affaires et de chef d'entreprise l'éloigne-t-elle trop du design? «Un peu, dit-elle, mais pas tellement. Nous sommes une petite entreprise et je ne suis jamais loin du design. D'autant plus que nous offrons à nos clients la possibilité de concevoir des produits faits sur mesure, ce qui nous oblige à demeurer créatifs.»
Elle avoue toutefois que la prochaine étape à franchir n'est pas le développement de nouveaux produits, mais surtout la consolidation de l'entreprise. «Nous devons consolider notre présence sur le marché, mais nous devons aussi l'agrandir.»
Au départ, Synetik vendait ses produits presque exclusivement au Québec mais depuis peu, l'exportation a fait un bond, comptant aujourd'hui pour la moitié des ventes de l'entreprise. Le marché visé est celui des États-Unis. «Nous croyons avoir une véritable chance. Les produits du même genre aux États-Unis sont presque tous des produits de bas de gamme. La qualité de notre produit et sa fiabilité nous laissent croire que nous pouvons être concurrentiels sur le marché américain.»
La commercialisation des produits est la prochaine étape où il faudra investir temps et argent. «La prévention en santé et sécurité au travail est importante et nos produits peuvent y contribuer. Notre avantage concurrentiel est que nos produits, bien que pratiques, intègrent aussi l'humain et l'ergonomique.» Une combinaison gagnante, selon Caroline Saulnier pour qui «la réussite au Québec doit passer par l'innovation.»
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