Pas de clavier, pas d'écran, juste un petit lapin
Rafi Haladjian s'intéresse à la vie après l'ordinateur
Photo : Agence France-Presse
Nabaztag/tag, un petit lapin mécanique qui permet d’accéder au contenu disponible sur Internet sans clavier, ni moniteur.
Il est tôt le matin, vous prenez votre café en vitesse à la cuisine et vous demandez à voix haute d'entendre les dernières conditions météorologiques. Quelques secondes d'attente, puis vous entendez qu'il fera soleil aujourd'hui. Dix secondes s'écoulent et voilà qu'une voix vous avise qu'un nouveau courriel de votre ami Benoît vient d'arriver dans votre boîte aux courriels. Désirez-vous en connaître le contenu? Non, vous décidez d'attendre au bureau pour lire le message, mais, entre-temps, vous êtes curieux de savoir ce que votre site préféré vient de publier comme grand titre ce matin et vous demandez à voix haute d'accéder aux grands titres du quotidien Libération. Quelques secondes passent et voilà que vous entendez les principaux titres développés sur le site du quotidien français.
La scène semble tirée d'un film de fiction ou d'une scène de votre vie dans dix ans et, pourtant, vous pourriez déjà accéder à un tel service sans avoir à investir des dizaines de milliers de dollars en domotique pour rendre votre résidence intelligente. Non, ici je parle plutôt d'une utilisation presque anodine d'un petit lapin tout blanc, baptisé Nabaztag/tag qui permet d'accéder au contenu disponible sur Internet sans clavier, ni moniteur. Un accès à un réseau sans fil suffit.
Ce petit Nabaztag/tag, c'est l'initiative de l'entreprise française Violet. Une boîte créée par des visionnaires en 2003 pour développer des technologies, produits et services qui permettent de rendre des objets intelligents et communicants. L'âme de cette entreprise, c'est Rafi Haladjian que j'ai eu la chance de rencontrer à Paris au début du mois.
Il y a peu de gens sur cette planète qui ont le flair de voir les tendances avant tout le monde, particulièrement dans le monde des nouvelles technologies. La majorité des entrepreneurs misent sur des valeurs sûres une fois qu'elles sont adoptées par un nombre suffisant de consommateurs. C'est pourquoi, lorsqu'on a la chance de rencontrer l'un de ces visionnaires qui ont une bonne longueur d'avance sur notre quotidien, il est toujours fascinant découvrir ce qui les occupe à l'instant.
Les objets du quotidien
Rafi Haladjian est l'une de ces personnes qui transforment tout ce qu'ils touchent en or. Déjà présent dans la production de contenu à l'époque du Minitel en France, il est celui qui a créé le premier service d'accès Internet en France pour ensuite travailler sur les contenants et les contenus du Web avant de tout vendre en empochant de belles sommes et de bifurquer vers d'autres choses. Ce qui l'intéresse depuis quelques années maintenant, c'est l'émergence de l'électronique post-PC, la vie après l'ordinateur.
Rafi Haladjian s'intéresse à ces objets du quotidien qui sont aujourd'hui inertes, mais à qui on pourrait donner une seconde utilité. Ce petit lapin illustre bien la démarche: d'un design moderne, il pourrait uniquement servir à agrémenter son environnement et il sert finalement à aussi accéder à de l'information. De l'information générale ou de l'information qui nous concerne personnellement, comme notre courriel. Avec son équipe, Haladjian cherche à trouver de nouvelles façons qui nous permettront d'accéder à l'information par autre chose qu'un ordinateur. Une démarche fascinante qui nous amène à réfléchir sur notre relation avec l'information disponible autour de nous et son accès.
Pour le père du Nabaztag/tag, il est clair que ce petit lapin n'est pas une fin en soi; c'est plutôt un objet pédagogique pour aider la population à apprivoiser un monde sans PC. Rafi Haladjian explique «On ne sait pas comment ça fonctionne la vie après le PC, on a tellement été intoxiqués par une vie ou il y a des écrans et des claviers. Alors, on s'est obligé à créer un objet qui n'avait pas de bouton, pas d'écran.»
Pour le moment, mis à part vos courriels et vos SMS qu'il peut lire, la grande majorité du contenu accessible par le petit lapin Nabaztag/tag est principalement d'origine française. Si vous désirez écouter France-Info, Europe1 ou des balados de TF1, la chose est géniale. Même chose pour la consultation de quotidiens ou de magazines français. Pour ce qui est du contenu francophone de chez nous, Rafi Haladjian affirme que des contenus québécois seront ajoutés à l'offre maintenant que l'appareil est vendu au pays par les chaînes de magasins Dumoulin et Audiotronic au coût de 199 $.
Pour l'anecdote, Rafi Haladjian me racontait qu'il suit en temps réel la vente des petits lapins. Chaque fois qu'un lapin Nabaztag/tag est vendu sur le site de l'entreprise, son petit lapin personnel l'avise de la chose. Comme il le dit lui-même: «C'est pour sentir le pouls de l'activité en temps réel. Si mon lapin passe la journée à me dire que les lapins se vendent, ça me fait plaisir et s'il cesse de me le dire, eh bien, je me dis qu'il y a un problème.»
***
bguglielminetti@ledevoir.com
Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première Chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio-canada.ca/techno).
La scène semble tirée d'un film de fiction ou d'une scène de votre vie dans dix ans et, pourtant, vous pourriez déjà accéder à un tel service sans avoir à investir des dizaines de milliers de dollars en domotique pour rendre votre résidence intelligente. Non, ici je parle plutôt d'une utilisation presque anodine d'un petit lapin tout blanc, baptisé Nabaztag/tag qui permet d'accéder au contenu disponible sur Internet sans clavier, ni moniteur. Un accès à un réseau sans fil suffit.
Ce petit Nabaztag/tag, c'est l'initiative de l'entreprise française Violet. Une boîte créée par des visionnaires en 2003 pour développer des technologies, produits et services qui permettent de rendre des objets intelligents et communicants. L'âme de cette entreprise, c'est Rafi Haladjian que j'ai eu la chance de rencontrer à Paris au début du mois.
Il y a peu de gens sur cette planète qui ont le flair de voir les tendances avant tout le monde, particulièrement dans le monde des nouvelles technologies. La majorité des entrepreneurs misent sur des valeurs sûres une fois qu'elles sont adoptées par un nombre suffisant de consommateurs. C'est pourquoi, lorsqu'on a la chance de rencontrer l'un de ces visionnaires qui ont une bonne longueur d'avance sur notre quotidien, il est toujours fascinant découvrir ce qui les occupe à l'instant.
Les objets du quotidien
Rafi Haladjian est l'une de ces personnes qui transforment tout ce qu'ils touchent en or. Déjà présent dans la production de contenu à l'époque du Minitel en France, il est celui qui a créé le premier service d'accès Internet en France pour ensuite travailler sur les contenants et les contenus du Web avant de tout vendre en empochant de belles sommes et de bifurquer vers d'autres choses. Ce qui l'intéresse depuis quelques années maintenant, c'est l'émergence de l'électronique post-PC, la vie après l'ordinateur.
Rafi Haladjian s'intéresse à ces objets du quotidien qui sont aujourd'hui inertes, mais à qui on pourrait donner une seconde utilité. Ce petit lapin illustre bien la démarche: d'un design moderne, il pourrait uniquement servir à agrémenter son environnement et il sert finalement à aussi accéder à de l'information. De l'information générale ou de l'information qui nous concerne personnellement, comme notre courriel. Avec son équipe, Haladjian cherche à trouver de nouvelles façons qui nous permettront d'accéder à l'information par autre chose qu'un ordinateur. Une démarche fascinante qui nous amène à réfléchir sur notre relation avec l'information disponible autour de nous et son accès.
Pour le père du Nabaztag/tag, il est clair que ce petit lapin n'est pas une fin en soi; c'est plutôt un objet pédagogique pour aider la population à apprivoiser un monde sans PC. Rafi Haladjian explique «On ne sait pas comment ça fonctionne la vie après le PC, on a tellement été intoxiqués par une vie ou il y a des écrans et des claviers. Alors, on s'est obligé à créer un objet qui n'avait pas de bouton, pas d'écran.»
Pour le moment, mis à part vos courriels et vos SMS qu'il peut lire, la grande majorité du contenu accessible par le petit lapin Nabaztag/tag est principalement d'origine française. Si vous désirez écouter France-Info, Europe1 ou des balados de TF1, la chose est géniale. Même chose pour la consultation de quotidiens ou de magazines français. Pour ce qui est du contenu francophone de chez nous, Rafi Haladjian affirme que des contenus québécois seront ajoutés à l'offre maintenant que l'appareil est vendu au pays par les chaînes de magasins Dumoulin et Audiotronic au coût de 199 $.
Pour l'anecdote, Rafi Haladjian me racontait qu'il suit en temps réel la vente des petits lapins. Chaque fois qu'un lapin Nabaztag/tag est vendu sur le site de l'entreprise, son petit lapin personnel l'avise de la chose. Comme il le dit lui-même: «C'est pour sentir le pouls de l'activité en temps réel. Si mon lapin passe la journée à me dire que les lapins se vendent, ça me fait plaisir et s'il cesse de me le dire, eh bien, je me dis qu'il y a un problème.»
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bguglielminetti@ledevoir.com
Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première Chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio-canada.ca/techno).
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