Notre préférence pour les musiques consonantes serait innée
Notre prédilection pour les mélodies consonantes qui envahissent les ondes de nos radios serait probablement innée et ne découlerait pas de l'apprentissage ou de l'exposition à ces musiques couramment entendues en Occident, selon une première étude effectuée par Mathieu Roy, étudiant-chercheur au laboratoire de la neuropsychologue Isabelle Peretz, de l'Université de Montréal.
«Les musiques consonantes nous apparaissent toujours agréables alors que les musiques aux accents dissonants sont généralement peu appréciées du public», fait remarquer le jeune scientifique, qui a voulu vérifier si l'apprentissage pouvait expliquer cette préférence. Il a ainsi comparé les réponses émotionnelles de musiciens et de profanes pendant l'écoute de pièces consonantes et dissonantes.
«On a pensé que si l'apprentissage avait un rôle à jouer, le ressenti émotionnel serait différent chez les musiciens étant donné qu'au cours de leur formation, ils ont été exposés autant à la musique classique qu'à la musique contemporaine, qui est truffée d'accords dissonants», explique-t-il.
L'étudiant-chercheur a donc évalué les émotions suscitées par différentes catégories de musique d'une part en enregistrant les impressions verbales émises par les sujets et d'autre part en mesurant la sueur excrétée à la surface de leur peau durant la diffusion des pièces musicales. «Les grandes émotions provoquent la sécrétion de sueur. Il s'agit d'une réaction physiologique qui n'est pas contrôlée volontairement», précise Mathieu Roy.
Dans leurs réponses verbales, les non-musiciens se sont nettement distingués des experts. «Ces derniers se sont montrés beaucoup plus tolérants à la dissonance, affirmant même la trouver agréable», souligne le psychologue.
Par contre, musiciens et profanes ont manifesté exactement les mêmes réactions physiologiques spontanées lorsqu'on les exposait à des musiques dissonantes. «Ces résultats nous laissent croire qu'à ce niveau [viscéral] du traitement émotionnel, il n'y a pas d'effets de l'apprentissage, commente le jeune scientifique. Celui-ci a toutefois une influence sur l'interprétation subjective, qui est sous le contrôle conscient.»
L'expérience suggère somme toute que l'apprentissage de la musique n'a pas beaucoup d'impact sur notre préférence pour les musiques consonantes, avance prudemment le jeune chercheur. Une hypothèse par ailleurs soutenue par une recherche menée aux États-Unis auprès de nourrissons âgés de quatre mois et qui, malgré leur très jeune âge, présentaient déjà une préférence marquée pour la consonance. «L'étude démontre que cette préférence est innée, à moins qu'elle n'ait été acquise extrêmement rapidement», ajoute Mathieu Roy. Le débat inné-acquis demeure donc entier.
«Les musiques consonantes nous apparaissent toujours agréables alors que les musiques aux accents dissonants sont généralement peu appréciées du public», fait remarquer le jeune scientifique, qui a voulu vérifier si l'apprentissage pouvait expliquer cette préférence. Il a ainsi comparé les réponses émotionnelles de musiciens et de profanes pendant l'écoute de pièces consonantes et dissonantes.
«On a pensé que si l'apprentissage avait un rôle à jouer, le ressenti émotionnel serait différent chez les musiciens étant donné qu'au cours de leur formation, ils ont été exposés autant à la musique classique qu'à la musique contemporaine, qui est truffée d'accords dissonants», explique-t-il.
L'étudiant-chercheur a donc évalué les émotions suscitées par différentes catégories de musique d'une part en enregistrant les impressions verbales émises par les sujets et d'autre part en mesurant la sueur excrétée à la surface de leur peau durant la diffusion des pièces musicales. «Les grandes émotions provoquent la sécrétion de sueur. Il s'agit d'une réaction physiologique qui n'est pas contrôlée volontairement», précise Mathieu Roy.
Dans leurs réponses verbales, les non-musiciens se sont nettement distingués des experts. «Ces derniers se sont montrés beaucoup plus tolérants à la dissonance, affirmant même la trouver agréable», souligne le psychologue.
Par contre, musiciens et profanes ont manifesté exactement les mêmes réactions physiologiques spontanées lorsqu'on les exposait à des musiques dissonantes. «Ces résultats nous laissent croire qu'à ce niveau [viscéral] du traitement émotionnel, il n'y a pas d'effets de l'apprentissage, commente le jeune scientifique. Celui-ci a toutefois une influence sur l'interprétation subjective, qui est sous le contrôle conscient.»
L'expérience suggère somme toute que l'apprentissage de la musique n'a pas beaucoup d'impact sur notre préférence pour les musiques consonantes, avance prudemment le jeune chercheur. Une hypothèse par ailleurs soutenue par une recherche menée aux États-Unis auprès de nourrissons âgés de quatre mois et qui, malgré leur très jeune âge, présentaient déjà une préférence marquée pour la consonance. «L'étude démontre que cette préférence est innée, à moins qu'elle n'ait été acquise extrêmement rapidement», ajoute Mathieu Roy. Le débat inné-acquis demeure donc entier.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

