mercredi 25 novembre 2009 Dernière mise à jour 00h11


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Technologies - Quand Google ne répond plus

Bill Gates, le fondateur de Microsoft
Photo : Agence France-Presse
Bill Gates, le fondateur de Microsoft
Cette fin de semaine, une copine de Danielle lui a vanté les mérites d'une petite auberge perdue sur les flancs d'une montagne quelque part dans les Laurentides. En ce petit matin tranquille au bureau, elle décide de chercher sur le Web le site de l'aubergiste. En moins de deux, dans un réflexe naturel, elle pianote sur le clavier de l'ordinateur l'adresse du site Google. Bizarrement, le site ne répond pas. Elle essaie à nouveau, rien. Perplexe, elle tente d'accéder au site canadien de Google. Puis à celui de Google France. Rien encore. Elle interpelle le collègue du bureau voisin pour lui demander si Internet est en panne ce matin; on lui répond que non. Bizarre? Est-ce que Google pourrait être en panne? Elle a beau ressayer, rien à faire, Google ne répond plus.

Danielle, qui travaille dans une grande entreprise internationale, ne le sait pas, mais son employeur vient de couper l'accès au site Google sur le réseau de l'entreprise, car celui-ci participe à un programme d'incitation à l'utilisation du moteur de recherche Windows Live Search.

Chaque fois qu'un employé de l'entreprise choisit de faire une recherche à l'aide de l'outil de recherche de Microsoft, celle-ci obtient des crédits. Des crédits qui peuvent aller de deux dollars à dix dollars américains par poste de travail et qui peuvent être utilisés pour de la formation ou des produits de Microsoft. À ce montant, il faut également ajouter un crédit de 25 000 $ à l'adhésion au programme.

L'offensive

Ce que vous venez de lire, ce n'est pas de la fiction, mais bel et bien la description d'un programme qui existe aujourd'hui au sein de nombreuses entreprises où Microsoft a décidé de prendre d'assaut le marché de la recherche. Plutôt que de trouver un moyen pour séduire les utilisateurs, le géant de Redmond a décidé de payer les entreprises pour «éduquer» les employés à utiliser son service de recherche.

Pour le moment, ce programme d'incitation à l'usage de Windows Live Search ne touche que certaines grandes entreprises employant plus de 10 000 salariés. Mais si la formule marche bien, Microsoft pourrait bien être tentée d'augmenter le nombre de participants à cette opération pédagogique. Pour participer à cette campagne de promotion inusitée, les entreprises doivent installer un petit module qui assure la surveillance de l'utilisation des outils de recherche sur chaque poste de travail. Chaque fois qu'un employé décide d'utiliser l'outil de recherche de Microsoft, l'entreprise gagne des crédits.

Lorsque Bill Gates et Steve Ballmer ont déclaré la guerre à Google au début du mois, ils ne badinaient pas, et tous les moyens seront bons pour aller chercher des parts de marché dans toutes les sphères d'activité du géant californien. Une histoire qui ressemble étrangement au début de Microsoft sur Internet, alors que Bill Gates découvrait le potentiel d'Internet en 1996 et réaffectait toutes l'énergie de Microsoft vers la conquête du réseau que nous connaissons aujourd'hui. À l'époque, pour y arriver, il avait écrasé l'entreprise Netscape qui éditait le premier et principal fureteur commercial. Sans le rachat de Netscape par AOL, il y a neuf ans, il ne resterait probablement plus rien de ce pionnier d'Internet.

Passer par la base

Pour certains, ce programme de motivation à l'utilisation semble démontrer le désarroi de Microsoft face à Google. Mais, dans les faits, c'est probablement un des gestes stratégiques les plus importants que l'éditeur a faits depuis longtemps et surtout, à moyen terme, un des plus payants. Car en utilisant à la base ces partenaires d'affaires, qui utilisent depuis longtemps l'environnement Windows, Microsoft pourra faire changer les habitudes de comportement des grandes entreprises dans un premier temps et celles de leurs employés dans un second. Au bout du compte, il n'en coûtera à Microsoft qu'une petite partie des centaines de milliers de dollars qui sont investis chaque année par ces grandes entreprises pour optimiser leur usage des outils Windows.

Selon les dernières données de la maison de recherche Nielsen NetRatings, Google détient toujours la première place du palmarès avec 54 % du marché de la recherche en ligne, suivi par Yahoo avec 23 %. Microsoft détient 8,9 % de part de marché avec son Windows Live Search. Reste à voir maintenant comment Google et Yahoo vont répondre à cette offensive de Microsoft.

***

bguglielminetti@ledevoir.com

Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première Chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio-canada.ca/techno).
Bill Gates, le fondateur de Microsoft Steve Ballmer entend bien stopper l’élan de Google.
 






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Franklin Assoumou N.
    Inscrit
    lundi 19 mars 2007 00h15
    Pratique curieuse de Microsoft
    « Je trouve curieux cette pratique commerciale. Est-ce légale d'agir ainsi? N'y a-t-il pas problème pour la liberté de commerce et le libre choix des gens? Je comprends que c'est dans l'entreprise qui décide de faire ce qu'elle veut avec ses employés et son matériel informatique. Mais c'est quand même intriguant comme tactique! »

  • Benoît Gagnon
    Abonné
    lundi 19 mars 2007 04h05
    LES RICHES FONT LA GUERRE... PAR bENOÎT gAGNON
    « mAIS CE SONT LES PAUVRES QUI MEURENT. lA DIFFICULTÉ POUR L`UTILISATEUR POUR LUTTER CONTRE CE NONSTRE EST UNE ENTREPRISE IMPOSSIBLE. nOUS SOMMES SUR UN RADEAU SANS MOYENS S`OPPOSEER AU PAQUEBOT DE LA TOILE. »

  • Daniel Vézina
    Abonné
    lundi 19 mars 2007 11h43
    Bienvenue dans l"innovation" selon Microsoft.
    « On voit encore ici, la "façon" Microsoft d'innover; forcer sans condition et sans remord l'utilisation exclusive de leurs produits. Si on ne peut être le premier et le seul, on va l'être avec des pratiques immorales.
    Ce n'est pas illégal, alors, comment les arrêter ? »

  • Claude Coulombe
    Abonné
    mardi 20 mars 2007 22h26
    Acheter ses clients...
    « Pourquoi compétionner quand Micro$oft peut se contenter d'acheter des clients avec les milliards que lui rapporte un monopole plusieurs fois condamné par les tribunaux.

    Premièrement, Google est loin d'être un monopole du niveau de Micro$oft qui équipe 90 % des PC contre 54 % pour Google dans les moteurs de recherche.

    Deuxièmement, Google domine parce que l'algorithme de PageRank de Brin et Page est tout simplement génial et que l'équipe de Google a poursuivi sur cette lancée pour produire le moteur de recherche le plus précis, le plus rapide et le plus simple sur le marché.

    Micro$oft veut payer les gens pour qu'ils utilisent son moteur de recherche.

    De toute évidence Micro$oft ne change pas ses vieilles pratiques anti-concurrentielles!

    Cette pratique semble aller à l'encontre du « Sherman Antitrust Act » qui devrait interdire à un monopole d'utiliser sa position pour s'attaquer à d'autres marchés.

    Ça me rappelle que Bill Gates est un drop-out de la faculté de droit! »

  • Simon Cusonnet
    Inscrit
    lundi 26 mars 2007 07h42
    Révolution !
    « Peut-être pas, mais si je devais ne pas pouvoir utiliser google, j'utiliserais yahoo, ou n'importe quel autre outils de recherche. Je ne sais pas quelles entreprises sont touchées, mais je ne laisserais pas passer cela envers la direction. Promouvoir Linux, p.ex.... et juste pour Benoît, la touche Caps Lock peut être frappée plusieurs fois.... »

  • Graeme Villeret
    Inscrit
    lundi 26 mars 2007 12h26
    Et les employés ?
    « Peut-être aussi que certains employés ne seront pas d'accords pour une restriction de leur utilisation d'un moteur ?
    Ils pourraient alors demander à leur employeur de leur laisser le choix en ce domaine. »

  • Phil B
    Inscrit
    mercredi 9 mai 2007 01h52
    Chacun peut choisir
    « La grande différence aujoud'hui c'est que l'entreprise peut choisir de ne pas accepter l'opération pédagogique de Microsoft et que les services peuvent la contourner. Le logiciel libre constitue une alternative industrielle crédible qui joue de facto un rôle de modérateur dans l'environnement. Il revient à chacun des acteurs de se positionner par rapport à cette nouvelle donne. Comprenez-moi bien : pas de magie, rien de nouveau sous le soleil en termes de jeu de pouvoir financier ou d'influence, les règles restent les mêmes. Mais le champ des possibilités est plus étendu. Pour qui s'en donne la peine, il y a des voies de sorties par rapport aux schémas sans issue d'une logique purement propriétaire ou monompolistique. Le gain en termes d'indépendance, et de maîtrise du système d'information est très clair. La réduction du TCO également, même si cette notion ne doit pas être placée comme ultima ratio pour le choix du logiciel libre. »

  • Do John
    Inscrit
    samedi 12 mai 2007 03h01
    Il existe une solution...
    « ... Et ça se nomme l'open-source. Les systemes Gnu-Linux offrent tout ce qu'on peut demander d'un Ordinateur... Configuration optimale pour n'importe quelle machine, des tonnes d'outils et de logiciels de toutes les sortes, pour tous les usages que l'on peut contribuer à développer toujours plus loin... Et le best dans tout cela, c'est que ça ne coute absolument rien!! Alors pourquoi s'en faire pour Microsoft, car son destin est entre nos mains... sous nos doigt plus exactement!!! »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
8 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009