Technologies - Le même numéro, à la vie, à la mort
À compter du 14 mars, les Canadiens pourront enfin conserver leur numéro de téléphone cellulaire même s'ils changent de fournisseur
Photo : Agence Reuters
À compter de mercredi, votre numéro de téléphone vous appartiendra!
À compter du 14 mars, les Canadiens pourront enfin conserver leur numéro de téléphone cellulaire même s'ils changent de fournisseur
Combien de fois avez-vous entendu quelqu'un dire qu'il changerait bien de fournisseur de service cellulaire, mais qu'il ne le ferait pas pour ne pas perdre son numéro de téléphone? Des centaines de fois probablement. Peut-être que l'idée vous est passée par la tête à quelques occasions. Et pour la même raison, vous n'avez rien fait. Eh bien, à compter de mercredi vous pourriez le faire.
À compter du 14 mars, partout au Canada, les utilisateurs d'un téléphone cellulaire pourront changer de fournisseur de service tout en conservant leur numéro de téléphone. Mieux encore, ils pourront choisir de transformer leur numéro de téléphone cellulaire en numéro de téléphone résidentiel ou l'inverse. Bref, à compter de mercredi, votre numéro de téléphone vous appartient!
On en parlait bien avant les années 2000, mais c'est officiellement en septembre 2005 que l'Association canadienne des télécommunications sans fil annonçait le premier test de transférabilité des numéros sans fil. Cet organisme qui regroupe les grands joueurs de l'industrie de la téléphonie cellulaire allait piloter ce projet pendant deux ans. Et je vous rappelle qu'à l'époque tous n'étaient pas heureux de cette annonce. En commençant par la nouvelle venue du moment, la société Virgin Mobile qui qualifiait de «trop lent» le plan proposé par l'industrie canadienne pour instaurer la transférabilité des numéros.
Sir Richard Branson, président du Virgin Group et fondateur de Virgin Mobile Canada, disait à l'automne 2005 que «sans l'option de disposer de leur numéro de téléphone mobile de façon permanente, les consommateurs sont perdants. Il est évident que, pour ce qui est d'accorder aux consommateurs l'indépendance qu'ils méritent, les grands fournisseurs traînent les pieds, puisque la situation actuelle les avantage: leurs clients se trouvent ainsi liés à un fournisseur précis».
La libération
Les années ont passé, les clients ont patienté et voilà, le jour de la libération est enfin arrivé pour des centaines de milliers de consommateurs. Selon les chiffres de l'Association canadienne des télécommunications sans fil, à la fin de l'année 2006, le Canada comptait plus de 18,4 millions d'abonnés aux divers services de téléphones cellulaires. De ce nombre, la firme PriceWaterhouseCoopers évalue à 850 000 le nombre d'abonnés qui pourraient changer d'opérateur au cours de la première année seulement.
Évidemment, dans cette nouvelle perspective qui s'offre aux consommateurs, les grands joueurs ne diront mot. Vous ne verrez pas de castors se rendre chez le compétiteur, ni de petits singes et encore moins d'ados qui iront voir ailleurs si la qualité du son est meilleure. Chez les trois grands joueurs de l'industrie qui détiennent les réseaux dans le pays, c'est «business as usual». Mais pour les autres fournisseurs, les petits derniers comme Vidéotron et Virgin Mobile, la saison du maraudage est ouverte.
Bien que la vie puisse nous réserver des surprises, il ne faudrait pas s'attendre à de grandes réductions de la part de ces derniers puisqu'ils utilisent les réseaux de transmission cellulaire de Rogers et Bell respectivement. Difficile donc de réduire des frais qui sont généralement déjà moins élevés que les trois grands.
Alors, mercredi venu, vous aurez le choix de conserver le même fournisseur ou de passer ailleurs. Reste qu'avant de sauter la clôture, vous devrez d'abord vous assurer d'avoir honoré le contrat qui vous lie avec votre fournisseur actuel. Une fois votre situation en règle, et après quelques heures de magasinage pour savoir qui vous offre le meilleur forfait pour répondre à vos besoins, vous serez prêt à changer de fournisseur.
À ne pas désactiver
Chose importante à savoir, la migration du numéro de téléphone s'opère à partir du nouveau fournisseur de service et non pas à partir de celui que vous quittez. C'est donc dire que lorsque vous arrivez chez votre nouveau fournisseur, votre téléphone cellulaire doit toujours être activé, sinon, vous perdriez automatiquement votre numéro de téléphone en annulant votre abonnement.
Concrètement, regardons le cas d'un transfert de numéro de cellulaire à cellulaire. Selon les indications de l'Association canadienne des télécommunications sans fil, votre nouveau fournisseur aura besoin d'un certain nombre de renseignements afin de transférer votre numéro de téléphone. C'est pourquoi vous devrez apporter, si vous le pouvez, votre cellulaire et la dernière facture mensuelle quand vous passerez voir un nouveau fournisseur potentiel.
Si vous n'avez pas de facture, votre nouveau fournisseur aura besoin de votre numéro de téléphone cellulaire et d'un des renseignements suivants: votre numéro de compte ou l'identifiant de votre appareil, qui se trouve à l'arrière de celui-ci, sous la pile. Je le répète, c'est le nouveau fournisseur de service qui fera les démarches auprès de l'ancien pour assurer la migration du numéro de téléphone et pas l'inverse.
Ensuite, votre nouveau compte — avec le vieux numéro de téléphone — devrait être actif dans un délai de deux heures et demie ouvrables. En comparaison, si vous transférez un numéro de téléphone cellulaire vers un fournisseur de services de téléphone résidentiel, le service devrait être actif dans un délai de deux jours ouvrables. Questionné sur la justesse de ces temps de transfert d'une entreprise à l'autre, le président de l'Association canadienne des télécommunications sans fil, Peter Barnes, a répondu que les simulations des dernières semaines ont permis d'atteindre ces estimations. Bonne migration!
***
bguglielminetti@ledevoir.com
Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio-canada.ca/techno).
Combien de fois avez-vous entendu quelqu'un dire qu'il changerait bien de fournisseur de service cellulaire, mais qu'il ne le ferait pas pour ne pas perdre son numéro de téléphone? Des centaines de fois probablement. Peut-être que l'idée vous est passée par la tête à quelques occasions. Et pour la même raison, vous n'avez rien fait. Eh bien, à compter de mercredi vous pourriez le faire.
À compter du 14 mars, partout au Canada, les utilisateurs d'un téléphone cellulaire pourront changer de fournisseur de service tout en conservant leur numéro de téléphone. Mieux encore, ils pourront choisir de transformer leur numéro de téléphone cellulaire en numéro de téléphone résidentiel ou l'inverse. Bref, à compter de mercredi, votre numéro de téléphone vous appartient!
On en parlait bien avant les années 2000, mais c'est officiellement en septembre 2005 que l'Association canadienne des télécommunications sans fil annonçait le premier test de transférabilité des numéros sans fil. Cet organisme qui regroupe les grands joueurs de l'industrie de la téléphonie cellulaire allait piloter ce projet pendant deux ans. Et je vous rappelle qu'à l'époque tous n'étaient pas heureux de cette annonce. En commençant par la nouvelle venue du moment, la société Virgin Mobile qui qualifiait de «trop lent» le plan proposé par l'industrie canadienne pour instaurer la transférabilité des numéros.
Sir Richard Branson, président du Virgin Group et fondateur de Virgin Mobile Canada, disait à l'automne 2005 que «sans l'option de disposer de leur numéro de téléphone mobile de façon permanente, les consommateurs sont perdants. Il est évident que, pour ce qui est d'accorder aux consommateurs l'indépendance qu'ils méritent, les grands fournisseurs traînent les pieds, puisque la situation actuelle les avantage: leurs clients se trouvent ainsi liés à un fournisseur précis».
La libération
Les années ont passé, les clients ont patienté et voilà, le jour de la libération est enfin arrivé pour des centaines de milliers de consommateurs. Selon les chiffres de l'Association canadienne des télécommunications sans fil, à la fin de l'année 2006, le Canada comptait plus de 18,4 millions d'abonnés aux divers services de téléphones cellulaires. De ce nombre, la firme PriceWaterhouseCoopers évalue à 850 000 le nombre d'abonnés qui pourraient changer d'opérateur au cours de la première année seulement.
Évidemment, dans cette nouvelle perspective qui s'offre aux consommateurs, les grands joueurs ne diront mot. Vous ne verrez pas de castors se rendre chez le compétiteur, ni de petits singes et encore moins d'ados qui iront voir ailleurs si la qualité du son est meilleure. Chez les trois grands joueurs de l'industrie qui détiennent les réseaux dans le pays, c'est «business as usual». Mais pour les autres fournisseurs, les petits derniers comme Vidéotron et Virgin Mobile, la saison du maraudage est ouverte.
Bien que la vie puisse nous réserver des surprises, il ne faudrait pas s'attendre à de grandes réductions de la part de ces derniers puisqu'ils utilisent les réseaux de transmission cellulaire de Rogers et Bell respectivement. Difficile donc de réduire des frais qui sont généralement déjà moins élevés que les trois grands.
Alors, mercredi venu, vous aurez le choix de conserver le même fournisseur ou de passer ailleurs. Reste qu'avant de sauter la clôture, vous devrez d'abord vous assurer d'avoir honoré le contrat qui vous lie avec votre fournisseur actuel. Une fois votre situation en règle, et après quelques heures de magasinage pour savoir qui vous offre le meilleur forfait pour répondre à vos besoins, vous serez prêt à changer de fournisseur.
À ne pas désactiver
Chose importante à savoir, la migration du numéro de téléphone s'opère à partir du nouveau fournisseur de service et non pas à partir de celui que vous quittez. C'est donc dire que lorsque vous arrivez chez votre nouveau fournisseur, votre téléphone cellulaire doit toujours être activé, sinon, vous perdriez automatiquement votre numéro de téléphone en annulant votre abonnement.
Concrètement, regardons le cas d'un transfert de numéro de cellulaire à cellulaire. Selon les indications de l'Association canadienne des télécommunications sans fil, votre nouveau fournisseur aura besoin d'un certain nombre de renseignements afin de transférer votre numéro de téléphone. C'est pourquoi vous devrez apporter, si vous le pouvez, votre cellulaire et la dernière facture mensuelle quand vous passerez voir un nouveau fournisseur potentiel.
Si vous n'avez pas de facture, votre nouveau fournisseur aura besoin de votre numéro de téléphone cellulaire et d'un des renseignements suivants: votre numéro de compte ou l'identifiant de votre appareil, qui se trouve à l'arrière de celui-ci, sous la pile. Je le répète, c'est le nouveau fournisseur de service qui fera les démarches auprès de l'ancien pour assurer la migration du numéro de téléphone et pas l'inverse.
Ensuite, votre nouveau compte — avec le vieux numéro de téléphone — devrait être actif dans un délai de deux heures et demie ouvrables. En comparaison, si vous transférez un numéro de téléphone cellulaire vers un fournisseur de services de téléphone résidentiel, le service devrait être actif dans un délai de deux jours ouvrables. Questionné sur la justesse de ces temps de transfert d'une entreprise à l'autre, le président de l'Association canadienne des télécommunications sans fil, Peter Barnes, a répondu que les simulations des dernières semaines ont permis d'atteindre ces estimations. Bonne migration!
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bguglielminetti@ledevoir.com
Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio-canada.ca/techno).
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