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Technologies - 2007 sera l'année de la vidéo en ligne au Québec

Le défi, en 2007, sera de tenir et de durer dans le nouveau paysage du divertissement en ligne.
Photo : Agence Reuters
Le défi, en 2007, sera de tenir et de durer dans le nouveau paysage du divertissement en ligne.
Si l'année 2005 nous a donné le célèbre portail vidéo YouTube et son concurrent français Dailymotion, l'année 2006 aura permis de diversifier l'offre avec cette fois des sites qui viennent profiter de l'engouement des internautes pour la vidéo en ligne ou du moins, à la recherche d'une nouvelle source de divertissement. Et en 2006, les portails vidéo de Google, Yahoo, AOL et CNN sont justement venus compléter l'offre. Même chose au Québec en 2006, le site des Têtes à claques et le portail vidéo du Festival Juste pour rire sont venus nourrir l'appétit des Québécois en matière de divertissement en ligne.

Alors on peut avancer que, si 2006 a été l'année du blogue au Québec avec un engouement marqué par les médias pour la blogosphère, 2007 pourrait bien être l'année de la vidéo en ligne au Québec.

Avec le succès que connaît le site des Têtes à claques, on peut être certain que d'autres voudront tenter leur chance. Il faut dire que, si d'autres ont tenté l'expérience avant, c'est d'abord et avant tout une question de timing et l'équipe derrière les Têtes à claques arrive juste au bon moment. Maintenant que 70 % de la population a accès à Internet, un divertissement dans Internet peut rivaliser avec d'autres formes de divertissements, notamment la télé. Avec plus de 16 millions de visionnements pour ses trois vidéos les plus populaires, le site des Têtes à claques a de quoi faire rougir les programmateurs de chaînes télé qui n'ont pas cru au concept, et les auteurs du Willi Waller peuvent comparer leur succès à celui de bien des émissions de télévision.

Reste que maintenant, le défi, c'est de tenir et de durer dans le nouveau paysage du divertissement en ligne. Souvenez-vous que Quebecor nous promet pour 2007 sa version de YouTube. Est-ce que les Québécois seront au rendez-vous? Est-ce qu'ils aimeront mieux afficher leur vidéo dans un portail vidéo du Québec? Est-ce qu'ils auront plus d'intérêt à regarder des segments vidéo en provenance du Québec plutôt que d'un portail international comme YouTube ou Dailymotion? De l'autre côté, vous vous imaginez bien que Bell a sûrement un projet ou deux pour ne pas se faire damer le pion par Pierre Karl Péladeau, Astral Media voudra probablement investir dans un nouveau projet vidéo pour mousser sa marque ou une chaîne. Peut-être que Musique Plus voudra finalement créer un lieu de vidéo pour les jeunes en ligne? Et de leur côté, je serais surpris que mes collègues des nouveaux médias à Radio-Canada n'aient pas une idée pour tirer profit de l'intérêt des internautes pour la vidéo.

Quoique dans le cas de radio-canada.ca, le site offre de la vidéo depuis plus de 10 ans. Les plus vieux internautes d'entre vous se souviendront d'avoir regardé l'émission Branché, ou un segment de l'émission, avec Jean-Hugues Roy, Martine Pagé ou Annie Hudon à partir du site Internet. Depuis, la plupart des émissions produites par Radio-Canada sont offertes en ligne, au grand plaisir des téléspectateurs d'ici et d'ailleurs dans le monde.

Mais en matière d'offre vidéo, le réseau TVA n'est pas en reste non plus avec ses chaînes LCN et Argent, qui sont offertes gratuitement en ligne depuis quelques mois. Et en cherchant bien dans Internet, on peut même trouver la programmation de la chaîne principale en direct et en ligne. Reste à voir comment le groupe Quebecor Media en viendra à une entente avec l'Union des artistes, qui est maintenant placée devant un fait accompli, les membres de l'UDA ne recevant pas de rémunération supplémentaire pour leurs prestations diffusées dans Internet.

Si vous pensez que cette négociation n'a rien à voir avec le propos, détrompez-vous. Un accord qui permettra la diffusion du travail des membres de l'UDA, et surtout son prix, seront les éléments clés pour connaître l'avenir de la vidéo made in Québec dans Internet. Si l'UDA demande des conditions déraisonnables, il y aura peu de grandes productions québécoises qui seront offertes en ligne, laissant le champ libre pour la vente des émissions américaines et françaises au pays. Pire encore, les émissions américaines seront uniquement offertes avec des adaptations françaises produites en France.

Si, au contraire, l'UDA décide d'aller de l'avant avec des conditions raisonnables de la part des producteurs, l'industrie de la production télévisuelle au Québec pourrait s'assurer un nouveau réseau de distribution à travers la francophonie, et surtout, générer de nouveaux revenus avec ces milliers d'heures d'émissions qui pourraient être vendues en ligne.

Évidemment, pour les internautes, le meilleur des scénarios serait une entente entre l'UDA et les producteurs et télédiffuseurs privés et publics du pays, pour finalement pouvoir accéder gratuitement aux émissions à la carte à partir des sites des diffuseurs, moyennant l'insertion de publicités comme à la télé traditionnelle. Exactement comme CBS, NBC et ABC l'offrent présentement à leurs téléspectateurs. On peut bien rêver!

***

Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première Chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio-canada.ca/techno).

bguglielminetti@ledevoir.com
Le défi, en 2007, sera de tenir et de durer dans le nouveau paysage du divertissement en ligne. En 2006, des sites comme celui des Têtes à claques sont venus nourrir l’appétit des Québécois en matière de divertissement en ligne. Source: tetesaclaques.tv
 
 
 
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  • Gabriel Dumouchel
    Inscrit
    mercredi 3 janvier 2007 13h42
    Vidéovore heureux depuis peu
    Je suis d'accord avec votre prédiction. Moi ça fait seulement depuis début décembre 2006 que j'utilise quasiment quotidiennement YouTube pour écouter ce qui me plaît quand je veux et sans annonces.

    Au cours des deux dernières années, j'ai complètement délaissé ma télé à chaque 3 mois pour une période variant entre quelques semaines et 2 mois pour arrêter de perdre mon temps avec le contenu souvent minable que les postes osent mettre dans la grille horaire. De plus, j'ai délaissé ma télévision (même avec le câble) parce que j'en avais assez d'être prisonnier du channel surfing pendant quelques heures en attendant de finalement trouver une émission potable à regarder. Je change de poste sans arrêt comme un zombie quand ça me prend. Et là, c'est fini: ma télé est devenue un porte-poussière cathodique hors pair!

    Avec YouTube, ma vieille manette, ce ver de terre des craques de sofa, se transforme en moteur de recherche à mots-clés. Et je n'ai pas à maugréer devant l'infernal cycle des pubs qui entrecoupent mon intérêt pour une émission. En plus, je peux noter et commenter ce que je regarde et débuter des relations avec de parfaits inconnus qui ont soit les mêmes goûts que moi, soit des goûts complètement opposés (et c'est souvent aussi amusant de lire leur dégoût parfois illogique - à mes yeux bien entendu - pour ce que j'aime). Et tout est là, du plus nouveau (le Bye Bye de RBO est déjà sur YouTube) au plus introuvable (un clip de Caliméro ou des fansubs d'animés japonais en allemand).

    Donc là je redeviens vidéovore et j'adore ça!

    Par ailleurs, c'est sûr que la télévision québécoise n'a absolument pas le choix de prendre le virage du vidéo en ligne si elle veut empêcher son actuel déclin. Au moins avec les vidéo en ligne, on sait exactement le nombre de visionnement tandis que les techniques pour calculer les cotes d'écoute de la télé ne semblent que des approximations basées sur des échantillons. Les publicitaires vont donc pouvoir beaucoup plus facilement rejoindre leurs consommateurs cibles avec ces données là et les émissions populaires pourraient peut-être ainsi obtenir de bons budgets.

    Quoiqu'il en soit, je souhaite fortement que vous ayez raison et que l'année 2007 soit l'année du vidéo en ligne au Québec!

    Et continuez à faire vos excellentes chroniques, peu importe le média.

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