Ces développeurs du logiciel libre à qui l'on doit tant
Photo : Agence France-Presse
Des milliers de gens qui oeuvrent dans le domaine des logiciels et des protocoles libres ont, par leur labeur, participé à rendre Internet plus grand et plus accueillant.
Dans l'édition de fin de semaine, mon collègue Paul Cauchon revenait, dans un article intitulé Internet, nouveau miroir, sur le couronnement de millions d'internautes par le magazine américain Time qui leur octroyait la semaine dernière le titre de la personnalité de l'année. Des gens dont la qualité principale est de contribuer, jour après jour, à l'ajout de contenus et de connaissances (pour certains) dans le vaste univers d'Internet. Comme dans la plupart des analyses sur le sujet, et j'y inclus la mienne en début de semaine à Radio-Canada, nous parlons tous des blogueurs, des «youtubistes» et des gens qui participent à l'élaboration de cette grande encyclopédie universelle en ligne qu'est Wikipedia. Mais il manque quelqu'un dans le portrait.
Je pense ici à cette collectivité de gens qui investit souvent bénévolement des dizaines sinon des centaines d'heures pour une cause, le monde numérique libre. C'est-à-dire ces outils qui nous permettent d'accéder, de créer, d'apprendre et de nous divertir librement dans Internet. Bien sûr qu'il y a Apple et Microsoft et leurs dizaines de logiciels qui facilitent la vie des internautes. Mais parallèlement, il y a cette collectivité de «développeurs» chez nous et ailleurs dans le monde qui travaille à fabriquer des outils libres que les gens ont la liberté d'utiliser souvent sans frais, de modifier, de redistribuer à leurs amis et collègues sans voler quiconque et sans devoir demander de permission. Le monde du logiciel libre a lui aussi sa part d'impact sur l'évolution d'Internet.
Sans nécessairement devoir utiliser l'une des nombreuses plateformes d'exploitation de la famille Linux, des millions d'internautes ont embrassé, dans certains cas sans même le savoir, le monde du logiciel libre cette année. Je pense aux millions d'utilisateurs du logiciel de navigation Firefox, du logiciel de courrier électronique Thunderbird ou encore, de la trousse de bureautique OpenOffice.
Alors félicitations également à ces milliers de gens qui oeuvrent dans le domaine des logiciels et des protocoles libres qui, par leur labeur, ont participé à rendre Internet plus grand et plus accueillant. À ces gens-là, merci, et surtout félicitations aussi pour votre titre de personnalité de l'année 2006 du magazine Time!
***
La semaine dernière, la Commission générale de terminologie et de néologie de France a officiellement émis un avis aux internautes et aux communicateurs recommandant fortement dorénavant de ne pas utiliser le terme «podcast» et ses dérivés, le thème «podcaster» étant un exemple de dérivé. L'organisme propose plutôt d'utiliser le terme «diffusion pour baladeur» pour remplacer «podcast» et «diffuser pour baladeur» pour «podcaster». En voyant ça, on ne peut que saluer l'initiative de l'OQLF d'avoir initié chez nous l'utilisation du terme baladodiffusion il y a quelques années.
La commission française de terminologie explique que l'utilisation des termes podcast et podcasting est une source de confusion parce que très près du nom de l'appareil iPod d'Apple. L'organisme en profite également pour souligner au passage que l'iPod est en fait un «baladeur numérique» et encourage fortement les gens à utiliser ce mot pour décrire ces appareils.
Parlant de langue, connaissez-vous le «Petit Bettina Soulez»? C'est l'initiative d'une blogueuse française, consultante en communication et surtout amoureuse de la langue française. Elle a créé un lexique de mots fictifs liés à l'univers des blogues. Prenez un instant pour lire la définition de quelques mots. L'intégrale se trouve sur le site de la carnetière française Bettina Soulez (http://aubonsens.typepad.com).
- Blogue: espace de création et de liberté offert à tous dans Internet.
- Blogosphère: milieu dans lequel s'exerce l'action de bloguer.
- Blogotomie: opération chirurgicale tentant de séparer le blogueur de son clavier, donc de son blogue.
- Blogomanie, blogomania: habitude ou goût bizarre pour le blogue et qui peut provoquer l'irritation de l'entourage du blogueur.
- Blogomaniaque: qui manifeste une obsession pour le blogue.
- Bloguesque: a trait au blogue.
- Blogubuotesque: qui paraît ridicule sur un blogue.
- Blogaillerie: raillerie bloguée.
- Blogorrhée: trouble du discours se manifestant par un excès de mots sur le blogue. Maladie actuellement incurable et conduisant à l'épuisement.
- Blogologue: spécialiste du blogue cherchant à alléger les tourments du blogueur compulsif.
- Blogologie: étude scientifique des faits bloguiens.
- Blogueur: personne qui blogue, souvent incomprise des non-blogueurs.
- Blogasme: point culminant du plaisir bloguien.
- Bloguerie: s'apparente à une causerie qui, l'automne venu, pourrait se faire au coin du feu... en France, au Canada ou en Belgique.
- Emblogué: se dit d'une personne embarquée, engluée ou embrigadée dans un courant bloguien.
- Désemblogué: se dit d'un pauvre bougre blogueur, égaré en dehors de la blogosphère.
- Inéblogable: se dit d'un blogue inimitable et inégalable.
- Néoblogophyte: blogueur récemment converti à l'art de bloguer.
bguglielminetti@ledevoir.com
Collaborateur du Devoir
Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio-canada.ca/techno).
Je pense ici à cette collectivité de gens qui investit souvent bénévolement des dizaines sinon des centaines d'heures pour une cause, le monde numérique libre. C'est-à-dire ces outils qui nous permettent d'accéder, de créer, d'apprendre et de nous divertir librement dans Internet. Bien sûr qu'il y a Apple et Microsoft et leurs dizaines de logiciels qui facilitent la vie des internautes. Mais parallèlement, il y a cette collectivité de «développeurs» chez nous et ailleurs dans le monde qui travaille à fabriquer des outils libres que les gens ont la liberté d'utiliser souvent sans frais, de modifier, de redistribuer à leurs amis et collègues sans voler quiconque et sans devoir demander de permission. Le monde du logiciel libre a lui aussi sa part d'impact sur l'évolution d'Internet.
Sans nécessairement devoir utiliser l'une des nombreuses plateformes d'exploitation de la famille Linux, des millions d'internautes ont embrassé, dans certains cas sans même le savoir, le monde du logiciel libre cette année. Je pense aux millions d'utilisateurs du logiciel de navigation Firefox, du logiciel de courrier électronique Thunderbird ou encore, de la trousse de bureautique OpenOffice.
Alors félicitations également à ces milliers de gens qui oeuvrent dans le domaine des logiciels et des protocoles libres qui, par leur labeur, ont participé à rendre Internet plus grand et plus accueillant. À ces gens-là, merci, et surtout félicitations aussi pour votre titre de personnalité de l'année 2006 du magazine Time!
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La semaine dernière, la Commission générale de terminologie et de néologie de France a officiellement émis un avis aux internautes et aux communicateurs recommandant fortement dorénavant de ne pas utiliser le terme «podcast» et ses dérivés, le thème «podcaster» étant un exemple de dérivé. L'organisme propose plutôt d'utiliser le terme «diffusion pour baladeur» pour remplacer «podcast» et «diffuser pour baladeur» pour «podcaster». En voyant ça, on ne peut que saluer l'initiative de l'OQLF d'avoir initié chez nous l'utilisation du terme baladodiffusion il y a quelques années.
La commission française de terminologie explique que l'utilisation des termes podcast et podcasting est une source de confusion parce que très près du nom de l'appareil iPod d'Apple. L'organisme en profite également pour souligner au passage que l'iPod est en fait un «baladeur numérique» et encourage fortement les gens à utiliser ce mot pour décrire ces appareils.
Parlant de langue, connaissez-vous le «Petit Bettina Soulez»? C'est l'initiative d'une blogueuse française, consultante en communication et surtout amoureuse de la langue française. Elle a créé un lexique de mots fictifs liés à l'univers des blogues. Prenez un instant pour lire la définition de quelques mots. L'intégrale se trouve sur le site de la carnetière française Bettina Soulez (http://aubonsens.typepad.com).
- Blogue: espace de création et de liberté offert à tous dans Internet.
- Blogosphère: milieu dans lequel s'exerce l'action de bloguer.
- Blogotomie: opération chirurgicale tentant de séparer le blogueur de son clavier, donc de son blogue.
- Blogomanie, blogomania: habitude ou goût bizarre pour le blogue et qui peut provoquer l'irritation de l'entourage du blogueur.
- Blogomaniaque: qui manifeste une obsession pour le blogue.
- Bloguesque: a trait au blogue.
- Blogubuotesque: qui paraît ridicule sur un blogue.
- Blogaillerie: raillerie bloguée.
- Blogorrhée: trouble du discours se manifestant par un excès de mots sur le blogue. Maladie actuellement incurable et conduisant à l'épuisement.
- Blogologue: spécialiste du blogue cherchant à alléger les tourments du blogueur compulsif.
- Blogologie: étude scientifique des faits bloguiens.
- Blogueur: personne qui blogue, souvent incomprise des non-blogueurs.
- Blogasme: point culminant du plaisir bloguien.
- Bloguerie: s'apparente à une causerie qui, l'automne venu, pourrait se faire au coin du feu... en France, au Canada ou en Belgique.
- Emblogué: se dit d'une personne embarquée, engluée ou embrigadée dans un courant bloguien.
- Désemblogué: se dit d'un pauvre bougre blogueur, égaré en dehors de la blogosphère.
- Inéblogable: se dit d'un blogue inimitable et inégalable.
- Néoblogophyte: blogueur récemment converti à l'art de bloguer.
bguglielminetti@ledevoir.com
Collaborateur du Devoir
Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio-canada.ca/techno).
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