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Montréal international - La ville du savoir

« Montréal est très bien placé pour relever les défis en matière de sécurité, de transport et de technologie »

Claire Harvey   29 novembre 2006  Science et technologie
L’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale) est une des quelque 60 organisations internationales ayant son siège social à Montréal.
Photo : Jacques Nadeau
L’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale) est une des quelque 60 organisations internationales ayant son siège social à Montréal.
Cosmopolite, multiculturelle et dynamique, la ville de Montréal dispose de nombreux atouts pour attirer les organisations internationales. L'état des lieux.

Comparé à d'autres métropoles, Montréal a tout ce qu'il faut pour accueillir des organisations internationales. Situé à moins d'une heure et demie de vol de New York et de Boston, Montréal occupe une position géographique stratégique en Amérique du Nord. En raison des accords commerciaux, la métropole est également ouverte sur le monde. Le seul accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, l'ALENA, donne accès à un marché de plus de 425 millions de consommateurs.

Au cours des dernières années, Montréal est passé d'une économie traditionnelle axée sur le secteur manufacturier à une économie du savoir. À une kyrielle de PME s'ajoutent des chefs de file dans les secteurs clés de l'économie, notamment l'aérospatiale, les télécommunications et la pharmacologie. Parmi ces entreprises, mentionnons Pratt & Whitney, BCE et Merck Frosst, qui donnent à ces secteurs la masse critique dont ils ont besoin.

D'ailleurs, le grand Montréal arrive au 4e rang en Amérique du Nord relativement à la concentration d'emplois en haute technologie, selon les statistiques de Montréal International, un organisme issu d'un partenariat public-privé ayant pour mission de contribuer au développement économique de Montréal et d'accroître son rayonnement international.

Points forts

Ce dynamisme est attribuable aux nombreux avantages que Montréal présente: ville bilingue, multiethnique, et main-d'oeuvre créatrice, scolarisée et bon marché. On y trouve également plusieurs centres de recherche, universités et associations. En outre, Montréal offre une qualité de vie exceptionnelle. Carrefour culturel international, la ville est notamment réputée pour sa gastronomie et ses grands festivals. Le coût de la vie y est également abordable.

C'est sans compter la présence de capital de risque, des avantages fiscaux en matière de recherche- développement ainsi que d'un environnement d'affaires hautement concurrentiel. Selon une récente étude de la firme d'experts-conseils KPMG, Montréal est, grâce en partie à des taux d'imposition concurrentiels, la ville où les coûts des entreprises sont les plus bas en Amérique du Nord, comparativement à 17 grandes villes au Canada et aux États-Unis.

Une ville « onusienne »

Voilà quelques-uns des avantages concurrentiels qui font que Montréal est un bon endroit pour établir son siège social, fait observer Dave Murphy, vice-président aux organisations internationales chez Montréal International. «La métropole est d'ailleurs reconnue comme une ville "onusienne" en raison de la présence de sept organisations gouvernementales, note-t-il. Par exemple, l'Organisation de l'aviation civile internationale est à Montréal depuis 1945.»

Aujourd'hui, Montréal compte plus de 60 organisations internationales oeuvrant, entre autres, dans le domaine de l'éducation, de la culture, de la santé, de l'aérospatiale et des télécommunications. Elles appartiennent à deux grandes catégories: les organisations internationales gouvernementales (OIG) et les organisations internationales non gouvernementales (OING). Une OIG est une association d'États, constituée par traité. Une OING est une institution créée par une initiative privée mixte, à l'exclusion de tout accord international. Elle regroupe des personnes privées ou publiques, physiques ou morales, de nationalités diverses.

Selon M. Murphy, ce résultat est attribuable aux efforts collectifs du gouvernement du Canada, de celui du Québec, des municipalités, des universités et du secteur privé. «Ces intervenants ont contribué au développement de grappes industrielles dans des activités à haute valeur ajoutée comme l'aérospatiale, les sciences de la vie et les nouvelles technologies de l'information et des communications. Leur présence incite des organisations internationales à s'établir à Montréal.»

Des retombées importantes

La contribution économique des organisations internationales est notable. Selon une étude menée par le Groupe Secor, en 2004, 80 % du revenu de ces organisations provenait de l'étranger et celles-ci avaient dépensé près de 300 millions de dollars. En outre, elles avaient créé quelque 1600 emplois directs et 3000 emplois indirects (notamment dans le secteur des services). Il ne s'agissait pas d'importation de main-d'oeuvre, car 80 % des emplois directs étaient occupés par des citoyens canadiens.

Les organisations internationales stimulent aussi différents secteurs industriels. «La présence de l'OACI et de l'IATA [International Air Transport Association] à Montréal encourage des chercheurs et des experts à oeuvrer dans le domaine de l'aérospatiale et de l'aviation, explique M. Murphy. Toutes les questions entourant la sécurité dans ce secteur passent aujourd'hui par Montréal. Cette masse critique de chercheurs et d'experts peut aussi inciter d'autres organisations internationales à s'implanter à Montréal.»

Rayonnement

La présence de ces organisations à Montréal contribue également à son rayonnement international. «Chacune d'entre elles représente des réseaux internationaux importants, poursuit M. Murphy. Avoir un secrétariat ou un siège social à Montréal attire l'attention sur la métropole, en plus d'amener de nombreuses délégations internationales à y séjourner.» Ainsi, la grappe Montréal InVivo (sciences de la vie) a obtenu la tenue de l'événement Bio VentureForum East 2007 dans le grand Montréal. Ce sera la première fois que cette conférence sur le capital de risque aura lieu en dehors des États-Unis.

Et quel est l'avenir de Montréal en tant que ville d'accueil? «Il est prometteur, répond M. Murphy. Le partenariat entre les gouvernements et la Ville de Montréal assure une approche concertée et efficace. Reposant de plus en plus sur une économie du savoir, Montréal est très bien placé pour relever les défis auxquels nous faisons face en matière de sécurité, de transport et de technologie.»

Pour attirer d'autres organisations, M. Murphy lance toutefois un appel aux Montréalais oeuvrant à l'étranger pour qu'ils fassent la promotion de la ville et qu'ils portent à l'attention de Montréal International la mise sur pied de nouvelles organisations internationales.

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