Forum mondial sur la gouvernance d'Internet - Haro sur l'anglais et l'alphabet latin, toujours maîtres sur la Toile
2 novembre 2006
Science et technologie
Vouliagmeni, Grèce — Plusieurs participants au Forum mondial sur la gouvernance d'Internet (FGI) d'Athènes ont dénoncé hier la domination de l'anglais et de l'alphabet latin sur la Toile, réclamant qu'Internet s'ouvre au multi-linguisme pour préserver la diversité culturelle.
Si, dans son contenu, Internet est ouvert à tous les idiomes, avec des sites en chinois, en russe ou en hébreu, les «noms de domaines» (les adresses) s'écrivent toujours en lettres latines et les logiciels qui permettent le fonctionnement du réseau sont en anglais.
«C'est un vrai problème pour des raisons d'égalité entre les nations. Les enjeux sont aussi économiques: une entreprise chinoise qui veut une adresse Internet doit transcrire son nom dans un alphabet qui n'est pas le sien», explique à l'AFP Bertrand de La Chapelle, qui représente la France à l'IGF.
Le seul fait de créer des pages Internet rend nécessaires de solides rudiments d'anglais, le langage informatique d'Internet (le «html») étant dans cette langue.
Cette «uniformisation présente des dangers pour la survie des langues à long terme», a jugé Adama Samassékou, président de l'Académie africaine des langues, qui s'exprimait au cours d'un débat consacré à cette question au FGI, qui se déroule à Vouliagmeni, dans la banlieue sud d'Athènes. «Pour l'Afrique, il s'agit de faire en sorte que cette nouvelle société de l'information ne laisse pas de côté des millions d'Africains», a-t-il ajouté.
«En Chine, 300 millions de personnes apprennent l'anglais [...]. Mais les Chinois n'aiment pas utiliser des lettres latines pour transcrire leur langue. Ils veulent des idéogrammes», a expliqué pour sa part Hu Qiheng, présidente de la Société Internet de Chine.
Pour nombre de promoteurs du Net toutefois, le fait d'avoir une architecture unique dans un langage identique permet d'éviter une «fragmentation d'Internet», qui demeure depuis sa création par des ingénieurs américains géré par un organisme dont le siège se trouve aux États-Unis, l'Icann.
«Aujourd'hui, nous avons un seul Internet, qui est un réseau mondial cohérent. Si tout le monde se met à créer ses systèmes dans son coin, on risque une balkanisation du réseau», avertit ainsi Bernard Benhamou, maître de conférence à l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris.
L'architecture d'Internet «relève plus aujourd'hui d'un domaine d'intérêt public que d'un lieu de souveraineté et de défense des cultures locales», relève également Elizabeth Longworth, de l'Unesco.
Pour les utilisateurs, le développement des moteurs de recherche, comme Yahoo! ou Google, permet en outre de ne pas passer par les adresses Internet (les http//... ) pour accéder à un site souhaité, mais de taper directement son nom, dans n'importe quelle langue.
Si, dans son contenu, Internet est ouvert à tous les idiomes, avec des sites en chinois, en russe ou en hébreu, les «noms de domaines» (les adresses) s'écrivent toujours en lettres latines et les logiciels qui permettent le fonctionnement du réseau sont en anglais.
«C'est un vrai problème pour des raisons d'égalité entre les nations. Les enjeux sont aussi économiques: une entreprise chinoise qui veut une adresse Internet doit transcrire son nom dans un alphabet qui n'est pas le sien», explique à l'AFP Bertrand de La Chapelle, qui représente la France à l'IGF.
Le seul fait de créer des pages Internet rend nécessaires de solides rudiments d'anglais, le langage informatique d'Internet (le «html») étant dans cette langue.
Cette «uniformisation présente des dangers pour la survie des langues à long terme», a jugé Adama Samassékou, président de l'Académie africaine des langues, qui s'exprimait au cours d'un débat consacré à cette question au FGI, qui se déroule à Vouliagmeni, dans la banlieue sud d'Athènes. «Pour l'Afrique, il s'agit de faire en sorte que cette nouvelle société de l'information ne laisse pas de côté des millions d'Africains», a-t-il ajouté.
«En Chine, 300 millions de personnes apprennent l'anglais [...]. Mais les Chinois n'aiment pas utiliser des lettres latines pour transcrire leur langue. Ils veulent des idéogrammes», a expliqué pour sa part Hu Qiheng, présidente de la Société Internet de Chine.
Pour nombre de promoteurs du Net toutefois, le fait d'avoir une architecture unique dans un langage identique permet d'éviter une «fragmentation d'Internet», qui demeure depuis sa création par des ingénieurs américains géré par un organisme dont le siège se trouve aux États-Unis, l'Icann.
«Aujourd'hui, nous avons un seul Internet, qui est un réseau mondial cohérent. Si tout le monde se met à créer ses systèmes dans son coin, on risque une balkanisation du réseau», avertit ainsi Bernard Benhamou, maître de conférence à l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris.
L'architecture d'Internet «relève plus aujourd'hui d'un domaine d'intérêt public que d'un lieu de souveraineté et de défense des cultures locales», relève également Elizabeth Longworth, de l'Unesco.
Pour les utilisateurs, le développement des moteurs de recherche, comme Yahoo! ou Google, permet en outre de ne pas passer par les adresses Internet (les http//... ) pour accéder à un site souhaité, mais de taper directement son nom, dans n'importe quelle langue.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

