Médias: La revue de presse des robots
C’est le premier kiosque à journaux entièrement robotisé. C’est l’équivalent d’un «Dan Rather numérique», écrivait cette semaine le Washington Post. C’est surtout une réalisation fascinante qui suscite des commentaires étonnés dans plusieurs publications internationales depuis une semaine.
L’objet en question s’appelle Google News et il s’agit d’un «journal» complet rafraîchi toutes les 15 minutes, qui reprend des articles provenant de plus de 4000 publications de par le vaste monde... et qui est entièrement réalisé grâce à un programme informatique complexe, sans aucune intervention humaine. Bref c’est la première revue de presse sans journaliste.
Certains observateurs croient même voir dans Google News, qui a été lancé lundi dernier, le journal de l’avenir, réalisé par des robots.
Lorsque vous arrivez sur la page d’accueil de ce site Internet (qui en est au stade expérimental à l’adresse «news.google.com») vous arrivez sur la «une» d’un journal, constituée de manchettes, de photos, de débuts d’articles. Cette une comporte des articles principaux ainsi que des dizaines d’articles classés en sept sous-catégories: le monde, les États-Unis, l’économie, les sciences et la technologie, le sport, le showbiz, la santé.
Pour chaque sujet on présente les premières lignes d’un article publié dans une publication accessible sur Internet ainsi que des hyperliens qui renvoient à des dizaines ou même des centaines d’autres articles publiés partout dans le monde sur le même sujet. Plus de 4000 publications anglophones sont ainsi mises à contribution (contactés par courriel la semaine dernière, les responsables de Google ont indiqué au Devoir qu’ils prévoient, à terme, ouvrir ce site aux publications en d’autres langues).
Si le sujet principal concerne le contentieux États-Unis–Irak par exemple les articles sélectionnés pourront provenir du New York Times ou de CNN, mais également de sources plus rares, comme des journaux arabes.
Vendredi dernier lors de notre visite une nouvelle sur la poursuite du projet de station spatiale par la Russie était traitée par l’agence de presse UPI, mais également par la BBC et le South Africa News.
Vous pouvez également taper un mot-clé et le programme vous proposera une série d’articles publiés sur Internet dans les heures précédentes et portant sur votre demande, constituant ainsi un journal express autour de votre demande. Nous avons fait un test vendredi vers 15h30, tapant le mot Québec: Google News nous a alors livré comme revue de presse un texte de CTV sur le premier cas du virus du Nil au Québec, une série de textes du Globe and Mail, de CBC et d’ailleurs sur le carambolage de l’autoroute 10, un texte du Denver Post sur la visite des joueurs de hockey de l’Avalanche à Québec, l’installation de l’étoile de Céline Dion sur le trottoir racontée par quelques publications canadiennes, et ainsi de suite.
Il existe depuis le milieu des années 90 des sites Internet qui font des revues de presse en regroupant des textes publiés ailleurs. Mais ces sites sont tous réalisés par de vrais journalistes, qui organisent la matière recueillie. Google News, lui, utilise un algorithme sophistiqué qui recense sur Internet les sujets d’actualité les plus chauds par un moteur sémantique, qui calcule l’importance accordée aux différents sujets pour les hiérarchiser, le tout sans intervention humaine. En soi cette prouesse technologique défie l’imagination.
Un directeur commercial de Google France expliquait cette semaine au Monde que l’intervention humaine est «idéologique» par nature et que le fait que cette fantastique revue de presse soit entièrement automatisée est garant de la plus totale objectivité.
La formule est frappante, mais elle est très limitée. Car si la mise en forme est automatisée, la matière première elle, c’est-à-dire les articles qui constituent la revue de presse, a bel et bien été pensée et écrite par de vrais professionnels de l’information.
Il reste qu’une revue de presse automatisée est en soi une sorte de révolution qui frappe de plein fouet le travail du pupitreur, ce journaliste qui sélectionne, trie, organise et hiérarchise la matière fournie par le rédacteur.
L’arrivée de Google News soulève également une autre question, celle de paiement sur les sites Internet. Car Google News s’abreuve aux sites gratuits, bien sûr, pour relayer l’internaute vers les articles originaux. Les sites payants des journaux et des magazines sont donc exclus du projet, à moins de passer une entente particulière avec Google. Certains observateurs croient donc que, si le projet décolle, les publications qui tentent de faire payer pour la fréquentation de leur site seront peut-être obligées de revoir leurs plans si elles veulent être prises en compte par Google News.
Dans la presse spécialisée américaine on indique également que la technologie développée par Google pourrait intéresser d’autres groupes, comme Yahoo par exemple.
Voilà qui ne rassurera pas les «vrais» cyberjournalistes de chair et de sang qui ont besoin d’un vrai salaire pour payer leur vrai loyer.
L’objet en question s’appelle Google News et il s’agit d’un «journal» complet rafraîchi toutes les 15 minutes, qui reprend des articles provenant de plus de 4000 publications de par le vaste monde... et qui est entièrement réalisé grâce à un programme informatique complexe, sans aucune intervention humaine. Bref c’est la première revue de presse sans journaliste.
Certains observateurs croient même voir dans Google News, qui a été lancé lundi dernier, le journal de l’avenir, réalisé par des robots.
Lorsque vous arrivez sur la page d’accueil de ce site Internet (qui en est au stade expérimental à l’adresse «news.google.com») vous arrivez sur la «une» d’un journal, constituée de manchettes, de photos, de débuts d’articles. Cette une comporte des articles principaux ainsi que des dizaines d’articles classés en sept sous-catégories: le monde, les États-Unis, l’économie, les sciences et la technologie, le sport, le showbiz, la santé.
Pour chaque sujet on présente les premières lignes d’un article publié dans une publication accessible sur Internet ainsi que des hyperliens qui renvoient à des dizaines ou même des centaines d’autres articles publiés partout dans le monde sur le même sujet. Plus de 4000 publications anglophones sont ainsi mises à contribution (contactés par courriel la semaine dernière, les responsables de Google ont indiqué au Devoir qu’ils prévoient, à terme, ouvrir ce site aux publications en d’autres langues).
Si le sujet principal concerne le contentieux États-Unis–Irak par exemple les articles sélectionnés pourront provenir du New York Times ou de CNN, mais également de sources plus rares, comme des journaux arabes.
Vendredi dernier lors de notre visite une nouvelle sur la poursuite du projet de station spatiale par la Russie était traitée par l’agence de presse UPI, mais également par la BBC et le South Africa News.
Vous pouvez également taper un mot-clé et le programme vous proposera une série d’articles publiés sur Internet dans les heures précédentes et portant sur votre demande, constituant ainsi un journal express autour de votre demande. Nous avons fait un test vendredi vers 15h30, tapant le mot Québec: Google News nous a alors livré comme revue de presse un texte de CTV sur le premier cas du virus du Nil au Québec, une série de textes du Globe and Mail, de CBC et d’ailleurs sur le carambolage de l’autoroute 10, un texte du Denver Post sur la visite des joueurs de hockey de l’Avalanche à Québec, l’installation de l’étoile de Céline Dion sur le trottoir racontée par quelques publications canadiennes, et ainsi de suite.
Il existe depuis le milieu des années 90 des sites Internet qui font des revues de presse en regroupant des textes publiés ailleurs. Mais ces sites sont tous réalisés par de vrais journalistes, qui organisent la matière recueillie. Google News, lui, utilise un algorithme sophistiqué qui recense sur Internet les sujets d’actualité les plus chauds par un moteur sémantique, qui calcule l’importance accordée aux différents sujets pour les hiérarchiser, le tout sans intervention humaine. En soi cette prouesse technologique défie l’imagination.
Un directeur commercial de Google France expliquait cette semaine au Monde que l’intervention humaine est «idéologique» par nature et que le fait que cette fantastique revue de presse soit entièrement automatisée est garant de la plus totale objectivité.
La formule est frappante, mais elle est très limitée. Car si la mise en forme est automatisée, la matière première elle, c’est-à-dire les articles qui constituent la revue de presse, a bel et bien été pensée et écrite par de vrais professionnels de l’information.
Il reste qu’une revue de presse automatisée est en soi une sorte de révolution qui frappe de plein fouet le travail du pupitreur, ce journaliste qui sélectionne, trie, organise et hiérarchise la matière fournie par le rédacteur.
L’arrivée de Google News soulève également une autre question, celle de paiement sur les sites Internet. Car Google News s’abreuve aux sites gratuits, bien sûr, pour relayer l’internaute vers les articles originaux. Les sites payants des journaux et des magazines sont donc exclus du projet, à moins de passer une entente particulière avec Google. Certains observateurs croient donc que, si le projet décolle, les publications qui tentent de faire payer pour la fréquentation de leur site seront peut-être obligées de revoir leurs plans si elles veulent être prises en compte par Google News.
Dans la presse spécialisée américaine on indique également que la technologie développée par Google pourrait intéresser d’autres groupes, comme Yahoo par exemple.
Voilà qui ne rassurera pas les «vrais» cyberjournalistes de chair et de sang qui ont besoin d’un vrai salaire pour payer leur vrai loyer.
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