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Santé - Les provinces riches recrutent les médecins des provinces plus pauvres

28 novembre 2005  Santé
Ottawa — Les provinces canadiennes les plus riches recrutent des médecins chez leurs voisines plus pauvres, qui ont déjà des problèmes d'accès aux soins médicaux, selon des données obtenues par la Presse Canadienne.

De 1999 à 2003, les trois provinces les plus riches ont attiré chez elles plus d'un millier de médecins issus d'autres provinces, tandis que les autres provinces et territoires en ont perdu un nombre équivalent, indique un rapport du Conseil canadien de la santé.

Ces données lèvent le voile sur une source de tensions entre provinces, un phénomène qui a rarement été abordé ouvertement, faute de chiffres. Les longs délais d'attente pour des soins médicaux sont souvent associés à une pénurie de médecins dans une région ou une spécialité données. «Les provinces se font concurrence pour le même personnel, et celles qui ont plus de ressources l'emportent», note le rapport.

Les grandes gagnantes des migrations interprovinciales entre 1999 et 2003 ont été la Colombie-Britannique (qui a accueilli 466 nouveaux médecins), l'Alberta (345) et l'Ontario (241). Les perdantes sont Terre-Neuve-et-Labrador, avec 269 départs, le Québec (263 départs, le même nombre qu'en Saskatchewan), le Manitoba (185) et la Nouvelle-Écosse (95).

Selon les chercheurs, il n'est pas rare que de jeunes médecins choisissent une province sur la base de son échelle d'honoraires. Le problème de la rivalité entre les provinces canadiennes reproduit ce qui se passe à l'échelle mondiale, alors que les pays riches vont piller les ressources médicales de pays en voie de développement. Historiquement, environ le quart des médecins qui pratiquent au Canada ont obtenu leur diplôme à l'étranger. Certains ont lancé des appels en faveur d'un pacte mondial pour empêcher ce type de braconnage, mais d'autres craignent d'empiéter sur la liberté des individus de circuler et de vivre où ils le souhaitent.

Sans adopter de position tranchée, le rapport souligne les aspects moraux du problème et invite les autorités à ne pas prendre prétexte d'une mauvaise planification pour se fier au recrutement de professionnels formés à l'étranger. Plusieurs économistes spécialisés en santé aimeraient que le Canada se dote d'une stratégie nationale afin de mieux gérer sa main-d'oeuvre médicale.






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