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Prudence après la disparition apparente du VIH chez un séropositif britannique

14 novembre 2005  Santé
Londres — Les médecins demandaient hier des tests supplémentaires après l'annonce selon laquelle un Britannique atteint du virus du sida serait redevenu spontanément séronégatif, une révélation accueillie avec prudence.

L'hôpital londonien de Chelsea et Westminster, qui a traité le patient, a confirmé qu'un test pratiqué à l'été 2002 s'était avéré positif, puis qu'un autre, effectué en octobre 2003, avait été négatif.

«Les tests étaient tous les deux exacts», a affirmé une porte-parole, écartant a priori la possibilité d'une erreur de manipulation, d'un échange d'échantillons ou d'erreurs d'interprétation. Le VIH a disparu de l'organisme du patient, mais «je ne peux confirmer qu'il est guéri», a-t-elle ajouté.

L'histoire d'Andrew Stimpston, un Écossais de 25 ans, a été publiée hier dans deux hebdomadaires populaires, le News of the World et le Mail on Sunday.

Le jeune homme n'avait pas pris de médicaments après le diagnostic de séropositivité, son état de santé ne rendant pas un traitement nécessaire. «Je n'ai aucune idée de la façon dont je me suis débarrassé du virus», a-t-il déclaré au News of the World. «Je ne prenais que des compléments alimentaires pour rester en aussi bonne santé que possible et ne pas avoir de sida déclaré.»

«Peut-être que ce sont les gènes de mon système immunitaire. Il est donc important pour moi d'aider la recherche», a-t-il ajouté, espérant «une grande avancée vers un traitement pour tout le monde».

Selon l'hôpital, M. Stimpston aurait en fait décliné, jusqu'à présent, les invitations à subir d'autres tests. «Nous le pressons d'accepter de venir et d'être testé, pour son propre bien et pour celui de la communauté des patients atteints par le VIH», a insisté la porte-parole. Le changement de sérologie du patient reste, en effet, un complet mystère pour les médecins britanniques. Pour le Dr Patrick Dixon, de l'organisation spécialisée Acet, le cas est «très, très inhabituel».

«J'ai entendu bien des anecdotes de ce genre en Afrique, a-t-il commenté sur la BBC, certaines récemment, mais il est difficile de les vérifier. Celui-ci est le premier cas bien étayé.» C'est aussi un cas potentiellement important, a-t-il espéré, car «il y a peut-être une clé dans son système immunitaire qui pourrait nous permettre de mettre au point un certain type de vaccin». «Le virus est très complexe, et il y a beaucoup d'inconnues sur la façon dont il opère et dont les organismes y réagissent. Si ce cas permettait d'éclairer un peu plus les choses, cela serait d'une grande valeur pour la recherche de traitements», a jugé pour sa part Deborah Jack, la présidente du National Aids Trust (NAT), l'organisation gouvernementale britannique contre le sida.

Le doute paraissait toutefois prévaloir sur l'espoir hier, dans l'attente de nouveaux examens.

«Il y a 40 millions de personnes vivant avec le VIH. C'est le premier cas étayé, et je pense qu'il faudrait plus de personnes pour identifier une tendance», a déclaré à l'AFP une porte-parole du NAT.
 
 
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