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Saint-Charles-Borromée indemnisera une résidente

Louise-Maude Rioux Soucy   10 novembre 2005  Santé
La direction de Saint-Charles-Borromée accepte le blâme et s’engage à tout mettre en oeuvre pour que ses résidents aient droit à une vie digne.
Photo : Jacques Nadeau
La direction de Saint-Charles-Borromée accepte le blâme et s’engage à tout mettre en oeuvre pour que ses résidents aient droit à une vie digne.
Désireuse de tourner la page, la direction de la résidence Saint-Charles-Borromée accepte toutes les conclusions du rapport de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse déposé hier. Elle s'engage à en respecter toutes les recommandations, y compris celle de verser une compensation financière à la résidente qui, en 2003, avait fait l'objet de paroles et de gestes jugés «abusifs, intimidants et infantilisants» par la commission.

La mise au jour de ces abus avait fait grand bruit à l'époque, forçant le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, à placer l'établissement sous tutelle. Le rapport de la Commission des droits de la personne, le dernier d'une longue série de rapports publiés en deux ans, vient en quelque sorte «sceller le dossier», a-t-on jugé hier du côté de la direction de la résidence.

Dans son rapport, la commission demande à la résidence Saint-Charles-Borromée de verser 45 000 $ à l'ancienne résidente à titre de dommages moraux pour atteinte à son droit à la protection contre l'exploitation des personnes handicapées, un montant qui comprend une somme de 5000 $ que devront payer chacun des deux membres du personnel incriminés dans cette affaire. La direction se dit en accord avec le principe d'indemniser la victime sans pouvoir dire toutefois si elle versera la somme recommandée.

La Commission des droits de la personne demande également à la direction de mettre en branle une série de mesures dont elle aura à rendre compte dans trois mois. «La majorité des mesures sont déjà engagées, sinon en voie de l'être», a assuré hier la responsable des communications de la résidence, Sylvie Vallières. La direction doit déjà rendre compte de tout ce qu'elle fait à un consortium, et ce, aux 90 jours.

Cependant, en dépit des correctifs apportés, le président intérimaire de la Commission des droits de la personne, Marc-André Dowd, estime qu'il y a lieu de resserrer encore la vis. «D'une part, les gestes passés ont un caractère intolérable qui exige qu'ils soient désignés comme tels et, d'autre part, le redressement de la situation générale doit se poursuivre avec la plus grande exigence.»

L'enquête a notamment mis en lumière de grandes lacunes quant à la formation, un secteur qui a souffert de fortes réductions budgétaires entre 2000 et 2004. Ainsi, en 2000, ces budgets s'élevaient à 240 825,37 $, pour un total de 6931,05 heures de formation, tandis que pour la période s'échelonnant d'avril 2003 à février 2004, ils atteignaient la somme de 106 076,65 $, pour un total de 4312 heures de formation.

«Laissez-nous vivre»

Tant la direction que le comité des résidents de Saint-Charles-Borromée assurent que la plupart des mesures recommandées dans le rapport de la Commission des droits de la personne ont déjà grandement contribué à améliorer leur milieu de vie. «Nous sentons que les choses changent. Nous avons encore du chemin à faire, mais nous sommes sur la bonne voie», écrit le comité dans une lettre envoyée aux médias hier.

Le comité des résidents en profite pour dénoncer le portrait négatif brossé par Zone libre dans le documentaire J'veux pas aller à Saint-Charles-Borromée, un document réalisé un an après la crise mais présenté seulement cet automne. Arguant que ce portrait n'est plus d'actualité, ses membres ont pris la plume pour faire savoir que «la situation a changé à Saint-Charles-Borromée et que nous choisissons d'y rester».

Ceux-ci reprochent aux médias de ne rapporter que des choses négatives sur leur milieu de vie et leur demandent de les «laisser vivre». «Ça affecte le moral du résident, déstabilise la plupart des employés qui prennent soin de nous, inquiète énormément nos familles et crée une perte de confiance et une insécurité des résidents envers leur résidence.»






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