La grippe aviaire a atteint l'Europe
Un premier foyer d'infection a été découvert en Grèce
Photo : Agence Reuters
Un fermier français examine ses poulets un à un afin de s’assurer qu’aucun n’est atteint de la grippe aviaire qui est finalement arrivée en Europe avec la découverte d’un premier cas en Grèce.
Il n'aura fallu que quelques jours pour que la grippe aviaire réussisse à percer la cuirasse de l'Union européenne qui, la semaine dernière, s'alarmait de voir le virus frapper ses voisins turcs et roumains. Hier, la Grèce a confirmé l'existence d'un premier foyer de grippe aviaire dans un élevage de dindes à Oinoussai, une petite île de 14 kilomètres carrés comptant 700 habitants située près de l'île de Chios dans la mer Égée.
Des analyses préliminaires ont permis d'identifier le virus de type H5 dans l'une des neuf dindes testées sur l'île d'Oinoussai, mais de nouvelles analyses sont en cours pour savoir s'il s'agit bel et bien de la souche H5N1. Si elle passait à l'homme, cette souche très virulente pourrait causer une pandémie mondiale capable de faire de 7 à 100 millions de morts selon les différentes scénarios soumis par l'organisation de la Santé (OMS).
Soucieux de minimiser l'impact de cette première éclosion, le ministère grec de l'Agriculture a placé l'élevage incriminé en quarantaine. Il a de surcroît interdit tout déplacement des habitants, des véhicules, des animaux, de la viande, des oeufs et des carcasses hors et à destination de cet élevage heureusement isolé.
Hier soir, l'Union européenne (UE) a annoncé qu'elle se préparait à interdire les mouvements de volailles vivantes et de produits issus de volailles de la région grecque de Chios. Sa décision sera confirmée dès que les résultats des analyses faites dans la région et dans le delta d'Evros, seront connus, fort probablement aujourd'hui.
Touchée directement pour la première fois, la Commission européenne a de nouveau encouragé les États membres à stocker des antiviraux pour se conformer aux recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Au minimum, chaque pays devrait pouvoir offrir des antiviraux au quart de sa population dès le déclenchement d'une pandémie.
«Nous ne sommes pas satisfaits de l'état des stocks. Tous les États membres ont des efforts à faire dans ce domaine», a déclaré Philip Tod, porte-parole du commissaire à la Santé, Markos Kyprianou.
La question de la disponibilité des antiviraux a rebondi hier à l'OMS qui a entrepris des discussions avec le laboratoire pharmaceutique Roche qui produit le Tamiflu, un médicament antigrippal considéré comme la première ligne de défense contre la grippe aviaire.
Même si le groupe suisse a déjà fait part de son intention de doubler sa production cette année et l'année prochaine, cet effort n'est pas suffisant aux yeux de l'OMS dans l'éventualité où une pandémie éclaterait.
«Nous pensons qu'il y a une nécessité de santé publique qui commande d'examiner la chose et nous l'examinerons avec encore plus d'intensité dans les jours qui viennent», a dit le directeur de l'OMS pour les alertes épidémiques et pandémiques, Mike Ryan. «Nous examinons avec ce fabricant tout type de questions sur la manière d'accélérer la production, sur les accords de licences et autres».
Le Tamiflu est actuellement le remède le plus efficace pour cette affection, et les gouvernement s'empressent d'en accumuler des stocks. Leur crainte est que le virus — responsable de plus de 60 décès en Asie sur 117 personnes infectées — ne mute et ne devienne transmissible de l'humain à l'humain.
Roche a précisé qu'il avait sous-traité certaines phases de la production, qui peut prendre deux ans, mais il a refusé de renoncer aux droits sur son brevet pour que d'autres fabricants puissent fabriquer le médicament à moindre coût.
La délicate question de l'approvisionnement a aussi été amenée par le Groupe scientifique européen de travail sur la grippe (ESWI), qui, hier, a invité l'Europe à refaire ses devoirs, et vite. «L'Europe n'est pas préparée» à une pandémie, a expliqué cette organisation composée d'experts et de représentants de grands laboratoires pharmaceutiques.
Outre la question des antiviraux, celle des vaccins en effet semble loin d'être réglée. Le président, du ESWI, le professeur Albert Osterhaus, a ainsi appelé l'UE à «payer» — 150 millions selon ses premières estimations — pour le développement de prototypes de vaccins humains par l'industrie pharmaceutique.
La grippe aviaire doit être au coeur d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE aujourd'hui à Luxembourg. Les experts vétérinaires de l'Union se réuniront jeudi à Bruxelles pour faire le point sur la situation.
Cela dit, à l'OMS, l'Europe n'est pas le premier souci, mais le second. En effet, si la présence d'oiseaux infectés sur le continent européen accroît le risque de contact entre le virus et des êtres humains, l'Extrême-Orient reste la source la plus probable d'une éventuelle pandémie de grippe, a rappelé l'OMS.
«La pandémie risque de démarrer dans un pays d'Asie du Sud-Est, parce qu'ils ont connu des flambées continues de grippe aviaire», a déclaré le directeur général de l'OMS, Lee Jong Wook, dans un discours devant l'Union interparlementaire à Genève.
Avec l'AFP, Reuters et l'AP
Des analyses préliminaires ont permis d'identifier le virus de type H5 dans l'une des neuf dindes testées sur l'île d'Oinoussai, mais de nouvelles analyses sont en cours pour savoir s'il s'agit bel et bien de la souche H5N1. Si elle passait à l'homme, cette souche très virulente pourrait causer une pandémie mondiale capable de faire de 7 à 100 millions de morts selon les différentes scénarios soumis par l'organisation de la Santé (OMS).
Soucieux de minimiser l'impact de cette première éclosion, le ministère grec de l'Agriculture a placé l'élevage incriminé en quarantaine. Il a de surcroît interdit tout déplacement des habitants, des véhicules, des animaux, de la viande, des oeufs et des carcasses hors et à destination de cet élevage heureusement isolé.
Hier soir, l'Union européenne (UE) a annoncé qu'elle se préparait à interdire les mouvements de volailles vivantes et de produits issus de volailles de la région grecque de Chios. Sa décision sera confirmée dès que les résultats des analyses faites dans la région et dans le delta d'Evros, seront connus, fort probablement aujourd'hui.
Touchée directement pour la première fois, la Commission européenne a de nouveau encouragé les États membres à stocker des antiviraux pour se conformer aux recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Au minimum, chaque pays devrait pouvoir offrir des antiviraux au quart de sa population dès le déclenchement d'une pandémie.
«Nous ne sommes pas satisfaits de l'état des stocks. Tous les États membres ont des efforts à faire dans ce domaine», a déclaré Philip Tod, porte-parole du commissaire à la Santé, Markos Kyprianou.
La question de la disponibilité des antiviraux a rebondi hier à l'OMS qui a entrepris des discussions avec le laboratoire pharmaceutique Roche qui produit le Tamiflu, un médicament antigrippal considéré comme la première ligne de défense contre la grippe aviaire.
Même si le groupe suisse a déjà fait part de son intention de doubler sa production cette année et l'année prochaine, cet effort n'est pas suffisant aux yeux de l'OMS dans l'éventualité où une pandémie éclaterait.
«Nous pensons qu'il y a une nécessité de santé publique qui commande d'examiner la chose et nous l'examinerons avec encore plus d'intensité dans les jours qui viennent», a dit le directeur de l'OMS pour les alertes épidémiques et pandémiques, Mike Ryan. «Nous examinons avec ce fabricant tout type de questions sur la manière d'accélérer la production, sur les accords de licences et autres».
Le Tamiflu est actuellement le remède le plus efficace pour cette affection, et les gouvernement s'empressent d'en accumuler des stocks. Leur crainte est que le virus — responsable de plus de 60 décès en Asie sur 117 personnes infectées — ne mute et ne devienne transmissible de l'humain à l'humain.
Roche a précisé qu'il avait sous-traité certaines phases de la production, qui peut prendre deux ans, mais il a refusé de renoncer aux droits sur son brevet pour que d'autres fabricants puissent fabriquer le médicament à moindre coût.
La délicate question de l'approvisionnement a aussi été amenée par le Groupe scientifique européen de travail sur la grippe (ESWI), qui, hier, a invité l'Europe à refaire ses devoirs, et vite. «L'Europe n'est pas préparée» à une pandémie, a expliqué cette organisation composée d'experts et de représentants de grands laboratoires pharmaceutiques.
Outre la question des antiviraux, celle des vaccins en effet semble loin d'être réglée. Le président, du ESWI, le professeur Albert Osterhaus, a ainsi appelé l'UE à «payer» — 150 millions selon ses premières estimations — pour le développement de prototypes de vaccins humains par l'industrie pharmaceutique.
La grippe aviaire doit être au coeur d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE aujourd'hui à Luxembourg. Les experts vétérinaires de l'Union se réuniront jeudi à Bruxelles pour faire le point sur la situation.
Cela dit, à l'OMS, l'Europe n'est pas le premier souci, mais le second. En effet, si la présence d'oiseaux infectés sur le continent européen accroît le risque de contact entre le virus et des êtres humains, l'Extrême-Orient reste la source la plus probable d'une éventuelle pandémie de grippe, a rappelé l'OMS.
«La pandémie risque de démarrer dans un pays d'Asie du Sud-Est, parce qu'ils ont connu des flambées continues de grippe aviaire», a déclaré le directeur général de l'OMS, Lee Jong Wook, dans un discours devant l'Union interparlementaire à Genève.
Avec l'AFP, Reuters et l'AP
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