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Apple introduit un service de courriel et d'hébergement payant - Feu le tout-gratuit sur Internet

Michel Dumais   16 septembre 2002  Santé
Bien que très maladroitement introduite par Steve Jobs, la nouvelle offre de service d'Apple qui oblige les disciples de la Pomme à dorénavant souscrire avec argent sonnant et trébuchant à son service de courriel et d'hébergement .Mac, a malgré tout le mérite d'introduire une offre bonifiée qui devrait, lorsqu'on examine les services offerts, plaire aux disciples.

Nous sommes tous d'accord là-dessus, la façon dont Steve Jobs a présenté, lors du dernier conclave tenu à New York, le changement de tarification du service .Mac (ex-iTools), alors que celui-ci cessera d'être gratuit pour devenir payant, n'était pas ce qu'il y a de plus brillant. Comme performance en relations publiques, nous avons déjà vu beaucoup mieux. Mais en même temps, ne nous leurrons pas. Avec cette annonce, Apple sonne le signal de la fin de la récréation: la fin du tout-gratuit sur Internet. On eut toutefois aimé une transition plus douce pour l'utilisateurÉ et le portefeuille.

De iTools à .Mac

ITools, le service gratuit ayant précédé l'introduction des services .Mac, était sans contredit une offre particulièrement alléchante: un service de courriel gratuit (@mac.com), un espace d'hébergement pour établir sa présence sur Internet, un système de disque dur virtuel permettant à l'utilisateur d'accéder à ses données directement à partir du Finder et de plusieurs applications. Pas étonnant que nombre d'utilisateurs de la Pomme s'y soient abonnés.

Toutefois, avec les différents joueurs comme Microsoft et Yahoo!, pour ne nommer que ceux-ci, qui décident d'introduire une tarification à des services autrefois gratuits (Hotmail, Yahoo! Mail), il était surprenant qu'Apple continue d'offrir ce genre de services sans lui aussi succomber aux charmes du dieu rentabilité. Et qui peut sérieusement blâmer la Sainte-Pomme de vouloir rentabiliser lesdits services, alors que les ventes d'ordinateurs et de logiciels sont à la baisse et que les actionnaires, eux, désirent le meilleur rendement possible sur leur investissement?

Mis en place immédiatement après le MacWorld newyorkais, le nouveau service .Mac propose à ses abonnés potentiels plusieurs services et outils qui, pour la plupart, valent amplement leur prix.

Courriel normal et courriel Web avec 15 mégaoctets d'espace, outil de sauvegarde des données et disque dur virtuel de 100 mégaoctets, antivirus mis à jour régulièrement, outil de conception de page Web, accès à une banque de connaissances et à des réponses en ligne, les services .Mac promettent beaucoup et, à mon humble avis, offrent beaucoup. Bien qu'il existe des solutions permettant de «reproduire» chez un hébergeur indépendant les mêmes types de services que .Mac, jamais ceux-ci ne pourront être aussi bien intégrés à l'environnement du Mac.

Par exemple, avec l'aide du progiciel «iDisk utilities» (malheureusement encore non disponible en français), il est facile de faire monter l'icône du disque dur virtuel et d'y déposer tous les fichiers que vous désirez sauvegarder. Vous êtes en train d'écrire un texte important avec un Word? En lieu et place du disque dur, il vous est maintenant donné de sauvegarder ce texte directement dans votre disque dur virtuel iDisk. Arrive un pépin majeur ou votre disque dur bien réel décide de faire la grève? Vous pouvez dormir sur vos deux oreilles, car toutes vos données sont précieusement conservées et accessibles de partout.

Encore plus simple, le logiciel de sauvegarde d'Apple vous permet d'automatiser la sauvegarde des données, avec en plus l'option de graver un cédérom ou un DVD avec vos précieux fichiers. Juste pour ce service ainsi que l'abonnement au logiciel antivirus Virex, de McAffee, s'inscrire au service .Mac en vaut la peine.

Mais outre les sauvegardes de fichiers, le système iDisk vous permet de pousser encore plus loin la métaphore du disque dur en réseau. En effet, vous pouvez créer sur ce disque virtuel une partie publique, une section que vous réservez aux fichiers à partager avec d'autres personnes.

Supposons que vous désirez mettre à la disposition d'un correspondant un fichier trop lourd pour être envoyé par courriel. En deux coups de cuillères à pot, vous téléchargez ledit fichier sur la zone partagée et publique de votre iDisk, et aussitôt dit, aussitôt fait, celui-ci est maintenant accessible à toutes les personnes qui en connaissent l'adresse.

@mac.com

Pratique, le service de courriel .Mac peut être utilisé avec un client classique comme Eudora, Outlook ou Mail, ou encore, par le Web, de la même façon que les utilisateurs Hotmail. Le logiciel Mail, autre outil donné gratuitement avec le système d'exploitation, n'a aucun problème à retirer le courriel de votre boîte aux lettres @mac.com. Configurer Apple Mail pour accéder au service .Mac prend à peine deux minutes. De même, lorsque vous êtes en déplacement, consulter son courriel n'a jamais été aussi facile. Un simple fureteur, Internet Explorer, Mozilla ou Opera, vous permet de lire vos messages et d'y répondre. Et grâce à un logiciel antivirus intégré, vous êtes maintenant en sécurité.

Car, qui n'a pas plus d'une fois frissonné à l'idée que ses données étaient menacées par l'irruption soudaine d'un virus destructeur? Par courriel, par un cédérom gravé par une de vos connaissances, par une cartouche Zip, les portes d'entrée par lesquelles un virus peut causer des dommages importants sont nombreuses. Et combien d'utilisateurs, pourtant bien au courant des dangers réels encourus par une contamination virale, ne se sont pas encore protégés? Les utilisateurs de .Mac ont maintenant une arme directement intégrée à leur environnement de travail, l'antivirus Virex.

Et que dire du service HomePage? Créer sa page Web n'a jamais été aussi facile. En quelques minutes, avec les canevas inclus, il est facile d'assurer sa présence sur la toile. Simplicité garantie.

Pour néophytes

Dans le fond, l'abonnement aux services .Mac a été conçu pour les utilisateurs néophytes, ainsi que les négligents qui ne font jamais leur sauvegarde et qui oublient que de bonnes habitudes prophylactiques virtuelles non seulement les protègent, mais empêchent aussi leurs partenaires de chopper une quelconque saloperie.

Lorsque l'on s'attarde à cette nouvelle offre de service, on constate qu'Apple propose aux utilisateurs un outil qui s'intègre parfaitement avec l'environnement habituel de l'usager et ses applications. Le coût annuel du service est de 158 $CA, mais Apple offre la première année à 80 $ à ceux qui s'étaient abonnés aux services gratuits de iTools.

Malheureusement, je pense qu'Apple aurait dû faire preuve d'un peu plus de souplesse en offrant à ses utilisateurs actuels, ceux qui ont expérimenté les outils avant tout le monde, de conserver le courriel gratuit, ou tout au moins d'offrir à ceux qui ne voulaient ni antivirus, ni disque virtuel, ni sauvegarde, de garder leur adresse de courriel pour quelques dollars par année. C'eut été une simple question de respect pour ses utilisateurs fidèles.

Pour les autres qui, pour la première fois, utiliseront les services .Mac, dites-vous bien que ce n'est qu'un début. D'autres services .Mac se rajouteront. Espérons toutefois que Jobs respectera les utilisateurs actuels en leur proposant ces services à petit prix, sinon gratuitement.
 
 
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