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Santé - L'ADQ veut offrir plus de pouvoirs et de moyens aux régions

Kathleen Lévesque   14 septembre 2002  Santé
Loin d'abolir les Régies régionales de la santé, comme le propose le Parti libéral du Québec, un gouvernement adéquiste les renforcerait, misant ainsi sur le savoir-faire régional.

La députée Sylvie Lespérance, critique en matière de santé à l'Action démocratique du Québec, estime que le PLQ fait fausse route avec son plan d'action, que le chef Jean Charest a lancé jeudi dernier. «L'iniquité des régions va encore s'aggraver. Tout sera géré à Québec. Ça signifie que M. Charest tient un double discours. Il parle de décentralisation, mais il abolit les Régies régionales. [...] Ce que le Parti libéral dit, comme le Parti québécois fait actuellement, c'est de considérer que les régions sont inaptes à se gouverner. C'est grave», a affirmé hier au Devoir la nouvelle députée de Joliette.

De son côté, l'ADQ prône une régionalisation des budgets gouvernementaux des secteurs de la santé, de l'éducation, de l'agriculture et du développement économique. Ainsi, une région qui souhaite accorder la priorité aux services de santé pourrait le faire.

Ce projet sera soumis aux délégués au congrès du parti, prévu les 5 et 6 octobre prochains, sous le thème de la santé. D'ailleurs, Mme Lespérance et six autres collègues de l'ADQ ont soumis hier à l'exécutif national leurs recommandations en matière de santé, recommandations qui seront débattues en congrès. Ce comité a fait une tournée d'un mois dans les régions du Québec afin d'apporter des solutions aux dérapages du système de santé.

C'est après ce travail de consultation et de réflexion que Mme Lespérance critique ses adversaires libéraux, qui s'engagent notamment à hausser le financement de la santé à hauteur de 6,23 milliards sur six ans. «Ce n'est pas nécessairement en injectant plus d'argent qu'on va améliorer le fonctionnement du système de santé. C'est le système qu'il faut revoir et d'abord, il faut stopper la pénurie de main-d'oeuvre», croit Mme Lespérance.

Cette dernière ajoute que les hôpitaux ne peuvent pas attendre encore cinq ans pour augmenter les effectifs infirmiers, comme le propose le PLQ. L'ADQ proposera une formation accélérée de deux ans pour freiner le problème.

Par ailleurs, Sylvie Lespérance souligne que le PLQ a emprunté certaines idées à l'ADQ, notamment pour ce qui est du partenariat avec le secteur privé et la réduction d'unités d'accréditation syndicale. «Ça m'a fait sourire, lance Mme Lespérance. Il faut être démuni pour être obligé d'improviser et d'aller chercher dans les programmes des autres partis pour forger son propre programme politique.»






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