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Percée capitale dans le traitement des cancers et des infections

Frédérique Doyon   29 août 2005  Santé
NK pour natural killer. Il ne s'agit pas du film d'épouvante, mais bien des cellules meurtrières auxquelles fait appel le système immunitaire du corps pour détruire les cellules cancéreuses et celles infectées par un virus. Or une équipe de chercheurs, dont le Dr André Veillette de l'Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM), a identifié la molécule EAT-2, présente dans les cellules NK, qui entrave la mission assassine mais bienfaisante de celles-ci.

Cette découverte permettra d'améliorer l'efficacité du traitement des cancers et des maladies infectieuses comme les virus de l'hépatite et de l'herpès. Car de nouveaux médicaments pourraient être conçus spécifiquement pour désamorcer la molécule EAT-2 afin de stimuler la fonction meurtrière des NK. Combinée à la chimiothérapie et à la radiothérapie, cette médication augmenterait ainsi l'efficacité du traitement global des cancers et des infections.

On savait qu'une déficience en NK augmentait la fréquence de ces maladies. Mais la preuve génétique a maintenant été faite que EAT-2 empêche l'activité des cellules meurtrières du système immunitaire. Plus précisément, le Dr Veillette et son équipe ont démontré que les NK produites par les souris chez qui on avait éliminé la protéine EAT-2 par manipulation génétique étaient beaucoup plus efficaces dans leur opération destructrice des cellules cancéreuses ou infectées par des virus.

Or, jusqu'ici, de nombreuses recherches ont tenté en vain de déterminer les méthodes pour augmenter l'activité des NK. La découverte rapproche la communauté de chercheurs de ce but. Pour le Dr Veillette, directeur de l'Unité de recherche en oncologie moléculaire de l'IRCM, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en signalisation dans le système immunitaire et professeur à l'Université de Montréal, c'est aussi l'aboutissement d'un travail acharné depuis cinq ans.

Les résultats de l'étude sont en ligne depuis hier sur le site de Nature Immunology du groupe Nature et paraîtront dans la prochaine édition papier de la revue.
 
 
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