lundi 28 mai 2012 Dernière mise à jour 01h00
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Santé: La santé biologique

13 mai 2002 15h01  Santé
Qu'on en soit à parler d'aliments biologiques nous montre à quel point nous somme déconnectés, dénaturés. Pas que je sois pour la pureté de la nature. Mais la nourriture que l'on donne à son corps, il me semble que c'est la base, y a pas plus essentiel. Ce que je mange me garde en santé, biologiquement parlant, ça tombe sous le sens. Ai-je besoin, réellement, d'absorber des résidus d'antibiotiques, des hormones synthétiques, des pesticides, des insecticides, des engrais chimiques, des aliments irradiés, sulfurés, mûris en camions (ou pas mûris du tout!), texturisés, colorés et j'en oublie sûrement? Est-ce que je crois que ces produits toxiques n'affectent pas mes organes, ma résistance aux médicaments, les allergies que je développe?

Maintenant qu'on étudie les liens entre ce qu'on ingurgite et les conséquences, on peut se parler du tofu et des pesticides un peu plus calmement, non? Parce que se montrer favorable au bio c'est encore être un peu cinglé, marginal, au mieux original. Parce que les gens qui mangent bio croient que c'est mieux, et les autres n'aiment pas que quelqu'un se pense plus fin. Bref, manger bio est assez mal vu, même si ça gagne en popularité.

Autant vous l'avouer: je suis bio depuis longtemps. Le genre petits oiseaux, coop alimentaire et maintenant agriculture soutenue par la communauté. On ne se refait pas. Je dis pour me défendre qu'on a commencé pour la petite, mais ce n'est pas vrai, j'avais commencé bien avant. Quand j'ai cherché un verger biologique, il n'y en avait qu'un. Puis il a poussé des vergers biologiques. Quand j'ai appris qu'il y avait du sirop bio, là franchement, je pensais que c'était un canular, pas qu'on mettait dans l'arbre de cette saleté de formaldéhyde, un cancérigène avéré. Me voici donc à chercher du sirop bio.

Je sais, vous allez me dire: le bio est trop cher. Indiscutable. Mais vous ou moi, on met son argent où on veut, selon ses priorités. Des fois on paye trop cher, c'est évident. Il y a des gens qui abusent de notre besoin ou de notre désir, bien entendu. Quand j'ai eu à faire des chèques à mon agriculteur biologique pour l'hiver, je lui ai dit: avant de voir la couleur d'une carotte?! Je fais mes chèques quand même, mes topinambours sont venus au rendez-vous.

Les goûts et les saveurs maintenant, en commençant par le pain. Le pain blanc goûte le carton mouillé, le pain complet a une saveur profonde, le pain de kamut est différent du pain de seigle, etc. Le veau bio et le veau du supermarché? Deux bêtes. Les carottes cultivées dans l'argile sont sans pareil. Vous voyez où je vais: le bio est meilleur, tout simplement. Les fruits durs qui ne goûtent rien, je vous les laisse.

Suis-je en meilleure santé parce que j'ai des navets biologiques dans mon assiette? Car voilà l'enjeu, n'est-ce pas. Faire des liens entre ce que l'on mange et notre état de santé général n'est pas évident, car c'est multifactoriel et c'est à LONG TERME. On sait que le diabète de type 2 est lié à notre suralimentation sucrée, et qu'on peut complètement le prévenir. Ce n'est pas rien, pensez-y. On sait que manger trop gras entraîne des dépôts de cholestérol dans les artères qui à leur tour causent des maladies cardio-vasculaires. Les cardiologues ont été les premiers médecins à encourager le végétarisme. Mais quel médecin encourage son client à modifier son alimentation quand celui-ci se plaint de maux d'estomac? Quel énergumène ayant le moule des facultés de médecine songerait à proposer une transition vers le bio? La norme n'est-elle pas de prescrire quelque comprimé pour calmer les problèmes de digestion? Qui fait des liens entre bouffe et bobos? Un hôpital a même intégré une chaîne de hot-dogs/frites dans ses murs, alors imaginez si les docs sont bios! Ils devraient être les leaders de la santé et de la prévention, ils traînent loin derrière

Donc le discours officiel sur la santé et l'alimentation biologique, deux galaxies. Encore plus si je vous parle de la philosophie bio: développement durable, solidarité internationale, équilibre des écosystèmes, soucis de l'environnement, voire de la santé des agriculteurs! Pour avaler tout ça, il faut penser la santé globalement; l'air que l'on respire, l'eau que l'on boit, la nourriture que l'on mange, les conditions sociales de notre vie

"Ce n'est plus être alternatif, c'est la seule solution intelligente" me dit Renée Frappier, qui organise ce week-end un colloque sur l'alimentation saine. "Si tout le monde prenait soin de soi, on prendrait aussi soin de l'environnement. On est en train de dégénérer au niveau des générations, il me semble qu'on devrait réagir tellement fort!"

Mais Santé Canada n'a même pas voulu prendre un kiosque d'exposant au Palais des congrès! Nos officiels attendent plutôt tranquillement la vache folle ou la tremblante du mouton avant de commencer à penser à peut-être s'activer.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Voter
Pour en savoir plus
Articles
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012