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Santé - J'aime les chefs !

6 août 2005  Santé
L'été est doux... quand on ne souffre pas de la chaleur humide. Et le vent qui brasse paresseusement les feuilles, quand on ne bouge pas et qu'on regarde mollement... Lorsque le thermomètre a baissé, j'ai dit à mon entourage que l'été était fini; on a protesté. J'ai rigolé. La preuve que l'été est fini, c'est que les épis de maïs arrivent! Selon Greenpeace, si on les achète à l'épicerie, on risque les OGM.

Et comme l'écrivait le collègue Deglise, une cour de justice allemande a ordonné à Monsanto de dévoiler la controverse entourant son MON 863 — que vient d'approuver Santé Canada, en passant. Les rats ont développé des effets secondaires: sang, reins, foie... et les humains, ma foi, peuvent être à risque. Il y a beaucoup du rat chez les humains. Vous pouvez lire le rapport de plus de mille pages pendant vos vacances: www.healthliesexposed.com/articles/article_2005_07_8_5457.shtml. (Cette longue adresse est sans tirets. Respectez les barres obliques et les points et vous vous rendrez).

Vous constaterez, en lisant ce texte, la complaisance des autoritées européennes face au géant de l'agroalimentaire. Mais pas chez nous, voyons, chez nous, c'est la santé avant tout. On tarde à obliger l'étiquetage, mais c'est qu'on a été débordé par... la santé, les hôpitaux, tout ça! Si on pense aux conflits qui s'en viennent à l'automne, le bon monsieur Mulcair se tiendra tranquille, bien occupé avec ses milieux humides qu'il a vendus à rabais en clamant haut et fort leur protection.

Des fois, j'ai l'impression de relire un roman du XIXe siècle. Avec tout ce qu'il y a pour les deux camps: des scientiques qui disent que les réactions toxiques constatées sont dues à des variables biologiques existantes chez les rats et que ces résultats-ci sont préliminaires; il faut faire d'autres expériences. D'autres scientifiques qui disent: mais il ne faut pas nier ces réactions.

Au milieu de cela, La Paix Verte (Greenpeace!) qui bataille pour faire sortir la vérité, qui va devant la justice, qui fait, en somme, le travail que devrait faire un ministre qui voudrait en avoir le coeur net. Qui serait là pour protéger ma santé, d'abord, avant de se préoccuper de l'économie. Comme je suis idéaliste? Le pire, savez-vous, c'est que je pense que le changement de point de vue ne nierait pas l'économie. Mais je gagerais que l'économie devrait changer, et le changement, n'est-ce pas, n'est pas bon pour l'économie! Allez, il faut bien en rigoler. Je pense à mes chefs pour me consoler.

Le coup de foudre que j'ai eu. Ce brassage d'idées que cela crée. Je ne m'attendais pas à ce qu'ils soient préoccupés à ce point de santé. Je ne m'attendais pas non plus à les trouver si artistes, si brillants, si énergiques. Si vous avez été fidèle au Devoir en juillet, vous avez lu des extraits de ce qu'ils m'ont raconté. Je n'ai pas parlé de la bibliothèque d'Anne Desjardins. C'est peut-être parce qu'elle est autodidacte qu'elle est si savante. L'histoire de la cuisine, les débats de l'heure, la santé et l'alimentation... Elle venait de terminer Salt, le livre de Mark Kurlansky qui raconte l'histoire mouvementée et politique de ce condiment, quand nous nous sommes vues. Au cours de notre conversation, j'ai compris comment nous avions perdu le savoir culinaire et combien nous sommes dépendants de la télé et des journaux pour le reprendre, recette après recette. Alors que la grand-mère de Mme Desjardins plumait ses poulets et faisait sa crème glacée, maintenant c'est à chacun de nous d'apprendre à cuisiner, et c'est encore dans la famille que ça se passe. C'est pour cela que le prêt-à-manger prend tant de place. Cette perte de savoir... Je ne crois plus trop au manque de temps, en fin de compte.

Avec Daniel Vézina, dont le meilleur ami est Normand Laprise, voyez-vous ça!, nous avons aussi parlé du plaisir qu'il y a à être en forme: la sensation d'habiter son corps, la joie intime de contrôler ses muscles. On parle toujours des bienfaits pour la santé physique, ou on dit que faire de l'exercice est bon pour le moral, mais la jouissance du corps en forme, dans les activités banales du quotidien, c'est quelque chose! Il faut avoir recommencé à s'entraîner pour comprendre qu'avoir un pouvoir sur son corps est bon... Aussi longtemps qu'on se laisse aller, qu'on est mou, on ne peut sentir que le tonus; le mouvement des muscles que l'on contrôle volontairement est utile aussi bien pour porter les sacs d'épicerie que pour nager dans un lac!

Sans compter, mesdames, que nos pantalons nous font mieux quand on a le ventre un peu plus plat. C'est aussi, au quotidien, une satisfaction. Je ne peux pas ne pas redire que l'école devrait inclure beaucoup plus de gym, et beaucoup plus variée, répondant aux goûts et aux besoins des jeunes. Si on ne prend pas en compte les goûts, on court à l'échec et, pire, on antagonise les enfants envers l'exercice physique.

Il faut encore savoir, si on décide de s'entraîner, que trois mois d'efforts réguliers instillent la routine, que l'aide d'un entraîneur privé au début permet de tenir les trois mois! Mais on peut aussi bien décider d'aller prendre une marche... C'est encore l'été, profitons-en!

vallieca@hotmail.com
 
 
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