Demi-échec ou réussite partielle? - Traitement du sida: l'objectif de l'ONU est hors d'atteinte
Photo : Agence Reuters
En Afrique, le sida n’épargne pas les enfants, comme Unisemba Moyo, deux ans. Parfois, ils naissent infectés par le VIH; parfois, ils sont orphelins de mère, morte du sida.
Le pari lancé en décembre 2003 par les Nations unies était audacieux: offrir un traitement antirétroviral à trois millions de personnes vivant avec le VIH d'ici la fin de 2005. Dix-huit mois plus tard, il semble toutefois que cet objectif était démesuré, a révélé hier un rapport rédigé conjointement par l'ONUSIDA et l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
«C'était un objectif optimiste, nous y avons cru, mais nous devons reconnaître aujourd'hui qu'il est hors de portée», a avoué à regret le directeur du service VIH-sida de l'OMS, le Dr Jim Yong Kim, lors d'une conférence téléphonique. Pas question toutefois de revenir en arrière, a-t-il prévenu. «Le chiffre de trois millions reste valide, nous ignorons simplement quand nous y parviendrons.»
Entériné par les 192 États membres de l'OMS, l'objectif des «trois millions d'ici 2005» se voulait une étape intermédiaire vers la réalisation de l'accès universel au traitement contre le VIH pour tous ceux qui en ont besoin dès 2010, un objectif que l'OMS maintient fermement.
En attendant, la barre du million de patients sous traitement antirétroviral a finalement été atteinte le mois dernier, s'est félicité le Dr Kim. «Un million de personnes sont en vie aujourd'hui, alors que nous avons commencé avec moins de 300 000 personnes quand nous avons annoncé ce programme, en 2003. Nous avons ajouté 700 000 patients en un an et demi. C'est extraordinaire, ce sont 700 000 vies sauvées!»
Les chiffres peuvent en effet progresser rapidement, a fait valoir l'OMS, qui cite l'exemple de l'Afrique subsaharienne, la région la plus durement touchée par le VIH. Aujourd'hui, quelque 500 000 personnes y sont sous antirétroviraux, soit trois fois plus qu'en juin 2004 et près de deux fois plus qu'il y a six mois.
À ce jour, 14 pays à faibles et moyens revenus ont atteint l'objectif des «trois millions d'ici 2005» en dispensant des traitements antirétroviraux à au moins la moitié des personnes qui en avaient besoin, et plusieurs se dirigent vers un accès universel. La clé de leur succès? Un savant dosage d'appuis politiques, techniques et financiers.
AIDS Care Watch, une coalition de plus de 240 organisations à travers le monde, estime à cinq millions dans le monde le nombre de personnes infectées par le VIH ayant besoin de médicaments sans pouvoir les obtenir.
Quelque 660 000 enfants, dont 370 000 en Afrique subsaharienne, ont actuellement besoin d'un traitement antirétroviral, faute de quoi la moitié des enfants séropositifs «meurent avant l'âge de deux ans», soulignent encore l'OMS et l'ONUSIDA, qui insistent sur le besoin urgent de préparations médicamenteuses adaptées à leurs besoins.
Selon le programme ONUSIDA, un séropositif a besoin d'antirétroviraux quand son infection est avancée et peut mourir dans un délai de deux ans. 40 millions de personnes sont touchées par le virus du sida à travers le monde.
Toujours selon l'ONUSIDA, il faudrait 45 milliards de dollars, soit au moins 18 milliards de plus que les fonds actuellement annoncés pour 2005-07, pour financer les antirétroviraux, les soins et la prévention dans les pays à faibles et moyens revenus.
Avec Associated Press
«C'était un objectif optimiste, nous y avons cru, mais nous devons reconnaître aujourd'hui qu'il est hors de portée», a avoué à regret le directeur du service VIH-sida de l'OMS, le Dr Jim Yong Kim, lors d'une conférence téléphonique. Pas question toutefois de revenir en arrière, a-t-il prévenu. «Le chiffre de trois millions reste valide, nous ignorons simplement quand nous y parviendrons.»
Entériné par les 192 États membres de l'OMS, l'objectif des «trois millions d'ici 2005» se voulait une étape intermédiaire vers la réalisation de l'accès universel au traitement contre le VIH pour tous ceux qui en ont besoin dès 2010, un objectif que l'OMS maintient fermement.
En attendant, la barre du million de patients sous traitement antirétroviral a finalement été atteinte le mois dernier, s'est félicité le Dr Kim. «Un million de personnes sont en vie aujourd'hui, alors que nous avons commencé avec moins de 300 000 personnes quand nous avons annoncé ce programme, en 2003. Nous avons ajouté 700 000 patients en un an et demi. C'est extraordinaire, ce sont 700 000 vies sauvées!»
Les chiffres peuvent en effet progresser rapidement, a fait valoir l'OMS, qui cite l'exemple de l'Afrique subsaharienne, la région la plus durement touchée par le VIH. Aujourd'hui, quelque 500 000 personnes y sont sous antirétroviraux, soit trois fois plus qu'en juin 2004 et près de deux fois plus qu'il y a six mois.
À ce jour, 14 pays à faibles et moyens revenus ont atteint l'objectif des «trois millions d'ici 2005» en dispensant des traitements antirétroviraux à au moins la moitié des personnes qui en avaient besoin, et plusieurs se dirigent vers un accès universel. La clé de leur succès? Un savant dosage d'appuis politiques, techniques et financiers.
AIDS Care Watch, une coalition de plus de 240 organisations à travers le monde, estime à cinq millions dans le monde le nombre de personnes infectées par le VIH ayant besoin de médicaments sans pouvoir les obtenir.
Quelque 660 000 enfants, dont 370 000 en Afrique subsaharienne, ont actuellement besoin d'un traitement antirétroviral, faute de quoi la moitié des enfants séropositifs «meurent avant l'âge de deux ans», soulignent encore l'OMS et l'ONUSIDA, qui insistent sur le besoin urgent de préparations médicamenteuses adaptées à leurs besoins.
Selon le programme ONUSIDA, un séropositif a besoin d'antirétroviraux quand son infection est avancée et peut mourir dans un délai de deux ans. 40 millions de personnes sont touchées par le virus du sida à travers le monde.
Toujours selon l'ONUSIDA, il faudrait 45 milliards de dollars, soit au moins 18 milliards de plus que les fonds actuellement annoncés pour 2005-07, pour financer les antirétroviraux, les soins et la prévention dans les pays à faibles et moyens revenus.
Avec Associated Press
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