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Allô, la Terre?

Pauline Gravel   20 juin 2005  Santé
La station spatiale internationale (ISS) a pu prendre livraison, hier, de ses nouvelles provisions en dépit d’un problème de communication provoqué par une panne du pilotage automatique.
Photo : Agence Reuters
La station spatiale internationale (ISS) a pu prendre livraison, hier, de ses nouvelles provisions en dépit d’un problème de communication provoqué par une panne du pilotage automatique.
La phrase lancée par Tintin sur la Lune fut prononcée vendredi matin par l'astronaute américain John Phillips à bord de la station spatiale internationale, alors qu'il cherchait à établir la communication avec les élèves d'une école primaire de Mascouche, au Québec.

Après trois ans de préparation et d'attente, la fébrilité était à son comble quand le «Allô la Terre?» a retenti à 9h32 précises dans l'école primaire de la Source de Mascouche qui est le troisième établissement scolaire québécois à vivre cette palpitante expérience organisée par le programme international ARISS (Amateur Radio on International Space Station).

Ce programme qui a déjà permis aux élèves de huit écoles canadiennes (y compris les trois québécoises) de parler directement avec les astronautes présents à bord de la station spatiale internationale est commandité par des organismes de radioamateur et les agences spatiales des États-Unis, de la Russie, du Canada, du Japon et de l'Europe. Vendredi matin, le 17 juin, c'est le Club de radioamateur Laval-Laurentides qui a géré tout l'aspect technique du contact radio. «Les membres du club étaient inquiets et stressés avant la communication, car celle-ci représentait pour eux tout un exploit», relate la conseillère en communication à la Commission scolaire des Affluents, Michèle Fournier qui a assisté à l'événement.

Temps libre et menu

Pendant la dizaine de minutes qu'a duré la communication, dix élèves de 5e et 6e année ont pu poser une douzaine de questions parmi les 25 qui avaient été sélectionnées lors d'un vote au sein de l'école. À leur côté se tenait le professeur d'anglais qui les avait aidés à effectuer la traduction des questions, compte tenu que la communication se déroulait dans la langue de Shakespeare. L'interaction qui était enregistrée fut ensuite diffusée dans le gymnase de l'école où étaient réunis 200 élèves accompagnés d'une quarantaine d'adultes, dont des parents.

«Que faites-vous lorsque vous avez du temps libre?», a lancé un premier élève auquel l'ingénieur de vol américain John Phillips a confié que les membres d'équipage partageaient des quarts de travail qui leur laissaient en effet pas mal de temps libre. Les possibilités de loisir ne sont pas énormes, mais néanmoins les astronautes ont à leur disposition une collection de films en DVD et ont accès à un ordinateur leur permettant de communiquer par courriel avec leur famille.

Mais ce que les membres d'équipage aiment par-dessus tout c'est de contempler l'immensité de l'espace par les hublots et de prendre des photos de ces paysages impressionnants. Cette activité estompe l'impression d'isolement qu'ils ressentent.

Les élèves se sont aussi interrogés sur ce que mangeaient les astronautes dans l'espace et sur la saveur de leurs aliments. La nourriture est excellente et variée, a souligné l'astronaute après avoir expliqué qu'il s'agissait essentiellement d'aliments déshydratés qu'ils réhydratent sur place. Et que font-ils de leurs déchets? Ils les entassent dans une navette inhabitée qui est rattachée à la station spatiale, et qui sert au transport d'équipement et des provisions. Très peu de déchets, à l'exception de quelques liquides, sont rejetés directement dans l'espace.

Les questions de santé semblaient également préoccuper les jeunes qui se sont demandé si les femmes enceintes pouvaient aller dans l'espace. «Y a-t-il du danger pour elles?», s'est inquiété un autre élève. L'expérience n'a jamais été tentée. On ne peut donc pas le savoir, a indiqué l'ingénieur avant d'ajouter que la sélection des astronautes est très sévère sur les questions de santé.

Et si quelqu'un se blesse, que fait-on? Les astronautes ont tous suivi une formation pour assurer les premiers soins et disposent d'un équipement médical de base. De plus, il arrive souvent qu'un des membres d'équipage soit médecin, et si ce n'est pas le cas, les astronautes sont toujours en contact avec la Terre où ils pourront communiquer avec un médecin qui leur indiquera ce qu'il faut faire. Si l'état de santé de la personne devient vraiment critique, on essaiera d'organiser un retour d'urgence.

Réponse étonnante

Des questions techniques plus courantes, telles que «combien de personnes peuvent vivre en même temps à l'intérieur de la station spatiale?» étaient également au menu. La réponse en a toutefois étonné plusieurs: l'équipage ne se compose que de trois personnes en raison de diverses contraintes, parmi lesquelles figurent les réserves d'oxygène.

«Combien de temps vous faut-il pour revêtir le costume pour sortir dans l'espace?», a également demandé un astronaute en herbe. C'est extrêmement long, lui a indiqué John Phillips, car il s'agit d'un costume très complexe conçu pour résister à de très grandes variations de température et pour assurer la survie indépendante de l'astronaute pendant quelques heures. Plus d'une heure est nécessaire pour l'enfiler.

Même si le contact avec la station n'était que sonore, aucune image de la station n'étant transmise, «les enfants étaient excités et désireux de poser une multitude de questions supplémentaires au représentant de l'Agence spatiale canadienne présent durant le contact radio, à tel point qu'il nous a fallu mettre fin à la séance», raconte Michèle Fournier.






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