L'avis d'un spécialiste - Tabac: Couillard ne va pas assez loin!
Il faudrait aussi bannir les fumoirs dans les milieux de travail
La ligne dure dessinée par le ministre de la Santé, Philippe Couillard, dans son projet de loi sur le tabac, qui entend bannir la cigarette des bars, restaurants et autres lieux publics, n'est pas sans faille. C'est du moins l'avis du Dr André Gervais, médecin-conseil à la Direction de la santé publique de Montréal, qui voit dans sa volonté de maintenir les fumoirs dans les milieux de travail et d'hébergement son talon d'Achille.
Le Dr Gervais, aussi consultant à l'Institut de la santé publique du Québec (INSPQ), maintient que le fumoir, aussi bien ventilé soit-il, reste dangereux pour la santé des non-fumeurs, comme pour celle des fumeurs. «Même avec une ventilation négative, ces fumoirs ne sont pas sans faille. Ils brisent souvent, ils sont très coûteux à construire, à entretenir et à inspecter, il y a souvent des fuites et la fumée reste très longtemps prisonnière, jusqu'à 150 minutes et plus», explique-t-il.
Un biophysicien américain, James Repace, a démontré que le système de ventilation moderne vend une tranquillité d'esprit qui, selon lui, n'a rien de scientifique. M. Repace a mesuré le nombre de particules nocives dans l'air de plusieurs établissements dotés d'un système de ventilation conforme aux normes américaines et canadiennes et a constaté qu'aucun n'arrivait à respecter le taux acceptable qui a été fixé à un décès sur 100 000 au Canada.
L'exemple du Black Dog Pub est probant, lui qui est doté d'un système de ventilation dernier cri permettant dix échanges d'air à l'heure. «Pour rendre le risque conforme aux normes canadiennes, il faudrait 25 000 échanges d'air à l'heure, ce que seule une tornade peut faire», raconte James Repace, qui était hier de passage à Montréal à l'invitation de la Direction de la santé publique.
Selon l'expert international spécialisé dans les questions du tabac, c'est principalement la propagande des lobbys protabac qui fait en sorte que l'option de la ventilation paraît encore valable à nombre d'États et de pays. «Pourtant, seul le bannissement complet est acceptable du point de vue scientifique», croit-il.
Le Dr André Gervais pense la même chose. «On considère que la fumée secondaire est un agent cancérigène très dangereux qu'il faut éliminer. Il ne viendrait jamais à l'esprit de quiconque d'exposer les gens à un peu de particules d'amiante dans l'air, cela devrait être la même chose avec la cigarette, qui est tout aussi nocive.»
Il a en effet été démontré que la fumée de cigarette est un facteur important dans une vingtaine de maladies, dont des troubles coronariens et cardiaques, des problèmes respiratoires et de nombreux cancers. Quand la cigarette brûle dans le cendrier, elle dégage plus de substances nocives car il y a moins d'oxygène. Quand elle est inspirée, sa température monte à 800 °C, ce qui lui permet de brûler beaucoup de ses composantes.
Les scientifiques ont calculé que 90 % de la fumée que l'on retrouve dans l'air ambiant vient de l'extrémité de la cigarette. Conséquence: la cigarette qui se consume est encore plus nocive et n'épargne donc pas les non-fumeurs. «Ce qui sort de l'extrémité de la cigarette peut contenir de deux à deux cent fois plus de polluants: deux fois pour la nicotine, quatre ou cinq fois pour le CO2 et de 200 fois pour certains agents cancérigènes», assure le Dr Gervais.
Santé Canada évalue à 359 décès par année le nombre de décès liés à la fumée secondaire au Québec à la suite d'une exposition à domicile. L'INSPQ calcule que ce nombre se situe plutôt entre 950 et 1625 décès par année quand on inclut l'exposition dans les lieux de travail, les automobiles et les lieux publics.
Le Dr Gervais, aussi consultant à l'Institut de la santé publique du Québec (INSPQ), maintient que le fumoir, aussi bien ventilé soit-il, reste dangereux pour la santé des non-fumeurs, comme pour celle des fumeurs. «Même avec une ventilation négative, ces fumoirs ne sont pas sans faille. Ils brisent souvent, ils sont très coûteux à construire, à entretenir et à inspecter, il y a souvent des fuites et la fumée reste très longtemps prisonnière, jusqu'à 150 minutes et plus», explique-t-il.
Un biophysicien américain, James Repace, a démontré que le système de ventilation moderne vend une tranquillité d'esprit qui, selon lui, n'a rien de scientifique. M. Repace a mesuré le nombre de particules nocives dans l'air de plusieurs établissements dotés d'un système de ventilation conforme aux normes américaines et canadiennes et a constaté qu'aucun n'arrivait à respecter le taux acceptable qui a été fixé à un décès sur 100 000 au Canada.
L'exemple du Black Dog Pub est probant, lui qui est doté d'un système de ventilation dernier cri permettant dix échanges d'air à l'heure. «Pour rendre le risque conforme aux normes canadiennes, il faudrait 25 000 échanges d'air à l'heure, ce que seule une tornade peut faire», raconte James Repace, qui était hier de passage à Montréal à l'invitation de la Direction de la santé publique.
Selon l'expert international spécialisé dans les questions du tabac, c'est principalement la propagande des lobbys protabac qui fait en sorte que l'option de la ventilation paraît encore valable à nombre d'États et de pays. «Pourtant, seul le bannissement complet est acceptable du point de vue scientifique», croit-il.
Le Dr André Gervais pense la même chose. «On considère que la fumée secondaire est un agent cancérigène très dangereux qu'il faut éliminer. Il ne viendrait jamais à l'esprit de quiconque d'exposer les gens à un peu de particules d'amiante dans l'air, cela devrait être la même chose avec la cigarette, qui est tout aussi nocive.»
Il a en effet été démontré que la fumée de cigarette est un facteur important dans une vingtaine de maladies, dont des troubles coronariens et cardiaques, des problèmes respiratoires et de nombreux cancers. Quand la cigarette brûle dans le cendrier, elle dégage plus de substances nocives car il y a moins d'oxygène. Quand elle est inspirée, sa température monte à 800 °C, ce qui lui permet de brûler beaucoup de ses composantes.
Les scientifiques ont calculé que 90 % de la fumée que l'on retrouve dans l'air ambiant vient de l'extrémité de la cigarette. Conséquence: la cigarette qui se consume est encore plus nocive et n'épargne donc pas les non-fumeurs. «Ce qui sort de l'extrémité de la cigarette peut contenir de deux à deux cent fois plus de polluants: deux fois pour la nicotine, quatre ou cinq fois pour le CO2 et de 200 fois pour certains agents cancérigènes», assure le Dr Gervais.
Santé Canada évalue à 359 décès par année le nombre de décès liés à la fumée secondaire au Québec à la suite d'une exposition à domicile. L'INSPQ calcule que ce nombre se situe plutôt entre 950 et 1625 décès par année quand on inclut l'exposition dans les lieux de travail, les automobiles et les lieux publics.
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