Restauration rapide et maladies cardio-vasculaires font bon ménage
Photo : Jacques Nadeau
Une étude récente menée en Ontario met en lumière «la vulnérabilité des communautés vivant dans les régions où les restaurants rapides sont surreprésentés».
Restauration rapide et maladies cardio-vasculaires semblent faire bon ménage. C'est du moins la conclusion d'une étude menée en Ontario et publiée dans la dernière livraison du Canadian Journal of Public Health. Selon cette enquête, la mortalité et les troubles cardiaques sont en effet davantage présents dans les coins de cette province où les restaurants spécialisés dans la malbouffe pullulent. La nourriture n'est pas autant montrée du doigt que les mauvaises habitudes de vie qui vont généralement avec, souligne toutefois le scientifique à l'origine de l'étude.
«Le prêt-à-manger est associé à des choix pauvres et délétères en matière de style de vie, a indiqué la semaine dernière en entrevue au Devoir David Alter, de l'Institute for Clinical Evaluative Sciences (ICES) de l'Université de Toronto. La sédentarité, l'obésité, le diabète, le tabagisme... qui viennent avec ce type d'alimentation sont davantage à l'origine de la corrélation que nous avons établie que la nourriture elle-même.»
Pendant plusieurs mois, M. Alter, qui est également cardiologue au Sunnybrook and Women's Health Science Centre de Toronto, a décortiqué dans les 380 régions de l'Ontario les statistiques officielles de 2001 du ministère de la Santé touchant les hospitalisations et les décès liés à des maladies cardio-vasculaires. L'analyse a tenu compte du taux de restaurants rapides populaires en Ontario — McDonald's, Poulet Frit Kentucky, Taco Bell, Wendy's, Harvey's, Chalet Suisse, Dairy Queen, Pizza Hut et Burger King — par habitant dans chacune de ses régions.
Résultats? «La mortalité et les hospitalisations liées aux syndromes coronariens aigus étaient supérieures dans les régions où l'on trouvait le plus grand nombre de restaurants rapides», écrit le scientifique. Ce constat est facilement exportable au Québec, juge par ailleurs M. Alter, en raison des similarités dans l'Est du Canada des taux de maladies cardio-vasculaires «mais aussi de la domination des restaurants de prêt-à-manger», a-t-il expliqué.
En Ontario, l'année statistique passée au crible par le chercheur, une moyenne de 583 décès et 226 crises cardiaques par tranche de 100 000 habitants ont été enregistrés. Dans les régions où moins de 10 temples de la malbouffe pour 100 000 habitants ont pignon sur rue, ce taux de décès et de crises cardiaques est plus bas que la moyenne provinciale.
À l'opposé, dans les coins où entre 10 à 19 restaurants rapides sont présents, ces taux augmentent respectivement de 35 et 28 %, a constaté M. Alter. Et la croissance atteint même 62 et 47 % là où plus de 20 restaurants ont été recensés.
«Cette étude ne doit pas être vue comme un acte d'accusation contre la malbouffe, insiste l'homme derrière l'analyse, mais plutôt comme un acte d'accusation contre les choix de vie que nous faisons et les habitudes de consommation que nous avons. Ce sont la société et les consommateurs qui doivent être tenus responsables» de ces taux plus élevés en zone où la malbouffe domine. Pas les restaurateurs, selon lui.
Au-delà des chiffres, l'étude met en lumière «la vulnérabilité des communautés vivant dans les régions où les restaurants rapides sont surreprésentés», poursuit-il. Cet indicateur devrait d'ailleurs servir aux responsables des politiques sociales, dit M. Alter, afin de concentrer et adapter les campagnes de sensibilisation au bien-manger et à l'activité physique.
Au Canada, l'obésité et l'embonpoint touchent près de la moitié des adultes et 30 % environ des enfants, selon les plus récentes statistiques. Les maladies cardio-vasculaires sont, avec le cancer, le diabète et les maladies respiratoires, responsables des trois quarts des décès au Canada. En 2002, 74 600 personnes y ont succombé.
«Le prêt-à-manger est associé à des choix pauvres et délétères en matière de style de vie, a indiqué la semaine dernière en entrevue au Devoir David Alter, de l'Institute for Clinical Evaluative Sciences (ICES) de l'Université de Toronto. La sédentarité, l'obésité, le diabète, le tabagisme... qui viennent avec ce type d'alimentation sont davantage à l'origine de la corrélation que nous avons établie que la nourriture elle-même.»
Pendant plusieurs mois, M. Alter, qui est également cardiologue au Sunnybrook and Women's Health Science Centre de Toronto, a décortiqué dans les 380 régions de l'Ontario les statistiques officielles de 2001 du ministère de la Santé touchant les hospitalisations et les décès liés à des maladies cardio-vasculaires. L'analyse a tenu compte du taux de restaurants rapides populaires en Ontario — McDonald's, Poulet Frit Kentucky, Taco Bell, Wendy's, Harvey's, Chalet Suisse, Dairy Queen, Pizza Hut et Burger King — par habitant dans chacune de ses régions.
Résultats? «La mortalité et les hospitalisations liées aux syndromes coronariens aigus étaient supérieures dans les régions où l'on trouvait le plus grand nombre de restaurants rapides», écrit le scientifique. Ce constat est facilement exportable au Québec, juge par ailleurs M. Alter, en raison des similarités dans l'Est du Canada des taux de maladies cardio-vasculaires «mais aussi de la domination des restaurants de prêt-à-manger», a-t-il expliqué.
En Ontario, l'année statistique passée au crible par le chercheur, une moyenne de 583 décès et 226 crises cardiaques par tranche de 100 000 habitants ont été enregistrés. Dans les régions où moins de 10 temples de la malbouffe pour 100 000 habitants ont pignon sur rue, ce taux de décès et de crises cardiaques est plus bas que la moyenne provinciale.
À l'opposé, dans les coins où entre 10 à 19 restaurants rapides sont présents, ces taux augmentent respectivement de 35 et 28 %, a constaté M. Alter. Et la croissance atteint même 62 et 47 % là où plus de 20 restaurants ont été recensés.
«Cette étude ne doit pas être vue comme un acte d'accusation contre la malbouffe, insiste l'homme derrière l'analyse, mais plutôt comme un acte d'accusation contre les choix de vie que nous faisons et les habitudes de consommation que nous avons. Ce sont la société et les consommateurs qui doivent être tenus responsables» de ces taux plus élevés en zone où la malbouffe domine. Pas les restaurateurs, selon lui.
Au-delà des chiffres, l'étude met en lumière «la vulnérabilité des communautés vivant dans les régions où les restaurants rapides sont surreprésentés», poursuit-il. Cet indicateur devrait d'ailleurs servir aux responsables des politiques sociales, dit M. Alter, afin de concentrer et adapter les campagnes de sensibilisation au bien-manger et à l'activité physique.
Au Canada, l'obésité et l'embonpoint touchent près de la moitié des adultes et 30 % environ des enfants, selon les plus récentes statistiques. Les maladies cardio-vasculaires sont, avec le cancer, le diabète et les maladies respiratoires, responsables des trois quarts des décès au Canada. En 2002, 74 600 personnes y ont succombé.
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