Le point sur... la santé - Après le budget
Photo : Jacques Grenier
Les travaux d’agrandissements à l’Hôpital général juif de Montréal.
La trame urbaine se modifie dans diverses régions du Québec, mais aussi à Montréal. Ainsi, le quartier nord-ouest de Côte-des-Neiges voir ces jours-ci lentement s'ériger son premier «gratte-ciel», d'une dizaine d'étages en fait, six ou sept d'entre eux s'ajoutant au sommet d'une construction existante: l'Hôpital général juif comme on l'appelle, mais désigné comme étant le Sir Mortimer B. Davis, semble ainsi doubler de volume. Et on sait ce qui est encore à venir dans le paysage métropolitain.
À moins que l'on découvre que la contamination du site est excessive, ce sera au tour du secteur sud-est du centre-ville de voir les bulldozers entrer en force et s'en donner à coeur joie à proximité du carrefour Saint-Denis et René-Lévesque: le site retenu pour le centre hospitalier universitaire rattaché à l'Université de Montréal doit accueillir ces constructions qui, vers 2010, auront nécessité un déboursé de plus de un milliard de dollars. Quant à l'autre hôpital de même nature (que les promoteurs du projet qualifient d'hôpital «montréalais» et non de centre universitaire «anglophone»), celui de McGill, les travaux sont déjà amorcés sur le site de la cour ferroviaire Glen: à l'angle est de Saint-Jacques et de Décarie, ces 43 acres d'espaces ouverts permettront la mise en place de constructions horizontales. Ici, toutefois, il y a entente entre toutes les parties impliquées pour que ce centre soit scindé en deux lieux: la deuxième partie de l'institution intègre ainsi les bâtiments existants sur le flanc sud du Mont-Royal, mais en les rénovant et les modifiant.
Le projet en cours fait place à l'excellence: «L'objectif premier du redéploiement du Centre universitaire de santé McGill vise la qualité des soins, qui sera de loin supérieure à ce qu'elle est actuellement, informe le Dr Tim Meagher, chef du développement clinique. Le projet d'hôpital moderne ne se comparera en rien à ce qui a été construit il y a 30 ou 50 ans. Le concept sera basé davantage sur les soins ambulatoires que sur les soins aux patients hospitalisés.»
Après donc les universités (et là encore, dans ce dernier cas, rien n'est encore complété, comme en informe Concordia, qui donne son nom à tout le quartier, quand Montréal «remplit» la montagne, et que l'UQAM veut toujours faire sienne la vaste zone du terminus d'autobus), c'est au tour du milieu hospitalier d'adopter sa vitesse de croisière en matière d'immobilisations immobilières.
Au quotidien
«Quand le bâtiment va, tout va», entendait-on. Et bien, cette affirmation ne serait pas tout à fait exacte.
Si le ministre de la Santé, ainsi que son homologue à l'Éducation, semblent avoir gagné leur point, à savoir que le gouvernement opte pour une politique de maintien des services au détriment de la réalisation de la promesse électoraliste de réduire les impôts, tout ne serait toutefois pas réglé dans ces secteurs. Si on a encore en mémoire la grève des étudiants ou les journées d'étude de leurs professeurs, c'est tout le secteur public qui attend de pied ferme le gouvernement dans le cadre de négociations sans cesse repoussées. Il y a toutefois des dossiers sans réponses.
Ainsi, Urgences Santé ne doit pas suivre le modèle canadien en matière de formation des techniciens ambulanciers. Pourquoi? Limiter les dépenses, protéger le public ou empêcher les chevauchements des compétences? Ailleurs, les travailleurs sociaux déplorent que tout projet de médecine préventive ne puisse avoir une suite heureuse. Et en ce qui concerne la loi 25 et les modifications qu'elle entraîne, les infirmières protestent: «On est toujours en processus de vote en vertu de la loi 30 et, dans un très grand nombre d'établissements, les gens me disent unanimement qu'ils subissent des coupures budgétaires, rappelle d'ailleurs Jennie Skene. Il y a des lits qui ont été fermés, des postes qui ont été coupés, il y a eu du "bumping" de postes à des endroits. La situation est loin d'être stabilisée parce qu'on ne dispose pas de marge de manoeuvre pour répondre à une plus grande demande de soins.» Et ainsi de suite.
Y a-t-il dans l'air un cahier, ou une chronique, qui aborde le secteur de la santé, que les appels abondent: les technologues de la santé veulent informer le public de leurs conditions difficiles; la Fédération des médecins, elle, voudrait qu'il soit fait part des difficultés générées par la réforme en cours; et ainsi de suite.
Comme quoi, malgré quelques centaines de millions ajoutés, il semble y avoir toujours grogne de la part des acteurs du réseau. Et d'autant plus que la formule dite des «PPP» semble connaître quelques ratés?
À moins que l'on découvre que la contamination du site est excessive, ce sera au tour du secteur sud-est du centre-ville de voir les bulldozers entrer en force et s'en donner à coeur joie à proximité du carrefour Saint-Denis et René-Lévesque: le site retenu pour le centre hospitalier universitaire rattaché à l'Université de Montréal doit accueillir ces constructions qui, vers 2010, auront nécessité un déboursé de plus de un milliard de dollars. Quant à l'autre hôpital de même nature (que les promoteurs du projet qualifient d'hôpital «montréalais» et non de centre universitaire «anglophone»), celui de McGill, les travaux sont déjà amorcés sur le site de la cour ferroviaire Glen: à l'angle est de Saint-Jacques et de Décarie, ces 43 acres d'espaces ouverts permettront la mise en place de constructions horizontales. Ici, toutefois, il y a entente entre toutes les parties impliquées pour que ce centre soit scindé en deux lieux: la deuxième partie de l'institution intègre ainsi les bâtiments existants sur le flanc sud du Mont-Royal, mais en les rénovant et les modifiant.
Le projet en cours fait place à l'excellence: «L'objectif premier du redéploiement du Centre universitaire de santé McGill vise la qualité des soins, qui sera de loin supérieure à ce qu'elle est actuellement, informe le Dr Tim Meagher, chef du développement clinique. Le projet d'hôpital moderne ne se comparera en rien à ce qui a été construit il y a 30 ou 50 ans. Le concept sera basé davantage sur les soins ambulatoires que sur les soins aux patients hospitalisés.»
Après donc les universités (et là encore, dans ce dernier cas, rien n'est encore complété, comme en informe Concordia, qui donne son nom à tout le quartier, quand Montréal «remplit» la montagne, et que l'UQAM veut toujours faire sienne la vaste zone du terminus d'autobus), c'est au tour du milieu hospitalier d'adopter sa vitesse de croisière en matière d'immobilisations immobilières.
Au quotidien
«Quand le bâtiment va, tout va», entendait-on. Et bien, cette affirmation ne serait pas tout à fait exacte.
Si le ministre de la Santé, ainsi que son homologue à l'Éducation, semblent avoir gagné leur point, à savoir que le gouvernement opte pour une politique de maintien des services au détriment de la réalisation de la promesse électoraliste de réduire les impôts, tout ne serait toutefois pas réglé dans ces secteurs. Si on a encore en mémoire la grève des étudiants ou les journées d'étude de leurs professeurs, c'est tout le secteur public qui attend de pied ferme le gouvernement dans le cadre de négociations sans cesse repoussées. Il y a toutefois des dossiers sans réponses.
Ainsi, Urgences Santé ne doit pas suivre le modèle canadien en matière de formation des techniciens ambulanciers. Pourquoi? Limiter les dépenses, protéger le public ou empêcher les chevauchements des compétences? Ailleurs, les travailleurs sociaux déplorent que tout projet de médecine préventive ne puisse avoir une suite heureuse. Et en ce qui concerne la loi 25 et les modifications qu'elle entraîne, les infirmières protestent: «On est toujours en processus de vote en vertu de la loi 30 et, dans un très grand nombre d'établissements, les gens me disent unanimement qu'ils subissent des coupures budgétaires, rappelle d'ailleurs Jennie Skene. Il y a des lits qui ont été fermés, des postes qui ont été coupés, il y a eu du "bumping" de postes à des endroits. La situation est loin d'être stabilisée parce qu'on ne dispose pas de marge de manoeuvre pour répondre à une plus grande demande de soins.» Et ainsi de suite.
Y a-t-il dans l'air un cahier, ou une chronique, qui aborde le secteur de la santé, que les appels abondent: les technologues de la santé veulent informer le public de leurs conditions difficiles; la Fédération des médecins, elle, voudrait qu'il soit fait part des difficultés générées par la réforme en cours; et ainsi de suite.
Comme quoi, malgré quelques centaines de millions ajoutés, il semble y avoir toujours grogne de la part des acteurs du réseau. Et d'autant plus que la formule dite des «PPP» semble connaître quelques ratés?
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