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Le CHUM à Saint-Luc: l'appel au ralliement sera-t-il entendu?

Kathleen Lévesque   24 mars 2005  Santé
Marqué par l'indécision politique, le dossier du futur CHUM connaîtra ce matin une nouvelle étape. Le premier ministre Jean Charest donnera ce matin le coup d'envoi à l'implantation du futur CHUM au centre-ville de Montréal.

Le conseil des ministres a tranché hier. Les journalistes sont convoqués à une conférence de presse concernant «le développement de la médecine universitaire à Montréal».

Si M. Charest signe ainsi la fin des hostilités des derniers mois entre les promoteurs de l'option du 1000, Saint-Denis et ceux de la gare de triage d'Outremont, il semble qu'il aura fort à faire pour rallier la communauté universitaire, le corps médical ainsi que l'élite du milieu des affaires derrière son choix. Les débats houleux des derniers mois risquent de laisser des traces. Les gens d'affaires ont menacé de ne pas participer au financement du projet si Québec choisissait le centre-ville, des médecins ont prédit l'exode de certains spécialistes et le recteur de l'Université de Montréal, Robert Lacroix, a prévenu que jamais la faculté de médecine ne s'installerait dans la cour arrière de l'UQAM.

Mais pour l'instant, il s'agira de sauver les apparences. Même le recteur Lacroix, qui s'est battu bec et ongles pour son projet d'Outremont et qui n'a pas caché son amertume, sera présent.

L'exercice de ralliement s'annonce d'autant plus difficile que déjà le futur CHUM soulève de nouvelles critiques. Hier, des groupes nationalistes sont revenus à la charge pour dénoncer ce qu'ils estiment être un déséquilibre du financement public entre le projet francophone et anglophone d'hôpital universitaire. Prenant le risque d'être taxée de nationalisme étroit, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB) a fait valoir que le gouvernement devrait défendre les intérêts de la majorité.

«Ce n'est pas normal que la moitié des services hospitaliers de Montréal soient placés sous le contrôle d'une institution de la minorité linguistique qui va les faire fonctionner en anglais d'ailleurs», a déclaré le président de la SSJB, Jean Dorion, qui craint l'anglicisation des soins de santé.

Cette inquiétude est également présente au sein de l'Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de Montréal. En décembre dernier, Le Devoir révélait qu'un projet de réforme administrative au sein de l'Agence risquait d'entraîner la division de l'île de Montréal en deux: un territoire francophone, attaché au réseau universitaire intégré en santé (RUIS) de l'Université de Montréal, et un territoire anglophone, attaché au RUIS de l'université McGill.

Pour la direction du CUSM, tout ça n'est qu'un faux débat. «La santé à Montréal, ce n'est pas une question linguistique. Des anglophones vont au CHUM et, à l'inverse, des francophones viennent chez nous. [...] La somme de 800 millions sert aux deux pôles du CUSM, donc 500 lits plus 332 lits. Il n'y a pas de déséquilibre dans l'investissement», a indiqué hier la porte-parole de l'établissement, Judith Horrell.

Un budget de 800 millions de fonds publics québécois est prévu pour chacun des deux hôpitaux. S'ajoutent à cela des sommes provenant du gouvernement fédéral ainsi que du grand public.

La SSJB croit que le gouvernement ne devrait construire qu'un seul centre hospitalier universitaire. «McGill, c'est une vache sacrée pour une grande partie de l'élite francophone. Il faut briser le tabou car il y a un problème historique», a ajouté Jean Dorion.
 
 
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