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Les ambulanciers veulent rencontrer Couillard

Louise-Maude Rioux Soucy   24 mars 2005  Santé
Le rapport d'inspection ministérielle déposé la semaine dernière à Québec ouvre-t-il la porte à un démantèlement d'Urgences Santé? La CSN et le Rassemblement des employés-techniciens ambulanciers du Québec (RETAQ) le croient. Voilà pourquoi ils ont réclamé d'urgence une rencontre avec le ministre de la Santé, Philippe Couillard, hier, estimant que son entourage alimente une vision négative des techniciens ambulanciers et de leurs revendications.

Leur inquiétude est d'autant plus vive qu'ils jugent que cette décision laisse aussi croire que Québec a déjà mis une croix sur la formation testée avec succès auprès de 18 paramédics. Porté à bouts de bras par la société Urgences Santé, ce projet-pilote devait permettre au Québec, la seule province à ne pas offrir un tel service en Amérique du Nord, de rattraper ses voisins, projet par la suite désavoué par le gouvernement Charest.

«Nous ne voulons pas prendre position par rapport à l'enquête sur l'administration d'Urgences Santé mais bien éviter qu'une éventuelle réforme ait des conséquences irrémédiables sur les soins préhospitaliers. Cela nous ferait reculer de 20 ans», a expliqué le responsable régional de Montréal-Laval pour le RETAQ, Daniel Proulx.

Le vice-président de la CSN s'explique d'ailleurs mal l'aversion du ministère pour la formation en soins préhospitaliers plus avancés. «On bute sur un refus de la part du ministre, et on ignore s'il est politique, financier ou corporatiste, mais on entend bien faire valoir notre point de vue, a dit Louis Roy. On ne veut pas juste un système de transport, on veut un vrai service de soins.»

La société Urgences Santé est perçue par les ambulanciers comme une locomotive indispensable. Classée parmi les dix services de ce type les plus importants au monde et se classant bonne deuxième au Canada, elle est en effet la seule société à pouvoir et à vouloir développer la profession au Québec, croit le RETAQ.

«Ça serait un désastre pour la santé publique de remodeler Urgences Santé à l'image des autres régions, comme il est suggéré dans le rapport. Doit-on niveler par le bas et prôner l'immobilisme sous prétexte que le système de santé piétine?», a demandé le porte-parole du RETAQ, Stéphan Scalabrini.

Hier, les représentants des ambulanciers sont revenus sur la décision de Québec de créer un programme de premiers répondants de 5,5 millions de dollars avec les pompiers de Montréal. «Nous ne nous opposons pas à l'amélioration des services complémentaires, mais il ne faut pas que cela se fasse au détriment des services préhospitaliers offerts par Urgences Santé. C'est comme déshabiller Pierre pour habiller Paul», a dit Daniel Proulx, qui ne veut pas d'un «système bas de gamme».

Et la colère monte dans les rangs. «Si on continue de négliger les services ambulanciers et qu'on ne se décide pas à relever la qualité des services à la population comme partout au Canada, la situation risque de s'envenimer», a prévenu la CSN.






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