Santé - Sortir des sentiers battus
19 mars 2005
Santé
Le défi, c'est d'intéresser les gens à la santé. Quand on est malade, on s'intéresse à la maladie. On découvre soudain à quoi sert l'intestin grêle, on comprend le rôle des fascias et c'est passionnant. Mais quand on est bien portant, on veut tout simplement que le corps suive pour faire ce qu'on veut, pour profiter de la vie.
Qu'est-ce qui nous intéresse quand on est bien portant? La subtilité, mes chers amis. Pourquoi le coup de pompe à 14h? Comment éliminer ces horribles crampes menstruelles? Pourquoi les enfants sont-ils turbulents en classe? Toutes sortes de questions de la sorte qu'on se pose sans y prêter attention et sans chercher de réponse. On se contente d'être un peu malheureux, et c'est la vie.
Eh bien voilà, c'est peut-être la vie, ce n'est peut-être pas la maladie, mais ce n'est pas la santé. En opposant la santé à la maladie, on finit par croire que si on n'est pas malade, on est en santé. C'est manquer de subtilité.
Remarquez, on sait de plus en plus ce qu'il faut faire pour être en santé, pour vivre une vie où l'énergie ne manque pas, d'où la maladie est quasiment absente (ou brève). On sait que ça passe d'abord et avant tout par le carburant qu'on met dans notre bolide. Notre «métabolide», comme on dit en plaisantant chez nous pour parler du métabolisme nerveux et rapide de l'un d'entre nous — ce n'est pas moi!
L'alimentation d'abord, et absolument. L'alimentation qui influence notre état psychologique aussi bien que physique. Mais ce n'est pas tout. On sait que pour profiter d'une bonne santé, on gagne à bouger: faire nos 10 000 pas par jour et s'amuser en choisissant un sport comme loisir. On sait que la méditation tient le stress en laisse et que le sport l'évacue, que l'équilibre entre le travail, la vie de famille et la vie personnelle permet de garder la tête hors de l'eau.
Si cet équilibre guide nos choix, les déséquilibres inévitables — que ce soit la surcharge de travail ou le congé de maternité — sont alors perçus comme des occasions d'accomplissement personnel, à l'intensité circonscrite dans le temps et pleinement assumée. La surcharge sera fatigante, bien entendu, mais on trouvera tout de même le temps d'aller voir une massothérapeute, de garder une heure pour le gym ou la piscine. Et on fera super attention à ce qu'on mange.
Comment atteindre cette vie idéale? Je ne sais pas pour vous, mais moi, aujourd'hui, je vais aller au Palais des congrès visiter l'expo Manger santé pour m'inspirer. En effet, dans le tourbillon de la vie, on oublie toujours ce qui nous fait du bien, et on a beau en connaître un bout, on en a toujours à apprendre. On a besoin de se faire rafraîchir la mémoire. On veut de nouveaux trucs pour varier les plaisirs. C'est comme au gym: faire toujours la même routine ne permet pas d'activer tous les muscles, il faut changer de temps en temps. En allant visiter cette expo, c'est ce que je ferai: renouveler mes connaissances, les idées qui me plairont et que je trouverai simple à intégrer à ma vie.
Mais peut-être ne cherchez-vous pas la qualité de vie, peut-être n'êtes-vous pas curieux, peut-être n'aimez-vous pas le changement? Je reste toujours interdite devant les gens qui n'aiment pas le changement. La vie est mouvement, donc changement, non? Renée Frappier, qui a lancé cette expo en 1997, a vu les gens évoluer: «Ce qui me surprend à chaque année, c'est de voir la variété de gens que je réussis à déplacer: des personnes de tous les âges, beaucoup d'hommes, des jeunes filles de 18 ans... » Et que lui disent ces gens? «Le mot "énergie" revient souvent. À force de manger trop gras, trop salé, trop sucré, tu as moins d'énergie, et la vie, c'est de l'énergie. Ou alors il y a des gens qui viennent d'apprendre qu'ils ont une allergie au blé. Et, ce qui est fort à l'expo, c'est de retrouver le même jour, dans le même lieu, les meilleures ressources. Beaucoup de gens me disent que mieux manger a vraiment changé leur vie.»
Comme Renée Frappier a une vision holistique de la santé, elle voit la vie comme un tout, et elle parle de santé globale. Ça signifie forcément la terre — d'où sortent les aliments — et l'environnement. «On a réussi cette année à obtenir des dépliants et des affiches faits à 100 % de papier recyclé: on a sauvegardé 18 arbres adultes. On a mis en place un système de récupération des déchets au Palais des congrès: j'engage une compagnie et elle m'envoie par la suite un rapport sur les tonnes de carton récupéré.» Auriez-vous imaginé, amis lecteurs, que le Palais des congrès n'avait aucune préoccupation à propos de la récupération? C'est vrai qu'à voir le béton gris dont ces gens aiment s'entourer...
Pourriez-vous, vous, faire le lien entre l'alimentation et les accords de Kyoto? Renée Frappier vous dira: «Manger plus cru ou moins cuit, moins loin, moins transformé: ça économise l'énergie, c'est en accord avec Kyoto! Les gens commencent doucement à s'apercevoir que ça n'a aucun sens que notre alimentation vienne du bout du monde: on ne sait pas comment c'est produit, ni comment c'est transformé!» J'ajouterai ceci: plus proche = plus frais = meilleur au goût.
J'ai une idée du travail que représente l'organisation d'une expo d'une telle ampleur (200 stands!). Neuf mois de travail pour deux jours à Montréal et un autre week-end à Québec. «C'est pour le faire de mieux en mieux chaque année que je continue. On s'ambitionne, comme disait ma grand-mère!»
Le mérite de cette femme, vous n'imaginez pas! Sans soutien des gouvernements, pas un sou, même pour la récupération!
Ne pense-t-on pas, au fond, que la santé, c'est comme le talent, c'est un don et donc... ça devrait être gratuit?
Lire:
- Les Conseils santé d'Isabelle, Isabelle Huot, Publistar. Une excellente synthèse des ressources sur la santé et l'alimentation.
- Le Guide de l'alimentation pour les familles, Dr Paule Nathan, Odile Jacob. Précis, utile, sauf évidemment la composition des repas: il y autant d'écoles de pensée que de bouquins!
vallieca@hotmail.com
Qu'est-ce qui nous intéresse quand on est bien portant? La subtilité, mes chers amis. Pourquoi le coup de pompe à 14h? Comment éliminer ces horribles crampes menstruelles? Pourquoi les enfants sont-ils turbulents en classe? Toutes sortes de questions de la sorte qu'on se pose sans y prêter attention et sans chercher de réponse. On se contente d'être un peu malheureux, et c'est la vie.
Eh bien voilà, c'est peut-être la vie, ce n'est peut-être pas la maladie, mais ce n'est pas la santé. En opposant la santé à la maladie, on finit par croire que si on n'est pas malade, on est en santé. C'est manquer de subtilité.
Remarquez, on sait de plus en plus ce qu'il faut faire pour être en santé, pour vivre une vie où l'énergie ne manque pas, d'où la maladie est quasiment absente (ou brève). On sait que ça passe d'abord et avant tout par le carburant qu'on met dans notre bolide. Notre «métabolide», comme on dit en plaisantant chez nous pour parler du métabolisme nerveux et rapide de l'un d'entre nous — ce n'est pas moi!
L'alimentation d'abord, et absolument. L'alimentation qui influence notre état psychologique aussi bien que physique. Mais ce n'est pas tout. On sait que pour profiter d'une bonne santé, on gagne à bouger: faire nos 10 000 pas par jour et s'amuser en choisissant un sport comme loisir. On sait que la méditation tient le stress en laisse et que le sport l'évacue, que l'équilibre entre le travail, la vie de famille et la vie personnelle permet de garder la tête hors de l'eau.
Si cet équilibre guide nos choix, les déséquilibres inévitables — que ce soit la surcharge de travail ou le congé de maternité — sont alors perçus comme des occasions d'accomplissement personnel, à l'intensité circonscrite dans le temps et pleinement assumée. La surcharge sera fatigante, bien entendu, mais on trouvera tout de même le temps d'aller voir une massothérapeute, de garder une heure pour le gym ou la piscine. Et on fera super attention à ce qu'on mange.
Comment atteindre cette vie idéale? Je ne sais pas pour vous, mais moi, aujourd'hui, je vais aller au Palais des congrès visiter l'expo Manger santé pour m'inspirer. En effet, dans le tourbillon de la vie, on oublie toujours ce qui nous fait du bien, et on a beau en connaître un bout, on en a toujours à apprendre. On a besoin de se faire rafraîchir la mémoire. On veut de nouveaux trucs pour varier les plaisirs. C'est comme au gym: faire toujours la même routine ne permet pas d'activer tous les muscles, il faut changer de temps en temps. En allant visiter cette expo, c'est ce que je ferai: renouveler mes connaissances, les idées qui me plairont et que je trouverai simple à intégrer à ma vie.
Mais peut-être ne cherchez-vous pas la qualité de vie, peut-être n'êtes-vous pas curieux, peut-être n'aimez-vous pas le changement? Je reste toujours interdite devant les gens qui n'aiment pas le changement. La vie est mouvement, donc changement, non? Renée Frappier, qui a lancé cette expo en 1997, a vu les gens évoluer: «Ce qui me surprend à chaque année, c'est de voir la variété de gens que je réussis à déplacer: des personnes de tous les âges, beaucoup d'hommes, des jeunes filles de 18 ans... » Et que lui disent ces gens? «Le mot "énergie" revient souvent. À force de manger trop gras, trop salé, trop sucré, tu as moins d'énergie, et la vie, c'est de l'énergie. Ou alors il y a des gens qui viennent d'apprendre qu'ils ont une allergie au blé. Et, ce qui est fort à l'expo, c'est de retrouver le même jour, dans le même lieu, les meilleures ressources. Beaucoup de gens me disent que mieux manger a vraiment changé leur vie.»
Comme Renée Frappier a une vision holistique de la santé, elle voit la vie comme un tout, et elle parle de santé globale. Ça signifie forcément la terre — d'où sortent les aliments — et l'environnement. «On a réussi cette année à obtenir des dépliants et des affiches faits à 100 % de papier recyclé: on a sauvegardé 18 arbres adultes. On a mis en place un système de récupération des déchets au Palais des congrès: j'engage une compagnie et elle m'envoie par la suite un rapport sur les tonnes de carton récupéré.» Auriez-vous imaginé, amis lecteurs, que le Palais des congrès n'avait aucune préoccupation à propos de la récupération? C'est vrai qu'à voir le béton gris dont ces gens aiment s'entourer...
Pourriez-vous, vous, faire le lien entre l'alimentation et les accords de Kyoto? Renée Frappier vous dira: «Manger plus cru ou moins cuit, moins loin, moins transformé: ça économise l'énergie, c'est en accord avec Kyoto! Les gens commencent doucement à s'apercevoir que ça n'a aucun sens que notre alimentation vienne du bout du monde: on ne sait pas comment c'est produit, ni comment c'est transformé!» J'ajouterai ceci: plus proche = plus frais = meilleur au goût.
J'ai une idée du travail que représente l'organisation d'une expo d'une telle ampleur (200 stands!). Neuf mois de travail pour deux jours à Montréal et un autre week-end à Québec. «C'est pour le faire de mieux en mieux chaque année que je continue. On s'ambitionne, comme disait ma grand-mère!»
Le mérite de cette femme, vous n'imaginez pas! Sans soutien des gouvernements, pas un sou, même pour la récupération!
Ne pense-t-on pas, au fond, que la santé, c'est comme le talent, c'est un don et donc... ça devrait être gratuit?
Lire:
- Les Conseils santé d'Isabelle, Isabelle Huot, Publistar. Une excellente synthèse des ressources sur la santé et l'alimentation.
- Le Guide de l'alimentation pour les familles, Dr Paule Nathan, Odile Jacob. Précis, utile, sauf évidemment la composition des repas: il y autant d'écoles de pensée que de bouquins!
vallieca@hotmail.com
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