Santé et Services sociaux - Le plan d'action en santé mentale ignore la prévention
Amorcées discrètement en janvier, les consultations sur le Plan d'action en santé mentale 2005-08 du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) ne se font pas sans vagues. Si certains organismes préfèrent patienter jusqu'au dépôt officiel du plan avant de se prononcer, d'autres n'hésitent pas à rendre publiques leurs craintes, les uns dénonçant les incohérences, les autres les oublis ou les failles du plan du ministre Couillard dans l'espoir que leurs critiques soient retenues.
Les remontrances les plus vives proviennent des observateurs du Centre d'écoute et de référence de l'UQAM, qui s'inquiètent du virage médical proposé par le plan. Dans une lettre signée par son président, Daniel Clapin-Pépin, et un bénévole, Jean-Michel Pionetti, le centre déplore le «double langage» utilisé par le ministère pour jeter de la poudre aux yeux des intervenants. «Disons-le tout de suite, ce nouveau plan, fort de sa modernité et d'un très bel énoncé de principes, fait l'impasse totale sur les volets information, promotion et prévention pour ne conserver que la voie médicalisée», écrivent-ils.
Les objectifs sont pourtant bons, juge M. Pionetti. Dans son plan, le ministère insiste sur sa volonté de répondre de façon «moderne et efficace» à la demande en matière de santé mentale. Pourtant, ceux qui sont au coeur des actions préventives, les organismes communautaires, sont complètement occultés du plan d'action, dénonce le duo. Dans sa section «services requis», le plan ministériel conclut en effet qu'«aucune action prioritaire n'est prévue dans le plan d'action pour la promotion, la prévention, les services généraux et la consultation en médecine générale».
Selon MM. Clapin-Pépin et Pionetti, le ministère fait fausse route. «Cette mise de côté par le plan d'action des organismes communautaires apparaît moins comme un non-sens qu'un contresens alors que, l'actualité nous le rappelle encore de façon criante, la détresse psychologique n'attend pas toujours un acte médical pour faire ses ravages», concluent-ils.
Bien qu'elle se dise de façon générale «très favorable» aux principes proposés, la Fédération des cégeps a elle aussi de sérieuses interrogations. Hier, elle s'est dite inquiète de voir qu'aucune place ne lui a été réservée alors que ses établissements comptent parmi les meilleurs lieux d'intervention auprès des jeunes de 15 à 24 ans, eux qui accueillent près de 150 000 jeunes chaque année.
«Le plan reconnaît l'importance de l'étape jeune adulte, qui nécessite des interventions spécifiques, mais nous désirons être des partenaires officiels dans ce processus au niveau tant préventif que curatif. Nous voulons nous assurer que nous ne sommes pas oubliés», a expliqué Hélène Giguère, présidente du comité santé de la commission des affaires étudiantes à la fédération.
Le volet du plan portant sur le suicide devra également être revu, juge la fédération, qui demande à Québec de reconnaître les cégeps comme des partenaires dans la lutte contre le suicide. Un financement récurrent de 250 000 $ pour l'ensemble des établissements du réseau collégial public, soit 5000 $ par collège, constituerait à cet égard un seuil minimal.
La semaine dernière, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) émettait elle aussi des réserves, bien qu'elle souscrive «entièrement aux objectifs visés par un tel plan». Première inquiétude: les rouages du guichet unique, qui pourraient, selon elle, devenir trop rigides et empêcher le médecin de famille d'intervenir. Plutôt qu'un passage obligé, la fédération plaide en faveur d'un soutien dans les cas plus complexes.
Autre incertitude: la sectorisation à outrance qui se dessine avec ce nouveau plan, qui obligerait ainsi un patient à se faire soigner dans un milieu donné. «Cela irait à l'encontre de la mobilité naturelle des personnes, particulièrement dans les grands centres urbains, et de leur droit à se faire soigner par le médecin de leur choix», juge son président, le Dr Renald Dutil.
Le Dr Dutil croit aussi qu'on ne peut pas procéder à un transfert accru des responsabilités vers la première ligne de soins sans l'ajout de ressources additionnelles, humaines et financières. «Il manque toujours près de 800 omnipraticiens au Québec», a-t-il rappelé.
Les remontrances les plus vives proviennent des observateurs du Centre d'écoute et de référence de l'UQAM, qui s'inquiètent du virage médical proposé par le plan. Dans une lettre signée par son président, Daniel Clapin-Pépin, et un bénévole, Jean-Michel Pionetti, le centre déplore le «double langage» utilisé par le ministère pour jeter de la poudre aux yeux des intervenants. «Disons-le tout de suite, ce nouveau plan, fort de sa modernité et d'un très bel énoncé de principes, fait l'impasse totale sur les volets information, promotion et prévention pour ne conserver que la voie médicalisée», écrivent-ils.
Les objectifs sont pourtant bons, juge M. Pionetti. Dans son plan, le ministère insiste sur sa volonté de répondre de façon «moderne et efficace» à la demande en matière de santé mentale. Pourtant, ceux qui sont au coeur des actions préventives, les organismes communautaires, sont complètement occultés du plan d'action, dénonce le duo. Dans sa section «services requis», le plan ministériel conclut en effet qu'«aucune action prioritaire n'est prévue dans le plan d'action pour la promotion, la prévention, les services généraux et la consultation en médecine générale».
Selon MM. Clapin-Pépin et Pionetti, le ministère fait fausse route. «Cette mise de côté par le plan d'action des organismes communautaires apparaît moins comme un non-sens qu'un contresens alors que, l'actualité nous le rappelle encore de façon criante, la détresse psychologique n'attend pas toujours un acte médical pour faire ses ravages», concluent-ils.
Bien qu'elle se dise de façon générale «très favorable» aux principes proposés, la Fédération des cégeps a elle aussi de sérieuses interrogations. Hier, elle s'est dite inquiète de voir qu'aucune place ne lui a été réservée alors que ses établissements comptent parmi les meilleurs lieux d'intervention auprès des jeunes de 15 à 24 ans, eux qui accueillent près de 150 000 jeunes chaque année.
«Le plan reconnaît l'importance de l'étape jeune adulte, qui nécessite des interventions spécifiques, mais nous désirons être des partenaires officiels dans ce processus au niveau tant préventif que curatif. Nous voulons nous assurer que nous ne sommes pas oubliés», a expliqué Hélène Giguère, présidente du comité santé de la commission des affaires étudiantes à la fédération.
Le volet du plan portant sur le suicide devra également être revu, juge la fédération, qui demande à Québec de reconnaître les cégeps comme des partenaires dans la lutte contre le suicide. Un financement récurrent de 250 000 $ pour l'ensemble des établissements du réseau collégial public, soit 5000 $ par collège, constituerait à cet égard un seuil minimal.
La semaine dernière, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) émettait elle aussi des réserves, bien qu'elle souscrive «entièrement aux objectifs visés par un tel plan». Première inquiétude: les rouages du guichet unique, qui pourraient, selon elle, devenir trop rigides et empêcher le médecin de famille d'intervenir. Plutôt qu'un passage obligé, la fédération plaide en faveur d'un soutien dans les cas plus complexes.
Autre incertitude: la sectorisation à outrance qui se dessine avec ce nouveau plan, qui obligerait ainsi un patient à se faire soigner dans un milieu donné. «Cela irait à l'encontre de la mobilité naturelle des personnes, particulièrement dans les grands centres urbains, et de leur droit à se faire soigner par le médecin de leur choix», juge son président, le Dr Renald Dutil.
Le Dr Dutil croit aussi qu'on ne peut pas procéder à un transfert accru des responsabilités vers la première ligne de soins sans l'ajout de ressources additionnelles, humaines et financières. «Il manque toujours près de 800 omnipraticiens au Québec», a-t-il rappelé.
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