Un hôpital sur deux sites - Une «erreur monumentale», soutiennent les cadres du CHUM
Une «erreur monumentale», voilà comment les cadres du Centre hospitalier de l'Université de Montréal qualifient la proposition d'un hôpital sur deux sites telle qu'évaluée par les deux experts mandatés par Québec. Du même souffle, les 186 cadres exhortent le premier ministre Charest à renoncer au fractionnement du CHUM, une option qui «reviendrait à reléguer le patient au dernier plan».
La position des gestionnaires du CHUM est claire. Aucune adresse ne sera adéquate si elle ne permet pas la réalisation immédiate du projet d'hôpital universitaire. Dans une lettre que nous publions ce matin dans nos pages, les cadres rappellent que seul un «CHU adulte complet comportant un minimum de 700 lits sur un site unique, opérationnel en 2010 et comprenant toutes les spécialités, les plateaux techniques, les installations ambulatoires ainsi que les infrastructures d'enseignement et de recherche», est acceptable.
Véritable cri du coeur, la lettre des cadres est aussi une prise de position dans un débat qui leur glisse entre les doigts. «Jusqu'à maintenant, les cadres avaient laissé le travail aux autorités en charge, mais on se rend compte que beaucoup de personnes émettent leur opinion alors que ce CHUM-là, c'est nous qui allons l'habiter», a commenté hier la directrice des soins infirmiers, Esther Leclerc.
Déplacements de patients
La perspective d'un CHUM bicéphale y est battue en brèche. «Après 25 ans de présence au CHUM, je peux vous dire que la gestion sur deux sites va rendre inacceptable — quoi que j'hésite à dire inacceptable parce que cela présume qu'on ne l'accepte pas — notre pratique», a poursuivi Mme Leclerc.
Selon ces cadres, un fractionnement des services forcerait les déplacements de patients d'un site à un autre, en plus de compliquer la gestion des listes de garde et de multiplier le nombre d'équipements et les coûts de fonctionnement.
Sans compter que cela engagerait une flambée des coûts. «La répartition des activités sur deux sites signifierait des coûts d'entretien et d'énergie plus élevés d'environ 30 % et entraînerait un dédoublement de services ainsi qu'une perte d'efficacité qui se traduirait aussi par des coûts supplémentaires», écrivent-ils.
À l'heure actuelle, le triplement d'équipements, de fournitures et de services associé à la configuration du CHUM entraîne des coûts de fonctionnement supplémentaires de quelque 30 à 40 millions annuellement.
Un atout, mais...
Quant au projet d'une technopole de la santé et du savoir, les signataires jugent que cet atout «majeur» ne peut justifier la réduction du nombre de lits et la répartition sur deux sites.
Par ailleurs, le Comité des sciences de la vie du Montréal métropolitain (le CSVMM) a soumis un mémoire au comité Couture-St-Pierre dans lequel il conclut que, parmi les propositions présentement à l'étude, «seul le site de la gare de triage d'Outremont créera la synergie nécessaire à l'essor d'un pôle de développement économique en sciences de la vie», a-t-il fait savoir par voie de communiqué.
Le comité estime en outre que le CHUM doit constituer un point d'ancrage pour le développement d'une technopole des sciences de la vie dans le Montréal métropolitain.
Cet appel en faveur d'Outremont a aussi été repris par des médecins de l'Hôtel-Dieu, Redouane Bouali, Jean-Louis Chiasson, Jean Éthier, Jean-Pierre Guay, André Lacroix. Dans une lettre envoyée aux médias, le quintette juge que les propositions de construire le CHUM sans les facultés des sciences de la santé sur les sites des hôpitaux Saint-Luc ou Hôtel-Dieu ne sont que «des vestiges de guerres de clochers désuètes et ne permettront pas de créer ce complexe hospitalo-universitaire de la santé de l'Université de Montréal».
Qualifiant le projet du site Acadie-Beaumont d'«opportunité formidable», ceux-ci invitent le gouvernement, à l'instar de plus de 420 médecins et chercheurs du CHUM, à appuyer le projet de l'Université de Montréal à Outremont.
La position des gestionnaires du CHUM est claire. Aucune adresse ne sera adéquate si elle ne permet pas la réalisation immédiate du projet d'hôpital universitaire. Dans une lettre que nous publions ce matin dans nos pages, les cadres rappellent que seul un «CHU adulte complet comportant un minimum de 700 lits sur un site unique, opérationnel en 2010 et comprenant toutes les spécialités, les plateaux techniques, les installations ambulatoires ainsi que les infrastructures d'enseignement et de recherche», est acceptable.
Véritable cri du coeur, la lettre des cadres est aussi une prise de position dans un débat qui leur glisse entre les doigts. «Jusqu'à maintenant, les cadres avaient laissé le travail aux autorités en charge, mais on se rend compte que beaucoup de personnes émettent leur opinion alors que ce CHUM-là, c'est nous qui allons l'habiter», a commenté hier la directrice des soins infirmiers, Esther Leclerc.
Déplacements de patients
La perspective d'un CHUM bicéphale y est battue en brèche. «Après 25 ans de présence au CHUM, je peux vous dire que la gestion sur deux sites va rendre inacceptable — quoi que j'hésite à dire inacceptable parce que cela présume qu'on ne l'accepte pas — notre pratique», a poursuivi Mme Leclerc.
Selon ces cadres, un fractionnement des services forcerait les déplacements de patients d'un site à un autre, en plus de compliquer la gestion des listes de garde et de multiplier le nombre d'équipements et les coûts de fonctionnement.
Sans compter que cela engagerait une flambée des coûts. «La répartition des activités sur deux sites signifierait des coûts d'entretien et d'énergie plus élevés d'environ 30 % et entraînerait un dédoublement de services ainsi qu'une perte d'efficacité qui se traduirait aussi par des coûts supplémentaires», écrivent-ils.
À l'heure actuelle, le triplement d'équipements, de fournitures et de services associé à la configuration du CHUM entraîne des coûts de fonctionnement supplémentaires de quelque 30 à 40 millions annuellement.
Un atout, mais...
Quant au projet d'une technopole de la santé et du savoir, les signataires jugent que cet atout «majeur» ne peut justifier la réduction du nombre de lits et la répartition sur deux sites.
Par ailleurs, le Comité des sciences de la vie du Montréal métropolitain (le CSVMM) a soumis un mémoire au comité Couture-St-Pierre dans lequel il conclut que, parmi les propositions présentement à l'étude, «seul le site de la gare de triage d'Outremont créera la synergie nécessaire à l'essor d'un pôle de développement économique en sciences de la vie», a-t-il fait savoir par voie de communiqué.
Le comité estime en outre que le CHUM doit constituer un point d'ancrage pour le développement d'une technopole des sciences de la vie dans le Montréal métropolitain.
Cet appel en faveur d'Outremont a aussi été repris par des médecins de l'Hôtel-Dieu, Redouane Bouali, Jean-Louis Chiasson, Jean Éthier, Jean-Pierre Guay, André Lacroix. Dans une lettre envoyée aux médias, le quintette juge que les propositions de construire le CHUM sans les facultés des sciences de la santé sur les sites des hôpitaux Saint-Luc ou Hôtel-Dieu ne sont que «des vestiges de guerres de clochers désuètes et ne permettront pas de créer ce complexe hospitalo-universitaire de la santé de l'Université de Montréal».
Qualifiant le projet du site Acadie-Beaumont d'«opportunité formidable», ceux-ci invitent le gouvernement, à l'instar de plus de 420 médecins et chercheurs du CHUM, à appuyer le projet de l'Université de Montréal à Outremont.
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