vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 01h26
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Santé - Aide-toi...

22 janvier 2005  Santé
Le mouvement américain qu'on a appelé self-help fait rouler tout un pan du marché du livre. Dorénavant, il fera partie du monde de certains médecins, en Grande-Bretagne, qui trouvent que l'énorme quantité d'antidépresseurs consommés n'a pas rendu les gens plus heureux. Ils devraient nous inspirer.

Ces médecins britanniques ont été recrutés dans le Devon, une région du sud-ouest de la Grande-Bretagne. L'expérience vient de commencer. D'ici le milieu de l'année, le chercheur de l'université de Plymouth qui lance l'aventure espère avoir recruté 70 ou 80 cliniques où cinq médecins en moyenne à chaque endroit ont accepté de participer au projet.

Si les Britanniques n'ont pas davantage le temps de parler avec leur clientèle mentalement malade que les médecins d'ici, les chercheurs ont suggéré qu'une bonne solution de rechange serait... la lecture! Tous ces livres-conseils qui encombrent les tablettes ont finalement du bon... en plus de ne pas faire attendre six mois le début d'une solution.

Je reçois ces ouvrages à hauteur de, oh!, peut-être une vingtaine entre septembre et décembre, la grosse saison de mise en marché jusqu'au Salon du livre. Beaucoup de traductions de l'américain, tendance côte Ouest. Ça va de l'agriculture biologique aux émotions troubles, c'est lié à la santé et... ça explique, illustre, propose.

Le mouvement self-help est une extension de la recherche du bonheur, d'une spiritualité incarnée dans la vie contemporaine. D'un volontarisme aussi, qui conteste les institutions pour trouver des voies personnalisées, ce «small is beautiful» qui ne se dit plus mais qui se manifeste dans la vie communautaire.

Depuis le Collectif des femmes de Boston avec son livre Notre corps nous-mêmes jusqu'aux livres publiés ici par les Éditions du Remue-Ménage, l'offre s'est élargie, diversifiée, étoffée. Il y en a pour l'estime de soi aussi bien que pour les crises de panique. Les affirmations positives y sont à l'honneur; ça ne fait pas dans l'analyse sociale: ça donne des trucs. Des conseils. On nous explique comment atteindre... tout!

Un mouvement populaire

Avec sa cohorte de maîtres à penser — y compris des gens d'ici — qui rayonne plus ou moins jusqu'à nous, cette mouvance ne se retrouve guère dans les médias de masse. Elle rejoint pourtant un nombre étonnant de personnes, et peut-être surtout des femmes. Je serais d'ailleurs curieuse d'en connaître la portée véritable. Je me demande si un sociologue se serait penché sur le sujet.

Il serait intéressant de savoir combien de gens suivent des cours de croissance personnelle, de guérison énergétique et autres méthodes (par curiosité, allez voir le calendrier d'alchymed.com: les yeux vont vous sortir des orbites). Ça va des relations mauves à l'argent par droit divin... à condition d'y croire et de suivre la voie. Et ne croyez pas que je dénigre la démarche: la distance ne rend pas myope.

Les ouvrages de self-help sont écrits par des gens qui ont pratiqué ce qu'ils professent ou par des savants qui ont étudié leur sujet, auquel cas ils ajoutent des histoires de gens qui ont réussi pour bien montrer que leur approche est valide. Ces livres accompagnent, inspirent et peuvent certainement aider à passer au-travers d'un épisode de tristesse, de pertes d'enthousiasme ou d'énergie. Ces désenchantements sont présentés comme une occasion de découvertes.

C'est sans doute la plus grande différence quand on met la psychothérapie à côté de ces livres. Un psy ne vous conseille pas: il vous amène à découvrir votre chemin, vos motivations, vos noeuds. Vous faites le travail, accompagné, guidé. Le livre de self-help peut vous faire travailler sur les mêmes enjeux, mais vous êtes seuls et pouvez lire bêtement, inefficacement... ou vous pouvez l'utiliser comme un outil — c'est ce à quoi il prétend. On ne le lit pas d'un trait, on le déguste par petits morceaux. C'est un manuel, pas un roman!

Comment choisir

Mais parmi toutes ces propositions, comment choisir? C'est sans doute ce que s'est dit le professeur Farrand, en Grande-Bretagne, car il s'inspire d'une liste d'ouvrages mise au point par une autre équipe à Cardiff, dans le pays de Galles. Là-bas, ils appellent ça la bibliothérapie! Ils ont choisi 35 ouvrages appartenant à l'approche béhaviorale, ont passé des ententes avec les bibliothèques locales pour s'assurer d'un stock de livres et ont écrit des prescriptions avec des noms d'auteurs plutôt que de médicaments... Ça roule depuis mars 2003 et, au cours des six premiers mois, 1600 livres ont été empruntés. On peut consulter cette liste à l'adresse suivante: www.research.plymouth.ac.uk/pei/projects/selfhelpbookspresc/booklist.htm.

L'argumentaire de ces équipes est simple: 90 % des gens souffrant de dépression — de légère à modérée — ne sont pas traités. Ceux qui consultent des généralistes bouffent des pilules à qui mieux mieux; pourtant, les sondages montrent qu'ils souhaiteraient avoir une aide psychologique. Mais les besoins sont supérieurs à l'offre de psychothérapie. Comment résoudre ce problème?... Proposer des lectures grand public quand on est un savant, il fallait y penser!

J'ajouterais en terminant que les effets secondaires de la lecture sont plus positifs que, mettons, le Prozac chez les ados. Que lire idiot, comme disent les Français, est néfaste si on se nie pour adopter les idées du jour, le positivisme à tout prix par exemple. Mais pour en avoir beaucoup lu, dont d'excellents, pour avoir été influencée, certainement, par les idées que j'y ai trouvées, je sais que ces livres peuvent nous aider. Ils ne prennent pas de vacances et sont disponibles même au milieu de la nuit.

Cependant, ils ne font pas d'efforts pour nous et ne nous changent pas! Et, tiens, si vous êtes néophyte dans le domaine, Louise Hay, une pionnière du mouvement, prolifique auteur et éditrice, vient d'être traduite. Son petit livre Oui, je peux est accompagné d'un CD (Éditions AdA). Vous aurez un aperçu de ce que le self-help professe et peut faire pour vous... si vous vous y mettez!

***

Pour en savoir plus sur l'étude britannique: www.research.plymouth.ac.uk/pei/projects/selfhelpbookspresc/index.htm, ... et sur ce qui l'a inspirée: www.wales.nhs.uk/sites/page.cfm?orgid=405&pid=4651.

vallieca@hotmail.com
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Publicité

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012