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Nouveau cas confirmé de vache folle: Ottawa se fait rassurant

Louise-Maude Rioux Soucy   4 janvier 2005  Santé
Le premier cas de vache folle canadienne avait paralysé l'industrie bovine de tout le pays en 2003, mais la confirmation dimanche d'un second cas d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) en Alberta n'engagera rien de tel, a promis hier le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, Andy Mitchell. Pour le moment, seule la ferme d'origine de l'animal malade a été mise en quarantaine.

La mesure a été jugée suffisante par le ministère américain de l'Agriculture (USDA) qui a confirmé hier qu'il n'envisageait pas revenir sur sa décision d'alléger les restrictions aux importations de bovins canadiens dès mars prochain, au grand dam de plusieurs éleveurs américains qui ont dénoncé haut et fort cette décision.

Manifestement soulagé par cet appui américain, le ministre Mitchell a tenu à rassurer la population quant à la qualité et à la sécurité du boeuf canadien. «Aucune partie de l'animal n'a été transformée en nourriture pour humains ou pour animaux», a-t-il précisé. S'il n'exclut pas d'autres cas, le ministre assure que ceux-ci seront vraisemblablement peu nombreux, tout en étant incapable d'avancer un chiffre.

Les autorités sanitaires ont profité de ce point de presse pour annoncer que la ferme d'origine de l'animal infecté avait été retrouvée en Alberta et que ses quelque 200 bêtes avaient été mises en quarantaine. Deux autres fermes où a séjourné le bovin malade ont également été mises sous surveillance. Âgée de huit ans, la vache laitière est née avant l'interdiction d'utiliser de la farine animale dans l'alimentation du bétail décrétée en 1997.

Les enquêteurs de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) s'attellent maintenant à reconstituer les autres déplacements de l'animal malade et les déplacements des animaux nés dans la ferme d'origine 12 mois avant et après la naissance de celui-ci. Selon le Dr Francine Lord, gestionnaire nationale à l'ACIA, ce nouveau cas appuie la théorie voulant que le Canada ait affaire à une faible incidence d'ESB.

«Les animaux exposés à une forte infectivité montreront des signes de maladie à un très jeune âge. Tous les animaux nord-américains se sont révélés être de vieux animaux, ce qui signifie qu'ils ont probablement été exposés à de faibles doses de l'ESB», a expliqué le Dr Lord.

Réaction américaine

Dans un communiqué signé par le chef des services d'inspection vétérinaire du ministère de l'Agriculture, Ron DeHaven, le gouvernement américain a rappelé qu'il appuyait la position de l'Organisation mondiale de la santé animale qui juge qu'un pays peut être considéré comme «à moindre risque» avec moins de deux cas de vache folle sur un million de bovins de plus de 24 mois. «Étant donné que le Canada a environ 5,5 millions de bovins de plus de 24 mois, il pourrait détecter jusqu'à 11 cas de vache folle dans son cheptel et être toujours considéré comme un pays à risque minimal, aussi longtemps que ses mesures préventives restent en vigueur», a calculé Ron DeHaven.

Mais le Congrès américain pourrait bien forcer le gouvernement américain à revenir sur sa décision puisqu'il dispose de 60 jours pour modifier les textes proposés. Le débat s'annonce d'autant plus houleux que des voix discordantes se sont fait entendre hier un peu partout au pays de l'oncle Sam.

«Les États-Unis deviendront un dépotoir pour les produits inacceptables dans plus de 30 pays consommateurs de boeuf», s'est insurgé Leo McDonnel, président d'une coalition de plus de 10 000 membres qui sont bien déterminés à empêcher la levée des restrictions commerciales.

Le groupe a reçu l'appui du sénateur démocrate, Byron Dorgan, du Dakota du Nord, qui a pris la plume pour demander à la secrétaire américaine à l'agriculture, Ann Veneman, de suspendre le processus de réouverture de la frontière.






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