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Santé: Survivre aux Fêtes

11 décembre 2004  Santé
Ce que ça prend comme énergie, le temps des Fêtes... qu'on reçoive ou qu'on soit reçu! Les rhumes qu'on va partager, les soirées qui vont s'étirer... Rien qu'avec la bouffe, mes amis, on pourrait nourrir un village en Afrique. C'est probablement déjà commencé pour vous; en tout cas, moi, j'ai attrapé mon premier rhume, et je ne l'ai pas inventé! Parce qu'en plus de fêter la fin de l'année et Noël, il y a des sagittaires dans mon entourage — dont moi-même —, alors ça ne finit plus. Pas qu'on s'en plaigne, remarquez. Mais ça prend un plan de match pour ne pas succomber. Prêts?

Commençons par la grande bouffe. Peut-être êtes-vous en restrictions caloriques? Je pense à mon collègue Normand Lester, qui a déjà perdu 5,5 kilos en deux mois et qui ne veut pas les reprendre en deux semaines, on le comprend. Que pourra-t-il faire pour ne pas s'embêter autour d'une table? Jaser, d'abord. Comme on ne parle pas la bouche pleine... Il sera sympa, il offrira d'aider ses hôtes, de servir le vin ou de passer les plats... bref, il sera occupé, ça empêche de manger tout le temps! Autre occupation (mais celle-là, il aura pris le temps de l'organiser): un loisir sportif. Les experts disent que si vous planifiez une activité physique pendant les Fêtes, vous allez vouloir rester en forme. La plupart des clubs font relâche, les cours sont terminés, mais nous serons libres et futés. On ne se bat pas la coulpe en se traitant de paresseux, de lâche ou que sais-je. Non, non, on relâche, c'est un arrêt planifié qui permet d'intégrer ce qu'on a fait cet automne. En outre, mieux vaut un peu d'exercice que pas du tout, na.

La nutritionniste Isabelle Huot, qui conseille Normand, l'oblige à ne pas perdre de poids pendant les Fêtes. Il faut plutôt viser le maintien de son poids actuel. C'est un défi suffisant. Maintenant que les mentalités ont évolué, trouver des salades et des légumes sur la table n'est plus la croix et la bannière. Saviez-vous qu'un seul joli petit canapé est l'équivalent calorique d'un bol rempli de salade et de légumes? Quand on vise le gros volume léger, on atteint la satiété sans dommages collatéraux. Comme vous le savez, la règle d'or pour devenir ou rester mince, c'est de manger et de ne jamais avoir faim: c'est le choix des aliments qui compte, et le secret est dans la portion. Isabelle Huot m'a recommandé un bouquin qui donne justement les équivalences, ce qui permet de choisir — plutôt que de s'interdire —, et le livre a tout plein d'images, on aime ça! C'est Le Régime Shapiro (Marabout, 30 $), elle en dit du bien... pour qui ne veut pas pleurer toutes les larmes de son corps au matin du 5 janvier, quand le pèse-personne donnera le verdict.

Maintenant, les maladies. D'abord, la règle des deux heures. Si le buffet est bien garni, très bien. Si les aliments traînent sur la table plus de deux heures, c'est très mauvais. C'est le temps critique avant que le festin de Babette ne devienne celui des bactéries. Si vous recevez, pensez allergies, et ce n'est pas seulement le ménage qui compte: je me suis laissé dire que le cèdre et le genévrier dégagent du pollen à cette période de l'année. Et les asthmatiques n'aiment pas attraper de rhume. Je sais bien qu'il est inutile de suggérer de remettre la fête si vous êtes enrhumé, mais, au moins, lavez-vous souvent les mains et ne leur respirez pas au visage! Et il y a toujours les accidents bêtes, les chandelles qui mettent le feu, les arbres illuminés laissés sans surveillance. J'ai cherché sur Internet si le service de prévention des incendies de Montréal offrait des renseignements: nada, du verbiage creux. Dommage. Les parents ont toujours besoin de se faire dire que les enfants sont à risque dans le temps des Fêtes, il y a toujours un bambin qui finit par s'empoisonner en goûtant une jolie plante aux fruits rouges et toxiques... (Centre antipoison: 1 800 463-5060).

Évidemment, tout le monde n'a pas nécessairement une famille fréquentable, une ribambelle d'enfants autour de soi ou des fêtes de bureau. Parfois, Noël est une période de solitude et, quand on regarde les pubs ou qu'on écoute la radio, avec toutes ces images de fêtes glamour entre amis, on peut ressentir douloureusement l'isolement. Pas qu'on soit en dépression, mais on a le blues du temps des Fêtes. Les psychiatres qui se sont penchés sur ce malheur proposent d'offrir de son temps à un organisme d'aide (ils ont toujours des besoins supplémentaires dans le temps des Fêtes); ça permet, qui sait, de se faire de nouveaux amis. Quoi qu'il en soit, les conseils d'usage que l'on donne aux gens seuls, c'est de manger extrêmement bien, de dormir superbement bien, de boire modérément de très bons alcools. En plus de garder une routine, comme prendre l'air chaque jour après dîner. C'est une façon de combattre le blues du temps des Fêtes — qu'on attrape aussi quand on est trop fatigué d'avoir couru la galipotte! Quand on a l'horaire chamboulé, retourner à une routine quotidienne remet l'estomac en place.

Comme le dit Nicole Gratton dans son ouvrage Les Secrets de la vitalité (Flammarion), alimentation, air et sommeil sont les trois sources d'énergie de base. Quand la vie ordinaire respecte ces préceptes, on n'a pas besoin d'une chroniqueuse qui ramasse les trucs et astuces glanés ici et là. Quand la fête prend le contrôle et qu'on est sens dessus dessous, un petit coup de pouce est le bienvenu, et la synthèse de Nicole Gratton est bien utile. S'il vous reste assez d'énergie pour lire, bien entendu!
- Reçu: Le Développement de l'enfant au quotidien, par Francine Ferland. Édité par l'hôpital Sainte-Justine.
- Sortir pour la recherche médicale? Zachary Richard, Édith Butler, Bob Walsh et Wilfred LeBouthillier sur la même scène au profit de la lutte contre la fibrose kystique. Le 14 décembre au Palais des congrès. % 1 800 363-7711 ou www.aqfk.qc.ca.

vallieca@hotmail.com






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