Un médecin accuse - Les hôpitaux manquent de moyens pour «suivre» la C. Difficile
15 novembre 2004
Santé
Un spécialiste de la bactérie C. Difficile affirme que le programme mis sur pied par Québec pour suivre la progression de la maladie est un échec parce que les hôpitaux n'ont pas les ressources nécessaires pour y participer.
Le docteur Mark Miller, chef de la prévention des infections à l'Hôpital juif de Montréal, a écrit une lettre à la Direction de santé publique de Montréal pour se plaindre du programme de surveillance. Il a indiqué que le questionnaire créé par les autorités provinciales pour suivre la progression de la bactérie C. Difficile était trop long et trop détaillé pour pouvoir être rempli par des professionnels des soins de santé déjà suffisamment accaparés par leur travail.
«J'ignore quel soutien a été offert aux plus petits hôpitaux à ce sujet, a affirmé M. Miller. Même pour les plus gros hôpitaux, nous n'avons pas reçu de soutien financier pour ce système de surveillance en temps réel.»
Il s'attend à ce que le programme de suivi contienne des données incomplètes et peu, sinon pas du tout, d'informations sur le nombre de décès reliés à la bactérie.
La C. Difficile cause de graves problèmes de diarrhée et elle a entraîné la mort de 110 patients au Québec au cours des six premiers mois de l'année. À cela s'ajoutent 108 autres décès attribués indirectement à la bactérie.
La maladie a aussi fait des morts à Calgary et à Ottawa, mais les autorités croient que, dans ces villes, la souche est différente de celle, plus virulente, qui sévit au Québec.
Manque de ressources
Depuis la mise sur pied du système de suivi par le gouvernement du Québec, en août, chaque hôpital doit remplir un questionnaire qui comporte deux sections. La première est obligatoire et inclut les statistiques sur les infections. La seconde demande aux médecins de préciser, à leur discrétion, les détails relatifs aux symptômes des patients ainsi que le nombre de décès.
«La deuxième partie du programme de surveillance n'est pas faite dans mon établissement, a dit M. Miller. Je n'ai pas les ressources nécessaires pour aller dans le détail de chaque cas de C. Difficile.»
Le médecin a expliqué que chaque cas demandait au moins 30 minutes à des professionnels des soins de santé déjà débordés.
Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a dit qu'il comprenait les préoccupations de M. Miller, mais il a affirmé que le système de surveillance allait fonctionner adéquatement. «La plupart ou la totalité des hôpitaux du Québec sont connectés au système, a-t-il dit. Les données rentrent. S'il y a des gens qui ont de la difficulté à le mettre sur pied, on va les aider. Je sais qu'il y a des hôpitaux qui réussissent très bien à faire fonctionner ce programme.»
Un rapport publié en fin de semaine indique par ailleurs que certains médecins montréalais laissent les familles dans l'ignorance à propos du rôle de la C. Difficile dans le décès de leurs proches survenus cette année.
Une étude du journal The Gazette effectuée auprès de 10 hôpitaux indique que les familles de neuf victimes de la bactérie n'ont pas été prévenues que la bactérie était directement ou indirectement à l'origine de la mort.
Le docteur Mark Miller, chef de la prévention des infections à l'Hôpital juif de Montréal, a écrit une lettre à la Direction de santé publique de Montréal pour se plaindre du programme de surveillance. Il a indiqué que le questionnaire créé par les autorités provinciales pour suivre la progression de la bactérie C. Difficile était trop long et trop détaillé pour pouvoir être rempli par des professionnels des soins de santé déjà suffisamment accaparés par leur travail.
«J'ignore quel soutien a été offert aux plus petits hôpitaux à ce sujet, a affirmé M. Miller. Même pour les plus gros hôpitaux, nous n'avons pas reçu de soutien financier pour ce système de surveillance en temps réel.»
Il s'attend à ce que le programme de suivi contienne des données incomplètes et peu, sinon pas du tout, d'informations sur le nombre de décès reliés à la bactérie.
La C. Difficile cause de graves problèmes de diarrhée et elle a entraîné la mort de 110 patients au Québec au cours des six premiers mois de l'année. À cela s'ajoutent 108 autres décès attribués indirectement à la bactérie.
La maladie a aussi fait des morts à Calgary et à Ottawa, mais les autorités croient que, dans ces villes, la souche est différente de celle, plus virulente, qui sévit au Québec.
Manque de ressources
Depuis la mise sur pied du système de suivi par le gouvernement du Québec, en août, chaque hôpital doit remplir un questionnaire qui comporte deux sections. La première est obligatoire et inclut les statistiques sur les infections. La seconde demande aux médecins de préciser, à leur discrétion, les détails relatifs aux symptômes des patients ainsi que le nombre de décès.
«La deuxième partie du programme de surveillance n'est pas faite dans mon établissement, a dit M. Miller. Je n'ai pas les ressources nécessaires pour aller dans le détail de chaque cas de C. Difficile.»
Le médecin a expliqué que chaque cas demandait au moins 30 minutes à des professionnels des soins de santé déjà débordés.
Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a dit qu'il comprenait les préoccupations de M. Miller, mais il a affirmé que le système de surveillance allait fonctionner adéquatement. «La plupart ou la totalité des hôpitaux du Québec sont connectés au système, a-t-il dit. Les données rentrent. S'il y a des gens qui ont de la difficulté à le mettre sur pied, on va les aider. Je sais qu'il y a des hôpitaux qui réussissent très bien à faire fonctionner ce programme.»
Un rapport publié en fin de semaine indique par ailleurs que certains médecins montréalais laissent les familles dans l'ignorance à propos du rôle de la C. Difficile dans le décès de leurs proches survenus cette année.
Une étude du journal The Gazette effectuée auprès de 10 hôpitaux indique que les familles de neuf victimes de la bactérie n'ont pas été prévenues que la bactérie était directement ou indirectement à l'origine de la mort.
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