La pénurie de médecins va en s'aggravant
Le visage du médecin a changé à un point tel au cours des dernières années au Canada qu'il faudra un sérieux coup de barre de la part des deux ordres de gouvernement pour combler le déficit appréhendé, ont dénoncé hier les trois principales organisations médicales au pays. Et pour cause: de nos jours, les jeunes diplômés travaillent moins que leurs aînés qui, eux, songent massivement à la retraite.
Résultat: un grand vide menace l'accès aux soins, et ce, à très court terme. Le constat est en fait si «alarmant», jugent le Collège des médecins de famille du Canada (CMFC), l'Association médicale canadienne (AMC) et le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada (CRMCC), que le trio demande une réponse gouvernementale rapide afin de circonscrire la crise le plus vite possible, notamment en augmentant encore une fois le nombre d'étudiants en médecine.
«Ces départs auront des effets qui se feront sentir aussi tôt que l'année prochaine», a assuré en entrevue le Dr Alain Pavilanis, président désigné du CMFC au Québec. «Des gens se retrouveront sans médecin et ne pourront pas en trouver un autre, ce qui n'est guère surprenant quand on sait que le tiers au moins des médecins n'acceptent plus de nouveaux patients.»
Selon un sondage national réalisé auprès de 21 000 médecins pour le compte des trois organismes, pas moins de 60 % des médecins de famille ont choisi de limiter le nombre de nouveaux patients qu'ils voient ou même de ne pas voir de nouveaux patients. Autant de portes fermées auxquelles s'ajouteront celles des quelque 3800 médecins qui prendront leur retraite au cours des deux prochaines années.
Ce qui est nouveau, c'est que cette décision ne s'applique plus uniquement aux pratiques déjà bien établies mais également aux jeunes médecins de famille. En effet, près de la moitié des médecins de famille de moins de 35 ans rapportent que leur pratique est fermée en partie ou complètement fermée aux nouveaux patients.
Les retraités comme les nouveaux médecins sont plus nombreux à opter pour des horaires plus souples. La féminisation du métier n'y serait pas étrangère alors que les femmes forment désormais plus de la moitié des médecins diplômés des facultés de médecine. En moyenne, les femmes médecins travaillent environ sept heures de moins par semaine que leurs collègues de sexe masculin.
Mais il n'y a pas là un point de discorde, assure le Dr Pavilanis, qui y voit un exemple. «Ce changement n'est pas mauvais. Dans l'Union européenne, le travail d'un médecin est limité à 48 heures par semaine. Mais si on coupait les heures de travail des médecins canadiens selon ce standard, on aurait besoin de 10 000 nouveaux médecins, ne serait-ce que pour combler ces heures.»
Pour venir à bout de cette crise, les trois organismes invitent les gouvernements à hausser une fois de plus le nombre d'étudiants en médecine. «Les gouvernements ont déjà réagi et augmenté le nombre d'étudiants en médecine, mais ce n'est pas suffisant. On a raté la cible. On voudrait au moins 2500 étudiants alors qu'on n'en a que 2000», évalue le Dr Pavilanis.
Pour ce qui est de la filière des médecins étrangers, le CMFC reste très prudent. «Former un jeune Canadien coûte moins cher et demande moins d'énergie que de mettre à niveau des médecins étrangers. Un bon médecin doit quand même apprivoiser notre système, et c'est complexe, surtout s'il pratique depuis longtemps», plaide le Dr Pavilanis.
Résultat: un grand vide menace l'accès aux soins, et ce, à très court terme. Le constat est en fait si «alarmant», jugent le Collège des médecins de famille du Canada (CMFC), l'Association médicale canadienne (AMC) et le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada (CRMCC), que le trio demande une réponse gouvernementale rapide afin de circonscrire la crise le plus vite possible, notamment en augmentant encore une fois le nombre d'étudiants en médecine.
«Ces départs auront des effets qui se feront sentir aussi tôt que l'année prochaine», a assuré en entrevue le Dr Alain Pavilanis, président désigné du CMFC au Québec. «Des gens se retrouveront sans médecin et ne pourront pas en trouver un autre, ce qui n'est guère surprenant quand on sait que le tiers au moins des médecins n'acceptent plus de nouveaux patients.»
Selon un sondage national réalisé auprès de 21 000 médecins pour le compte des trois organismes, pas moins de 60 % des médecins de famille ont choisi de limiter le nombre de nouveaux patients qu'ils voient ou même de ne pas voir de nouveaux patients. Autant de portes fermées auxquelles s'ajouteront celles des quelque 3800 médecins qui prendront leur retraite au cours des deux prochaines années.
Ce qui est nouveau, c'est que cette décision ne s'applique plus uniquement aux pratiques déjà bien établies mais également aux jeunes médecins de famille. En effet, près de la moitié des médecins de famille de moins de 35 ans rapportent que leur pratique est fermée en partie ou complètement fermée aux nouveaux patients.
Les retraités comme les nouveaux médecins sont plus nombreux à opter pour des horaires plus souples. La féminisation du métier n'y serait pas étrangère alors que les femmes forment désormais plus de la moitié des médecins diplômés des facultés de médecine. En moyenne, les femmes médecins travaillent environ sept heures de moins par semaine que leurs collègues de sexe masculin.
Mais il n'y a pas là un point de discorde, assure le Dr Pavilanis, qui y voit un exemple. «Ce changement n'est pas mauvais. Dans l'Union européenne, le travail d'un médecin est limité à 48 heures par semaine. Mais si on coupait les heures de travail des médecins canadiens selon ce standard, on aurait besoin de 10 000 nouveaux médecins, ne serait-ce que pour combler ces heures.»
Pour venir à bout de cette crise, les trois organismes invitent les gouvernements à hausser une fois de plus le nombre d'étudiants en médecine. «Les gouvernements ont déjà réagi et augmenté le nombre d'étudiants en médecine, mais ce n'est pas suffisant. On a raté la cible. On voudrait au moins 2500 étudiants alors qu'on n'en a que 2000», évalue le Dr Pavilanis.
Pour ce qui est de la filière des médecins étrangers, le CMFC reste très prudent. «Former un jeune Canadien coûte moins cher et demande moins d'énergie que de mettre à niveau des médecins étrangers. Un bon médecin doit quand même apprivoiser notre système, et c'est complexe, surtout s'il pratique depuis longtemps», plaide le Dr Pavilanis.
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