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Paxil: au tour du Québec d'inscrire un recours collectif

Louise-Maude Rioux Soucy   7 octobre 2004  Santé
La sonnette d'alarme avait déjà été tirée par Santé Canada en juillet 2003. Le Paxil, un antidépresseur fabriqué par GlaxoSmithKline (GSK), ne devrait pas être administré aux enfants et aux adolescents. La conclusion n'est pas nouvelle puisque le géant pharmaceutique avait été informé des effets négatifs de sa molécule sur les enfants dès 1998. Le hic, c'est que GSK a attendu 2003 pour réagir. Voilà la faille qu'entend exploiter Me Serge Petit, qui a annoncé hier le dépôt d'un recours collectif devant la Cour supérieure de Montréal contre la société britannique.
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  • Martin Gignac
    Inscrit
    jeudi 7 octobre 2004 13h17
    Sonette d'alarme!
    « En tant que pedopsychiatre, je me dois de repondre a une presse
    alarmiste sur la question du traitement de la depression chez les
    enfants et adolescents.

    Sur le processus scientifique qui veut que certaines compagnies
    puissent cacher des resultats, je suis en parfait accord avec
    la denonciation de cette culture. Si le recours collectif vise a
    faire changer cette facon d'agir de l'industrie, je leur souhaite
    la meilleure des chances.

    Quant aux statistiques qui demontrent une activation des idees
    et gestes suicidiaires, plusieurs nuances doivent etre apportees
    au rapport dont cet article fait etat.

    D'abord, les idees suicidaires sont parties inherantes aux
    depressions. Le probleme releve ici de la separation statistique
    du placebo versus la molecule utilisee. Il faut cependant quantifier ces chiffres et les rapporter dans un certain contexte. Ceux dont
    j'ai ete informes citent une agmentation de 1% pour le placeboe
    et 3% pour les antidepresseurs. Il faut savoir que le cours naturel des idees suicidaires dans la population general est beaucoup plus eleve
    que ces faibles pourcentages. Mais, je ne discute pas des valeurs
    obtenues qui sont un signal important dans le monde de la recherche.

    Ce signal doit nous amener a poser certaines questions. D'ou
    cet autre point essentiel a la nuances des donnees et qui releve du diagnostic difficile a poser chez les plus jeunes. Leur presentation est
    souvent atypique et les depressions sont souvent le precurseur de
    troubles bipolaires chez les enfants et les adolescents. L'utilisation
    d'un antidepresseur en montherapie peut alors activer un trouble
    sous-jacent et pourrait encore une fois expliquer la tendance plus
    elevee a l'activation des agirs dans le group soumis aux molecules serotoninergiques.

    Enfin, il faut mentionner que les enfants et adolescents ont une reponse positive au placebo dans une proportion plus elevee
    que les etudes faites dans les populations adultes. L'efficacite des
    traitments antidepresseurs est donc plus difficile a demontrer.

    Les mots choisis dans cet article sont fortement charges et induisent une insecurite que la monde de la pedopsychiatrie portera longtemps. La depression est un trouble difficile a traiter et des histoires heureuses temoignent des benefices que ces molecules peuvent apporter- leur utilisation qui sera desormais davantage encadree
    est surement souhaitable, mais les proscrire totalement de
    la pratique medicale me semble un geste expeditif et non-indique
    a ce moment. »

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