Le sport, c'est la santé
28 août 2004
Santé
Quand j'ai entendu une athlète dire à la télé que notre façon de concevoir l'éducation et la santé devrait intégrer le sport, je me suis demandé combien de temps ça prendrait pour passer dans les cercles de décision.
Et dans les moeurs ? Les médias changeraient eux aussi, on se mettrait à nous montrer à des heures acceptables les jeux de ceci et les championnats de cela... peut-être même qu'on retirerait des ondes les mononcles qui parlent de la beauté ou du maillot des athlètes féminines ? Mon sang tourne encore quand je me rappelle le crétin qui a qualifié de « beauté du Sud » la gymnaste américaine Carly Patterson.
Enfin... parlons plutôt santé.
Si vous avez des enfants, si vous-mêmes pratiquez un sport, vous n'avez pas pu manquer d'être influencé par ce qu'on a vu à Athènes depuis deux semaines. Les prises de vue sous-marines en natation ont permis à mon compagnon d'améliorer sa technique ; il a gagné de la vitesse ! Ma fille s'est décidée : elle se met à l'athlétisme cet automne, mais jamais elle n'acceptera des entraîneurs qui ont l'air aussi bête que ce qu'on a vu.
Moi ? Eh bien, je pense encore au jogging, je continue les séances de Pilates... et j'achève de me soigner les bras. S'il y a une chose que j'ai bien comprise en discutant avec les sportifs que vous avez fréquentés avec moi ces dernières semaines, c'est que les exercices prescrits accélèrent la guérison, en constituent même une condition essentielle... et la rapidité d'intervention détermine la durée des soins.
Avis à tous ceux parmi vous qui laissez traîner les choses avant d'aller consulter. « Ça va guérir tout seul »... mais ça va être long ! Et si vous ne faites pas les exercices parce que vous n'êtes pas motivés, vous pensez que ça ne compte pas tellement...
Vous avez compris pourquoi vous trouvez que votre soignant n'est pas très efficace ! Intervenir rapidement, répéter les soins et les exercices, ça dépend de nous, et c'est notre nouveau credo en matière de blessures, merci à Georges le physio et à Nicolas le blessé du judo.
Ce n'est pas qu'on ne le savait pas, c'est qu'on ramollit ; ça nous prend un petit stimulant. Tout le brassage des Olympiques peut aussi servir à ça.
Mais attention, si le sport, c'est la santé, et si vous vous y mettez demain, enthousiasmés par ce que vous avez commenté bien assis sur votre sofa, sachez qu'une étude en France a montré que l'effort provoque chaque année le décès brutal de 1500 sportifs en pleine forme. On appelle ça la mort subite ; en réalité, ce sont des cardiaques qui s'ignorent. Ne vous ignorez pas !
Dans un bouquin qui paraît opportunément, un doc rappelle que les excitants et la bouffe peuvent gêner l'effort.
Il recommande les boissons énergétiques pendant l'activité physique et conseille de s'asperger d'eau pour diminuer la température du corps, mais d'éviter de boire de l'eau pure en plein effort. Je vous répète ce que j'ai lu, hein, je ne suis pas qualifiée pour commenter. Mais je vous encourage, allez, hop !
Alors que les JO se terminent avec faste ce week-end, on compte les médailles, on panse les déchirures et autres tendinites... Les plaies d'orgueil seront-elles aussi longues à guérir ? Georges Demirakos, le physiothérapeute qui a soigné au tennis, a vu ce qu'on ne nous a pas montré : « Dans les couloirs, les Chiliens qui venaient de gagner la médaille d'or en double sautaient, criaient et couraient comme des enfants... » Mais quand on perd... Georges raconte : « Anastasia Myskina, de la Russie, en train de gagner le match contre le numéro 1 mondial, a perdu sa concentration, puis le match. Elle crie et pleure seule, c'est très triste. »
Ouais, les athlètes sont des humains, pas des machines... malgré tout. Si vous poussez le corps sans tenir compte de l'âme, vous aurez des ennuis ; si ce n'est pas maintenant, ça vous rattrapera, vous verrez bien. Pensez alors à ce qu'on fait à toutes les Émilie Bordeleau et Maryse Turcotte quand on ne parle que de médailles et de notre déception de voir le Canada si peu décoré.
Maryse m'écrit : « Ce n'est pas correct de parler de déception lorsqu'un athlète fait sa meilleure performance à vie ! Au village olympique, il y a un tableau d'honneur dans le salon des athlètes canadiens qui affiche seulement les photos des médaillés ! Pourquoi ne pas afficher ceux qui ont battu ou égalé des records canadiens ? »
Maryse reprend : « Je suis persuadée que les athlètes canadiens ont autant de talent que les athlètes des autres pays. Alors pourquoi ne gagne-t-on pas ? Une faible culture du sport y est pour quelque chose : pas de détection de talent dans les écoles ; pas assez de cours d'éducation physique ; pas de variété de sports dans les cours. (En secondaire 2, le prof nous a fait jouer au basketball toute l'année ! Cela ne permet pas de découvrir des talents ailleurs... ) Et les parents ont une responsabilité : il est plus facile de laisser ses enfants tout seuls devant l'ordi que de les accompagner au terrain de soccer. »
Vous voyez bien : le sport, la santé et l'éducation sont de la même famille. Ça s'appelle aussi la prévention, et ça n'arrive pas à passer la rampe.
L'Organisation mondiale de la santé se fait la championne de la prévention depuis des années, on sort partout des études sur l'alimentation, et si on s'intéresse somme toute bien peu au sport, on sait quand même que la santé mentale en dépend, que l'effort physique nous travaille les hormones... et que l'exercice fait partie d'une hygiène de vie dont la santé est le coeur et l'âme... Vieux, jeunes, boomers ou punks aux larges culottes... préférez-vous les pilules ?
***
Lire : Dr Stéphane Cascua, Le sport est-il bon pour la santé ? Éditions Odile Jacob.
vallieca@hotmail.com
Et dans les moeurs ? Les médias changeraient eux aussi, on se mettrait à nous montrer à des heures acceptables les jeux de ceci et les championnats de cela... peut-être même qu'on retirerait des ondes les mononcles qui parlent de la beauté ou du maillot des athlètes féminines ? Mon sang tourne encore quand je me rappelle le crétin qui a qualifié de « beauté du Sud » la gymnaste américaine Carly Patterson.
Enfin... parlons plutôt santé.
Si vous avez des enfants, si vous-mêmes pratiquez un sport, vous n'avez pas pu manquer d'être influencé par ce qu'on a vu à Athènes depuis deux semaines. Les prises de vue sous-marines en natation ont permis à mon compagnon d'améliorer sa technique ; il a gagné de la vitesse ! Ma fille s'est décidée : elle se met à l'athlétisme cet automne, mais jamais elle n'acceptera des entraîneurs qui ont l'air aussi bête que ce qu'on a vu.
Moi ? Eh bien, je pense encore au jogging, je continue les séances de Pilates... et j'achève de me soigner les bras. S'il y a une chose que j'ai bien comprise en discutant avec les sportifs que vous avez fréquentés avec moi ces dernières semaines, c'est que les exercices prescrits accélèrent la guérison, en constituent même une condition essentielle... et la rapidité d'intervention détermine la durée des soins.
Avis à tous ceux parmi vous qui laissez traîner les choses avant d'aller consulter. « Ça va guérir tout seul »... mais ça va être long ! Et si vous ne faites pas les exercices parce que vous n'êtes pas motivés, vous pensez que ça ne compte pas tellement...
Vous avez compris pourquoi vous trouvez que votre soignant n'est pas très efficace ! Intervenir rapidement, répéter les soins et les exercices, ça dépend de nous, et c'est notre nouveau credo en matière de blessures, merci à Georges le physio et à Nicolas le blessé du judo.
Ce n'est pas qu'on ne le savait pas, c'est qu'on ramollit ; ça nous prend un petit stimulant. Tout le brassage des Olympiques peut aussi servir à ça.
Mais attention, si le sport, c'est la santé, et si vous vous y mettez demain, enthousiasmés par ce que vous avez commenté bien assis sur votre sofa, sachez qu'une étude en France a montré que l'effort provoque chaque année le décès brutal de 1500 sportifs en pleine forme. On appelle ça la mort subite ; en réalité, ce sont des cardiaques qui s'ignorent. Ne vous ignorez pas !
Dans un bouquin qui paraît opportunément, un doc rappelle que les excitants et la bouffe peuvent gêner l'effort.
Il recommande les boissons énergétiques pendant l'activité physique et conseille de s'asperger d'eau pour diminuer la température du corps, mais d'éviter de boire de l'eau pure en plein effort. Je vous répète ce que j'ai lu, hein, je ne suis pas qualifiée pour commenter. Mais je vous encourage, allez, hop !
Alors que les JO se terminent avec faste ce week-end, on compte les médailles, on panse les déchirures et autres tendinites... Les plaies d'orgueil seront-elles aussi longues à guérir ? Georges Demirakos, le physiothérapeute qui a soigné au tennis, a vu ce qu'on ne nous a pas montré : « Dans les couloirs, les Chiliens qui venaient de gagner la médaille d'or en double sautaient, criaient et couraient comme des enfants... » Mais quand on perd... Georges raconte : « Anastasia Myskina, de la Russie, en train de gagner le match contre le numéro 1 mondial, a perdu sa concentration, puis le match. Elle crie et pleure seule, c'est très triste. »
Ouais, les athlètes sont des humains, pas des machines... malgré tout. Si vous poussez le corps sans tenir compte de l'âme, vous aurez des ennuis ; si ce n'est pas maintenant, ça vous rattrapera, vous verrez bien. Pensez alors à ce qu'on fait à toutes les Émilie Bordeleau et Maryse Turcotte quand on ne parle que de médailles et de notre déception de voir le Canada si peu décoré.
Maryse m'écrit : « Ce n'est pas correct de parler de déception lorsqu'un athlète fait sa meilleure performance à vie ! Au village olympique, il y a un tableau d'honneur dans le salon des athlètes canadiens qui affiche seulement les photos des médaillés ! Pourquoi ne pas afficher ceux qui ont battu ou égalé des records canadiens ? »
Maryse reprend : « Je suis persuadée que les athlètes canadiens ont autant de talent que les athlètes des autres pays. Alors pourquoi ne gagne-t-on pas ? Une faible culture du sport y est pour quelque chose : pas de détection de talent dans les écoles ; pas assez de cours d'éducation physique ; pas de variété de sports dans les cours. (En secondaire 2, le prof nous a fait jouer au basketball toute l'année ! Cela ne permet pas de découvrir des talents ailleurs... ) Et les parents ont une responsabilité : il est plus facile de laisser ses enfants tout seuls devant l'ordi que de les accompagner au terrain de soccer. »
Vous voyez bien : le sport, la santé et l'éducation sont de la même famille. Ça s'appelle aussi la prévention, et ça n'arrive pas à passer la rampe.
L'Organisation mondiale de la santé se fait la championne de la prévention depuis des années, on sort partout des études sur l'alimentation, et si on s'intéresse somme toute bien peu au sport, on sait quand même que la santé mentale en dépend, que l'effort physique nous travaille les hormones... et que l'exercice fait partie d'une hygiène de vie dont la santé est le coeur et l'âme... Vieux, jeunes, boomers ou punks aux larges culottes... préférez-vous les pilules ?
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Lire : Dr Stéphane Cascua, Le sport est-il bon pour la santé ? Éditions Odile Jacob.
vallieca@hotmail.com
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