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Statistiques - Les mêmes chiffres pour tout le monde

Thierry Haroun   5 juin 2004  Santé
Cela fait six mois à peine que la Banque de données sur les statistiques officielles sur le Québec (BDSO) est en service que déjà le directeur général de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ), Yvon Fortin, estime que ce nouveau système d'information (www.bdso.gouv.qc.ca) est un franc succès.

«On peut considérer que la BDSO est un succès car avant sa mise en service en novembre dernier, le site Internet de l'ISQ enregistrait près de 65 000 sessions de travail par mois, alors que maintenant on en compte 90 000, et on n'a pas encore complété le travail pour l'ensemble des ministères», constate Yvon Fortin, en ajoutant que, d'ici deux mois, les données de six des 23 ministères et organismes visés du gouvernement du Québec auront intégré le réseau de la BDSO pour en faire des «statistiques officielles».

À ce jour, les données du ministère de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille de même que celles du ministère des Ressources naturelles sont intégrées à la BDSO. «Et bientôt, celles du ministère des Transports le seront également, assure M. Fortin. Des ministères cognent à notre porte et d'autres s'ajouteront au fur et à mesure qu'on avance. Pour l'essentiel, précise-t-il, c'est une question de gestion de l'offre car, pour l'instant, on n'a pas suffisamment de ressources humaines à l'ISQ pour répondre [à tout le monde]. Mais, dit-il, on ne veut pas non plus précipiter les choses.»

Mise aux normes

Il se montre toutefois confiant de respecter l'échéancier de deux ans qu'il s'était fixé au départ pour compléter le travail. «On fait les gros ministères d'abord, puis suivra une accélération très rapide du travail.» Pour mener à bien ce projet, l'ISQ a dû établir un protocole avec les différents organismes et ministères intéressés afin de conjuguer des chiffres, souvent contradictoires, pour en faire ultimement une «statistique officielle». Un travail qui a pris parfois des allures de casse-tête, comme l'explique si bien

M. Fortin: «Par exemple, dans le cas du ministère des Transports, les [fonctionnaires] se sont rendu compte qu'il y avait dans leurs fichiers trois à quatre chiffres différents concernant la longueur du réseau routier québécois. [...] Ça supposait donc un travail énorme pour eux, soit de rationaliser les différentes banques de données et ainsi de fournir à l'ISQ des chiffres pour les titres choisis.»

Le directeur général de l'ISQ donne en exemple un autre cas: «En ce qui concerne les exportations au Québec, il pouvait y avoir un chiffre à l'ISQ, un autre au ministère de l'Industrie et du Commerce et un autre au ministère des Finances.» En toute logique, dit-il, il s'agit d'amener les ministères à considérer des données qui sont habituellement vouées à des fins administratives et de les convertir en informations statistiques officielles. «Et pour ce faire, cela exige de leur part un certain "lessivage" des données car elles seront rendues publiques et officielles.»

Interrogé pour savoir si le gouvernement a déjà mis son nez dans les affaires de l'ISQ, Yvon Fortin estime avoir les coudées franches pour accomplir son travail et assure avec insistance qu'en aucun temps le gouvernement n'a tenté de s'immiscer dans les enquêtes statistiques de l'institution qu'il dirige depuis sa mise en service en avril 1999. «Il n'y a eu aucune intervention et de la part d'aucun ministre, d'ailleurs. Et c'est la raison pour laquelle l'ISQ publie son Calendrier de diffusion au début de chaque année. Nous avons, enchaîne-t-il, les coudées franches et il n'y a jamais eu d'intervention de la part de Bernard Landry ou de Pauline Marois à l'époque, et c'est encore plus vrai aujourd'hui avec le ministre des Finances Yves Séguin.»

À l'avant-garde

Si le modèle proposé par la BDSO «fait oeuvre de pionnier dans les pays du G7 en ce sens qu'on dresse un portrait d'ensemble» d'une situation donnée, il n'en demeure pas moins que ce système d'information s'est largement inspiré des modèles instaurés dans les pays nordiques. «Les pays scandinaves comme le Danemark et la Suède ont un passé très riche en matière d'exploitation de fichiers administratifs. De plus, la France en fait également beaucoup avec l'Institut national de la statistique et des études économiques et, là encore, on est branché sur leur pratique.»

Une fenêtre sur le monde

L'établissement d'une «statistique officielle» a l'avantage d'apporter de la crédibilité à une information, ce qui, selon M. Fortin, peut se traduire par des investissements. Notons que 30 % des accès enregistrés sur le site Internet de l'ISQ proviennent du nord-est des États-Unis. «On sait que, dans ces cas en particulier, ce sont des prospections d'investissement. À cet égard, la BDSO devient une fenêtre pour les investisseurs étrangers. Et en leur donnant accès à une même statistique, soit par le biais du site Internet de l'ISQ ou encore par les sites des ministères et organismes concernés», cela facilitera la tâche des internautes en évitant toute confusion possible, comme c'était le cas auparavant.

À plus long terme, M. Fortin envisage d'aller encore plus loin en ce qui concerne le programme de la BDSO. «Le défi qui se pose à nous, c'est celui de procéder à des enquêtes de façon longitudinale auprès des ménages, de manière à faire un suivi de l'évolution de leur revenu et de leur état de santé, par exemple.»

La mise en place de la BDSO a été rendue possible grâce à la collaboration de Telus Solutions d'affaires, Korem et Oracle — des firmes spécialisées dans le domaine de la téléphonie et du développement de logiciels. L'ISQ emploie plus de 260 personnes pour un budget annuel de fonctionnement de quelque 22 millions de dollars. Ce projet conjoint, maintenant réalité, était finaliste aux Octas 2004 dans la catégorie Services gouvernementaux en ligne.






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