Le décès de Micheline Charest ravive l'inquiétude du public - Les risques de la chirurgie plastique
Même si les études se contredisent, une chose demeure: une liposuccion n'a rien de banal, rappellent les spécialistes du milieu
Source: Newscom
Risquée, la liposuccion? Difficile à dire puisque les études se contredisent. Chose certaine, la liposuccion n'est pas une procédure à haut risque, mais elle n'est certainement pas une intervention banale non plus, comme certaines femmes l'imaginent à tort, affirment les spécialistes de la chirurgie plastique.
Les circonstances hautement médiatisées du décès de la femme d'affaires Micheline Charest, survenu en cours de chirurgie esthétique, ont ranimé hier l'inquiétude du public au sujet de certains types de chirurgies plastiques, notamment en ce qui concerne la liposuccion, une intervention de plus en plus en vogue alors que pas moins de 385 000 Nord-Américaines y ont eu recours en 2001 pour venir à bout de leurs rondeurs.
Hier, on s'attendait déjà à ce que cette mort accidentelle ait un effet de ressac important dans les cliniques privées de chirurgie esthétique, où la liposuccion compte pour environ le tiers des interventions pratiquées.
«Ça va sûrement avoir un impact. Beaucoup de gens se présentent chez nous en pensant qu'une chirurgie esthétique est quelque chose d'aussi banal qu'un nettoyage de dents. Même si les risques sont mineurs, ça reste tout de même une chirurgie», a tenu à préciser hier le Dr Yvan Larocque, porte-parole de l'Association des chirurgiens plasticiens, qui compte 100 membres au Québec.
Chose certaine, la mort de Micheline Charest est le troisième décès lié à une chirurgie esthétique rapporté en dix ans au Québec, a confirmé hier le Bureau du coroner. On ignore encore les causes précises du décès, mais le coroner pourrait dévoiler aujourd'hui le résultat du rapport de l'autopsie pratiquée hier sur la dépouille de Mme Charest.
Ainsi, une femme de 31 ans est décédée en 2001 d'une thrombo-embolie liée à une liposuccion. Ces chiffres ne représentent toutefois que les cas rapportés puisqu'il n'existe aucun registre officiel des incidents liés aux chirurgies esthétiques au Québec.
Les risques
Selon le Dr Larocque, il est très difficile de quantifier le risque réel posé par une chirurgie esthétique — notamment par la liposuccion — puisque ces risques varient énormément en fonction de l'âge, de la condition médicale de chaque personne et de l'importance de l'intervention pratiquée.
En effet, une étude allemande publiée en 2003 évalue à environ 1 sur 5000 le risque de décès et de complications graves lié à la liposuccion. La Food and Drug Administration (FDA) américaine fait quant à elle état d'études qui rapportent trois décès sur 100 000 cas et d'autres études parlant de 20 à 100 décès sur 100 000 cas. La Société américaine de chirurgie esthétique quantifie quant à elle à 1 sur 47 000 le risque de mortalité en 2001.
Selon le Dr Larocque, le risque associé à la liposuccion augmente en fonction de la quantité de graisse retirée, de la durée de l'intervention et de la multiplication des procédures. Or on sait aujourd'hui que Micheline Charest a subi trois interventions simultanées, soit une liposuccion, un lifting du visage et une réduction mammaire, qui ont nécessité une anesthésie d'environ sept heures.
Sans commenter le cas de Micheline Charest, ce plasticien affirme qu'une liposuccion normale dure habituellement de une à trois heures et que la durée de l'intervention est reconnue comme un facteur de risque important.
Parmi les complications possibles, le Dr Larocque note l'embolie pulmonaire, causée par la formation de caillots sanguins ou graisseux, le choc anaphylactique, lié à une réaction allergique grave aux médicaments utilisés, et l'hypothermie maligne, une complication rare (1 cas sur 30 000) liée à l'anesthésie, qui peut mener à l'arrêt cardio-respiratoire.
«En général, la liposuccion est une procédure sécuritaire, mais elle doit être faite selon les règles de l'art, ce qui ne fut pas le cas au début des années 90 aux États-Unis, à l'époque où des études ont rapporté un décès sur 5000», a insisté le Dr Larocque.
À cette époque, la liposuccion, en plein essor, pouvait être pratiquée par n'importe quel médecin américain. Aujourd'hui, des règlements réservent cette pratique aux chirurgiens plasticiens et aux dermatologues. Ces règlements obligent aussi les plasticiens pratiquant en clinique privée à être accrédités, à limiter à cinq litres la quantité de graisse retirée par intervention et à respecter le dosage maximal de certains médicaments anesthésiants. Les complications doivent aussi être rapportées à l'organisme d'accréditation.
Au Québec, les cliniques de chirurgie plastique n'ont pas cette obligation, de sorte que tous les incidents ne sont pas rapportés, déplore le Dr Larocque. «Nous avons déjà proposé l'accréditation obligatoire. Cela permettrait d'avoir un registre des complications et des statistiques claires pour le Québec», croit-il.
Pour Lise Lamontagne, du Réseau québécois d'action sur la santé des femmes (RQASF), les tristes circonstances du décès de Micheline Charest démontrent que de nombreuses femmes, décidées à «s'offrir une chirurgie en cadeau», minimisent encore les risques associés aux chirurgies. «C'est dommage qu'on doive se rendre au décès d'un personnage public pour que les gens prennent conscience des risques associés aux chirurgies esthétiques», a-t-elle déploré.
En général, a-t-elle dit, la plupart des professionnels mentionnent bien ces risques aux patientes. «Il faut plutôt se questionner sur les motivations des femmes et se rendre compte que plusieurs d'entre elles sont victimes d'un contexte social qui ne valorise que les corps de filles de 15 ans, a-t-elle conclu. Il y a peut-être d'autres façons d'améliorer l'estime de soi qu'en touchant au corps.»
Les circonstances hautement médiatisées du décès de la femme d'affaires Micheline Charest, survenu en cours de chirurgie esthétique, ont ranimé hier l'inquiétude du public au sujet de certains types de chirurgies plastiques, notamment en ce qui concerne la liposuccion, une intervention de plus en plus en vogue alors que pas moins de 385 000 Nord-Américaines y ont eu recours en 2001 pour venir à bout de leurs rondeurs.
Hier, on s'attendait déjà à ce que cette mort accidentelle ait un effet de ressac important dans les cliniques privées de chirurgie esthétique, où la liposuccion compte pour environ le tiers des interventions pratiquées.
«Ça va sûrement avoir un impact. Beaucoup de gens se présentent chez nous en pensant qu'une chirurgie esthétique est quelque chose d'aussi banal qu'un nettoyage de dents. Même si les risques sont mineurs, ça reste tout de même une chirurgie», a tenu à préciser hier le Dr Yvan Larocque, porte-parole de l'Association des chirurgiens plasticiens, qui compte 100 membres au Québec.
Chose certaine, la mort de Micheline Charest est le troisième décès lié à une chirurgie esthétique rapporté en dix ans au Québec, a confirmé hier le Bureau du coroner. On ignore encore les causes précises du décès, mais le coroner pourrait dévoiler aujourd'hui le résultat du rapport de l'autopsie pratiquée hier sur la dépouille de Mme Charest.
Ainsi, une femme de 31 ans est décédée en 2001 d'une thrombo-embolie liée à une liposuccion. Ces chiffres ne représentent toutefois que les cas rapportés puisqu'il n'existe aucun registre officiel des incidents liés aux chirurgies esthétiques au Québec.
Les risques
Selon le Dr Larocque, il est très difficile de quantifier le risque réel posé par une chirurgie esthétique — notamment par la liposuccion — puisque ces risques varient énormément en fonction de l'âge, de la condition médicale de chaque personne et de l'importance de l'intervention pratiquée.
En effet, une étude allemande publiée en 2003 évalue à environ 1 sur 5000 le risque de décès et de complications graves lié à la liposuccion. La Food and Drug Administration (FDA) américaine fait quant à elle état d'études qui rapportent trois décès sur 100 000 cas et d'autres études parlant de 20 à 100 décès sur 100 000 cas. La Société américaine de chirurgie esthétique quantifie quant à elle à 1 sur 47 000 le risque de mortalité en 2001.
Selon le Dr Larocque, le risque associé à la liposuccion augmente en fonction de la quantité de graisse retirée, de la durée de l'intervention et de la multiplication des procédures. Or on sait aujourd'hui que Micheline Charest a subi trois interventions simultanées, soit une liposuccion, un lifting du visage et une réduction mammaire, qui ont nécessité une anesthésie d'environ sept heures.
Sans commenter le cas de Micheline Charest, ce plasticien affirme qu'une liposuccion normale dure habituellement de une à trois heures et que la durée de l'intervention est reconnue comme un facteur de risque important.
Parmi les complications possibles, le Dr Larocque note l'embolie pulmonaire, causée par la formation de caillots sanguins ou graisseux, le choc anaphylactique, lié à une réaction allergique grave aux médicaments utilisés, et l'hypothermie maligne, une complication rare (1 cas sur 30 000) liée à l'anesthésie, qui peut mener à l'arrêt cardio-respiratoire.
«En général, la liposuccion est une procédure sécuritaire, mais elle doit être faite selon les règles de l'art, ce qui ne fut pas le cas au début des années 90 aux États-Unis, à l'époque où des études ont rapporté un décès sur 5000», a insisté le Dr Larocque.
À cette époque, la liposuccion, en plein essor, pouvait être pratiquée par n'importe quel médecin américain. Aujourd'hui, des règlements réservent cette pratique aux chirurgiens plasticiens et aux dermatologues. Ces règlements obligent aussi les plasticiens pratiquant en clinique privée à être accrédités, à limiter à cinq litres la quantité de graisse retirée par intervention et à respecter le dosage maximal de certains médicaments anesthésiants. Les complications doivent aussi être rapportées à l'organisme d'accréditation.
Au Québec, les cliniques de chirurgie plastique n'ont pas cette obligation, de sorte que tous les incidents ne sont pas rapportés, déplore le Dr Larocque. «Nous avons déjà proposé l'accréditation obligatoire. Cela permettrait d'avoir un registre des complications et des statistiques claires pour le Québec», croit-il.
Pour Lise Lamontagne, du Réseau québécois d'action sur la santé des femmes (RQASF), les tristes circonstances du décès de Micheline Charest démontrent que de nombreuses femmes, décidées à «s'offrir une chirurgie en cadeau», minimisent encore les risques associés aux chirurgies. «C'est dommage qu'on doive se rendre au décès d'un personnage public pour que les gens prennent conscience des risques associés aux chirurgies esthétiques», a-t-elle déploré.
En général, a-t-elle dit, la plupart des professionnels mentionnent bien ces risques aux patientes. «Il faut plutôt se questionner sur les motivations des femmes et se rendre compte que plusieurs d'entre elles sont victimes d'un contexte social qui ne valorise que les corps de filles de 15 ans, a-t-elle conclu. Il y a peut-être d'autres façons d'améliorer l'estime de soi qu'en touchant au corps.»
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

