Le vaccin contre la grippe n’a pas été efficace contre la souche dominante cette année

L’efficacité moins grande du vaccin cette année laisse croire que le virus a subi une mutation génétique depuis l’an dernier.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir L’efficacité moins grande du vaccin cette année laisse croire que le virus a subi une mutation génétique depuis l’an dernier.

Toronto — Le vaccin contre la grippe saisonnière n’a pas été très efficace cette année au Canada : à mi-saison, les chercheurs lui attribuent un taux de succès de 10 à 20 % contre la souche qui a frappé le plus fort cet hiver, la H3N2.

 

La chercheuse principale de l’étude, l’épidémiologiste Danuta Skowronski, du Centre pour le contrôle des maladies de la Colombie-Britannique, soutient que ces résultats concordent avec ce qui avait été observé en Australie pendant la plus récente saison de grippe, qui s’est terminée dans l’hémisphère sud à la fin du mois d’août — juste avant le début de la saison de la grippe au Canada.

 

Le Canada et l’Australie avaient choisi les mêmes souches pour concocter le vaccin de cette saison. Ce vaccin devait offrir une certaine protection contre des virus de l’influenza de type A — les souches H3N2 et H1N1 — et de type B.

 

C’est le même vaccin qui avait été administré au Canada en 2016-2017, et il avait affiché alors un taux de succès de 42 % pour prévenir les infections au virus H3N2. L’efficacité moins grande du vaccin cette année laisse croire que le virus a subi une mutation génétique depuis l’an dernier.

 

La professeure Skowronski précise toutefois que le vaccin de cette année a connu un taux d’efficacité de 55 % pour prévenir les cas de maladies respiratoires dues à la souche dominante de grippe de type B, qui a aussi touché de nombreux Canadiens. Mais c’est la souche A (H3N2) qui a été dominante, et le taux de succès est dans ce cas moins grand, ce qui fait chuter l’efficacité générale du vaccin.

 

Les estimations nationales de mi-saison sont réalisées par un réseau de chercheurs d’un peu partout au pays ; les résultats sont publiés dans la revue scientifique en ligne Euro Surveillance, du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies.