Les aliments transformés encore trop salés malgré les cibles de Santé Canada

Dans un rapport publié lundi, le ministère constate que seulement 14% des catégories d’aliments ont respecté les cibles de réduction de sel. 
Photo: iStock Dans un rapport publié lundi, le ministère constate que seulement 14% des catégories d’aliments ont respecté les cibles de réduction de sel. 

Cinq ans après avoir suggéré des cibles de réduction de sel à l’industrie alimentaire canadienne, Santé Canada estime que la grande majorité des produits transformés sont encore trop salés pour la consommation.

 

Dans un rapport publié lundi, le ministère constate que seulement 14 % des catégories d’aliments ont respecté les cibles de réduction. Ces objectifs avaient été fixés en 2012, de concert avec l’industrie et les spécialistes du secteur de la santé.

14 %
Proportion des catégories d’aliments qui ont respecté les cibles de Santé Canada

De plus, 48 % des catégories d’aliments n’ont pas diminué le sel de façon importante, et certains ont même augmenté leur teneur en sodium.

 

Par exemple, les barres de céréales, le fromage à la crème, les croustilles ainsi que les margarines sont encore trop salés, selon le ministère. C’est le cas aussi pour le thon et des volailles en conserve, les ailes de poulet et les pizzas congelées.

 

Des progrès importants ont cependant été constatés pour les fromages à pâte ferme tels que le parmesan, de même que pour le poisson fumé, le tofu, le pesto et la pâte de tomates.

 

Risques pour la santé

 

Selon Santé Canada, un excès de sel provoque de l’hypertension artérielle, un facteur de risque pour les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux (AVC). Les Canadiens devraient consommer un maximum de 1500 milligrammes de sel par jour. Pourtant, plus de 80 % d’entre eux consomment plus de 2300 milligrammes par jour.

 

Santé Canada constate ainsi que les fabricants « n’ont pas agi suffisamment » pour atteindre les cibles.

 

Le ministère s’engage donc à proposer de nouveaux règlements pour tenter de remédier à la situation.

 

Il prévoit notamment suggérer d’apposer une étiquette sur les aliments élevés en sodium pour que les Canadiens soient mieux informés de ce qu’ils consomment.

 

« Parallèlement, Santé Canada a proposé d’introduire des règlements visant à restreindre la publicité de boissons et d’aliments malsains aux enfants de moins de 13 ans. La définition de « malsain » tiendra compte de la teneur en sodium des aliments », est-il écrit dans le rapport.

 

L’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) s’est désolée de ces résultats et a encouragé le gouvernement à s’attaquer plus fermement au sel, « le nouvel ennemi public ».

 

« Comme ce fut le cas pour l’élimination des gras trans de l’assiette des Canadiennes et des Canadiens, le Dr Jalbert conclut qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Santé Canada devrait imposer des cibles de réduction de sel dans les aliments transformés à l’industrie agroalimentaire, afin de protéger et ultimement d’améliorer la santé de toutes et de tous », indique l’organisation dans un communiqué, citant le docteur Yves G. Jalbert, spécialiste de contenu à l’ASPQ.