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    Les futurs pharmaciens se préparent à l’arrivée de la marijuana

    2 décembre 2017 |Isabelle Paré | Santé
    Un citoyen de Montevideo montre les deux sacs de cannabis achetés en pharmacie après que l’Uruguay eut rendu légale la vente de la marijuana sous le contrôle de l’État en juillet dernier.
    Photo: Matilde Campodonico Associated Press Un citoyen de Montevideo montre les deux sacs de cannabis achetés en pharmacie après que l’Uruguay eut rendu légale la vente de la marijuana sous le contrôle de l’État en juillet dernier.

    À quelques mois de la légalisation du cannabis, les futurs pharmaciens se préparent déjà à conseiller les patients qui consommeront ce produit psychotrope à des fins médicales ou récréatives sur les effets et interactions possibles avec d’autres médicaments.

     

    Un coup de sonde effectué auprès de quelques facultés de pharmacie démontre que des cours sur les aspects légaux entourant l’utilisation de la marijuana à des fins médicales sont déjà offerts dans certaines universités, et le seront l’automne prochain dans d’autres.

     

    Certaines facultés songent aussi à adapter leur curriculum pour rendre compte des propriétés thérapeutiques du pot dans certaines situations cliniques.

     

    C’est notamment le cas à la Faculté de pharmacie de l’Université Laval à Québec, où l’on envisage de sensibiliser les étudiants à cette nouvelle réalité. « Il y aura des changements à l’automne pour renseigner les étudiants sur la législation fédérale, sur les personnes à qui la marijuana thérapeutique peut être prescrite et sur la tenue des registres », a expliqué au Devoir Daniel Kirouac, adjoint au doyen.

     

    Selon ce dernier, les étudiants et les pharmaciens sont déjà familiarisés durant leur formation aux propriétés des cannabinoïdes de synthèse, utilisés depuis longtemps pour traiter certaines conditions médicales.

     

    Connus notamment sous le nom de Nabilone, les cannabinoïdes synthétiques sont indiqués tant pour traiter les nausées liées à la chimiothérapie que la dépression, l’anxiété et la douleur, notamment en soins palliatifs et pour les patients souffrant de douleurs « fantômes » à un membre à la suite d’une amputation.

     

    Des interactions connues

     

    Les pharmaciens pourront informer leurs patients des effets de la marijuana combinée à d’autres médicaments agissant sur le système nerveux central, notamment les antidépresseurs, les anti-anxiolytiques, les analgésiques ou les narcotiques, affirme le représentant de la faculté.

     

    « Ces substances et leurs effets secondaires sont connus depuis 100 ans et celles-ci sont déjà utilisées pour des indications précises. Je crois à l’usage clinique des cannabinoïdes. Il faut faire la lumière sur ces substances qui ont mauvaise presse, mais qui ont peut-être des indications très utiles pour certains patients », a fait valoir M. Kirouac.

     

    Le rôle du pharmacien par rapport au cannabis séché provenant de plantes naturelles se trouvera cependant complexifié, puisque sous cette forme, le produit contient plusieurs substances actives. « Il faudrait que le contenu du cannabis médical soit rigoureusement contrôlé et constant », soulève le porte-parole de la faculté.

     

    À l’Université de Montréal, la formation des docteurs en pharmacie comporte déjà un cours en toxicologie et un autre sur les aspects légaux et l’usage du cannabis à des fins thérapeutiques.

     

    Les facultés de médecine se font quant à elles beaucoup plus vagues quant à la formation qu’elles entendent donner aux futurs médecins sur la marijuana. Plus tôt cette semaine, les représentants des étudiants en médecine avaient réclamé que leur formation soit adaptée à la légalisation prochaine du cannabis, afin d’être mieux préparés à conseiller et à traiter leurs patients.

     

    Après des appels passés dans toutes les universités, la porte-parole de la Conférence des doyens des facultés de médecine du Québec, la Dre Hélène Boisjoly, a fait savoir par courriel que les facultés « sont au travail pour faire en sorte que les diplômés soient outillés pour bien gérer cette nouvelle réalité ».

     

    Selon la Dre Boisjoly, certaines facultés exposent déjà leurs étudiants aux enjeux entourant la légalisation du cannabis, aux phénomènes de dépendance et de sevrage, et aux usages thérapeutiques de la marijuana, dans le cadre de cours sur la toxicomanie.













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