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    Cannabis: les futurs médecins nagent en plein brouillard

    Une formation adaptée au contexte de la légalisation est nécessaire, disent-ils

    28 novembre 2017 |Isabelle Paré | Santé
    Les jeunes médecins s’inquiètent de l’absence de formation prévue pour les préparer, dès juillet prochain, à la légalisation de la marijuana.
    Photo: iStock Les jeunes médecins s’inquiètent de l’absence de formation prévue pour les préparer, dès juillet prochain, à la légalisation de la marijuana.

    Les jeunes médecins s’inquiètent de l’absence de formation prévue pour les préparer, dès juillet prochain, à la légalisation de la marijuana et à ses impacts possibles sur la santé des patients. En porte-à-faux avec la position officielle du Collège des médecins, les futurs docteurs jugent qu’il faut investir pour les préparer à cette nouvelle donne et « protéger l’accès au cannabis aux fins médicales ».

     

    C’est du moins le point de vue de la Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ) qui, tout en appuyant le projet de loi proposé par Québec, émet certaines réserves à l’égard de celui-ci. La position des futurs médecins détonne face à celle défendue par le Collège des médecins qui, depuis 2014, estime que « le cannabis séché n’est pas un traitement reconnu par la profession médicale ».

     

    Et cela, parce que l’effet de la marijuana sur diverses pathologies, affirme le Collège, n’a pas fait l’objet d’études scientifiques assez avancées. Le Code de déontologie des médecins oblige ces derniers à s’abstenir d’avoir recours à des traitements insuffisamment éprouvés.

     

    Prévenir

     

    Or, les jeunes médecins, eux, s’attendent à devoir composer dès juillet non seulement avec les patients ayant recours à la marijuana à des fins médicales (permise depuis 2014), mais aussi avec les patients qui en feront usage à des fins récréatives. Quoi qu’en dise le Collège, ils estiment que la formation actuelle des professionnels de la santé à cet égard est totalement insuffisante.

     

    « On n’est pas pour ou contre la marijuana, on se permet d’avoir une position moins légaliste. Notre inquiétude vise les futurs médecins qui vont devoir traiter des patients qui en font usage à des fins non médicales. On aimerait aussi avoir des indications claires sur les contextes dans lesquels le cannabis peut être prescrit. On ne connaît rien de l’interaction de ces médicaments avec d’autres. Les pharmaciens seront confrontés aussi à ces nouvelles questions », affirme Philippe Simard, vice-président de la FMEQ.

     

    La Fédération, elle, ne se dit pas opposée à l’usage de la marijuana à des fins médicales, et souhaiterait même que les patients y aient accès par l’entremise de la RAMQ, comme tout autre médicament.

     

    « La loi prévoit déjà que ça peut être prescrit, donc ça devrait être reconnu comme un médicament, pour que les gens puissent être remboursés par la RAMQ. Ce qui nous inquiète davantage, c’est que le cannabis prescrit à des fins médicales soit utilisé à des fins récréatives », ajoute Philippe Simard.

     

    Pour la FMEQ, il faudrait limiter les taux de THC de la marijuana à 15 % et déterminer les taux de cannabiol à partir desquels le cannabis peut avoir des effets thérapeutiques, notamment sur la douleur des patients. Inquiets pour les jeunes et les populations vulnérables, les étudiants en médecine souhaitent par ailleurs que des mesures soient prises pour prévenir la « banalisation » de la consommation de cannabis.

     

    Le Collège reste sur sa position

     

    Le Collège des médecins du Québec (CMQ) prône toujours quant à lui la prudence depuis l’entrée en vigueur, en 2014, du règlement fédéral permettant aux médecins de prescrire la marijuana à des fins médicales. « On considère toujours cela comme un médicament non reconnu pouvant être utilisé seulement dans un cadre de recherche », a fait savoir Leslie Labranche, pour le CMQ. Dans ce contexte, les médecins qui veulent prescrire du cannabis séché à leurs patients doivent le faire dans le cadre de recherches approuvées par des comités d’éthique, notamment de celui dirigé par le Dr Mark Ware, de l’Université McGill. Le Collège finance en partie cette étude amorcée en mai 2015 dont on attend toujours les résultats.













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