Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Un réseau en plein désarroi

    25 novembre 2017 | Marie-Hélène Alarie - Collaboration spéciale | Santé
    Selon le SCFP, dans quelques établissements, et ce, pour certaines fonctions spécifiques, on parle de plus de 33% de démissions au bout d’un mois.
    Photo: iStock Selon le SCFP, dans quelques établissements, et ce, pour certaines fonctions spécifiques, on parle de plus de 33% de démissions au bout d’un mois.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Frédéric Brisson, président, et Michel Jolin, secrétaire général du Conseil provincial des affaires sociales (CPAS), un syndicat affilié au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), lancent un cri d’alarme : le personnel des établissements de santé est épuisé, physiquement bien sûr, mais moralement aussi. « Il faut des embauches massives ! » lance Frédéric Brisson.

     

    Mais le réseau de la santé est-il attractif ? « Quand j’ai été embauché en 2001, note M. Brisson, on me disait que j’étais chanceux, les conditions étaient bonnes ainsi que le salaire. Mais aujourd’hui, on ne fait que parler en mal du système. » Selon lui, le réseau de la santé du Québec est étouffé, notamment en raison de la pénurie de personnel et du manque d’effectifs qui touchent le réseau, et ce, un peu partout. De plus, avec un taux de chômage très bas et le fait qu’il est relativement facile de trouver de l’emploi ailleurs, les travailleurs sont de moins en moins attirés par le réseau de la santé, estime le président du CPAS.

     

    Michel Jolin donne un exemple des raisons du découragement du personnel. Il explique que, lors de la signature de la dernière convention collective, des lettres d’entente avaient été ajoutées. Elles stipulaient une augmentation des postes à temps plein. Malheureusement, déplore M. Joli, les employeurs ne respectent pas toujours ces lettres d’entente. Résultat : « On sait que, quand on entre dans le réseau, ça peut prendre jusqu’à huit ans avant d’obtenir un poste… Ce ne sont pas des conditions gagnantes. »

     

    Et selon les chiffres du SCFP, lorsqu’il y a des embauches, il s’en trouve plusieurs à partir au bout de quelques semaines. D’ailleurs, toujours selon le SCFP, dans quelques établissements, et ce, pour certaines fonctions spécifiques, on parle de plus de 33 % de démissions au bout d’un mois. Bien sûr, les horaires sont difficiles et beaucoup d’employés quittent le réseau à la faveur d’emplois offrant des horaires de jour ou plus réguliers.

     

    Aujourd’hui, le SCFP souhaite renverser la vapeur et sortir le personnel d’une atmosphère délétère. « Ce n’est pas normal que des employés demandent des congés et se fassent régulièrement répondre non. On doit appliquer les conventions collectives, martèle Frédéric Brisson. Est-ce qu’on a besoin d’une autre réforme ? Surtout pas ! On a besoin de gros bon sens, on a besoin de gens qui sont humains et qui comprennent la réalité des travailleurs… ce qui n’est pas le cas présentement. »













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.