Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Les «super infirmières» gagnent en autonomie

    Une entente est intervenue entre le Collège des médecins et l’Ordre des infirmières

    21 novembre 2017 |Marie-Lise Rousseau | Santé
    Le champ de pratique des infirmières praticiennes spécialisées a été étendu, mais elles estiment qu’il y a encore du chemin à faire.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le champ de pratique des infirmières praticiennes spécialisées a été étendu, mais elles estiment qu’il y a encore du chemin à faire.

    Les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) ont été entendues : elles auront davantage d’autonomie à compter de 2018. Un nouveau règlement a été conclu entre le Collège des médecins du Québec et l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) pour encadrer leur pratique. Rendue publique lundi, cette entente doit permettre de mieux répondre aux besoins croissants des patients.

     

    Celles qu’on surnomme « super infirmières » pourront bientôt amorcer des traitements pour six problèmes de santé chronique, soit le diabète, l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie, l’asthme, les maladies pulmonaires obstructives chroniques et l’hypothyroïdie.

     

    Concrètement, cela leur permettra de conseiller les patients et, lorsque nécessaire, de leur prescrire des médicaments avant que ceux-ci ne consultent un médecin. Les infirmières ne pourront toutefois pas établir de diagnostic.

     

    Le travail des IPS, actuellement réparti entre les soins de première ligne et certaines spécialités, s’étendra désormais dans trois grands champs : les soins aux adultes, la pédiatrie et la santé mentale. Elles pourront également pratiquer en CHSLD et en Centre jeunesse.

     

    Autre gain pour les IPS, elles n’auront plus à se limiter à une liste de médicaments préétablie lorsque viendra le temps de faire des prescriptions, comme c’est le cas actuellement.

     

    Réactions positives

     

    Les gains sont « significatifs », mais il y a « encore du travail à faire », soutient la présidente de l’Association des infirmières praticiennes spécialisées du Québec, Christine Laliberté. Selon elle, le nouveau règlement ne comble pas le retard accusé au Québec dans la pratique des « super infirmières ». Les IPS de la province ont le champ d’intervention le plus limité au pays, déplore-t-elle.

     

    « On célèbre la victoire, mais on va continuer à travailler, parce qu’on sait qu’on peut offrir plus à la population », a-t-elle dit au Devoir.

     

    L’OIIQ est de son côté satisfait du règlement. « C’est un gain majeur [pour les IPS], ça va donner un meilleur accès [aux soins] à la population, notamment en évitant la double consultation », s’est réjouie sa présidente, Lucie Tremblay.

     

    Cette dernière affirme que la « très grande majorité » des revendications de l’OIIQ a été approuvée.

     

    Elle aurait toutefois souhaité que les IPS puissent établir des diagnostics. « Néanmoins, le fait de pouvoir initier les traitements pour les maladies chroniques est un gain majeur », soutient-elle, soulignant que la moitié de la population du Québec vit avec ce type de problème de santé.

     

    Mme Tremblay compte sur un comité de suivi qui doit être mis en place après l’entrée en vigueur du règlement pour émettre des recommandations en ce sens à l’avenir. Des IPS siégeront à ce comité.

     

    Pour sa part, le Collège des médecins atteste que l’entente donnera plus d’initiative et de liberté aux IPS, en plus d’améliorer la qualité des soins. « Ça fait longtemps que ce dossier évolue, on avait beaucoup de pression pour que ça aboutisse », rappelle son président, Charles Bernard.

     

    Le Regroupement provincial des comités des usagers s’est quant à lui dit « très heureux » de ce règlement. Selon son président, Pierre Blain, il permet de « commencer à combler le retard » du Québec dans ce domaine.

     

    Il y a actuellement 413 IPS dans la province. Le gouvernement s’est engagé à en intégrer 2000 dans le réseau de la santé d’ici 2024-2025. Des formations universitaires ont d’ailleurs débuté en septembre à cet effet, a confirmé Mme Tremblay.

     

    Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, souhaite prendre connaissance de l’entente avant de réagir. « Toutefois, à première vue, nous voyons cela très positivement », a écrit son attachée de presse, Catherine W. Audet, au Devoir.

     

    Le règlement doit être approuvé par le Conseil des ministres avant d’entrer en vigueur. Cela devrait se faire au début de 2018.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.