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    Les sages-femmes du Québec s’impatientent

    Sans entente depuis 2015, elles ont manifesté ce lundi à Montréal

    20 novembre 2017 |Marie-Lise Rousseau | Santé

    Exaspérées par l’« extrême lenteur » des négociations visant à renouveler leur convention collective, les quelque 200 sages-femmes du Québec ont manifesté lundi à Montréal en marge d’une conférence qu'a prononcé le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, dans le but de faire pression sur le gouvernement.

     

    Les sages-femmes déplorent le fait que les négociations n’ont toujours pas abordé la majorité de leurs propositions, bien que leur entente de travail soit échue depuis 2015. « On ne sent même pas de volonté d’entendre nos demandes. On a proposé beaucoup d’avenues, sans succès », a déclaré la porte-parole du Regroupement Les sages-femmes du Québec (RSFQ) Marie-Pierre Mainville, en entrevue au Devoir.

     

    La principale demande de ces praticiennes concerne leur forfait de garde, qu’elles jugent nettement insuffisant considérant que « c’est ce qui fait [la] spécificité » du travail des sages-femmes, estime Mme Mainville. Elles demandent donc à ce que leur rémunération pour ces heures soit de 12 000 $ par année.

     

    Les conditions de travail des employées dans le Grand Nord, les frais de déplacement ainsi que les congés sans solde pour les études sont d’autres points litigieux.

     

    « On a effleuré certaines questions, mais aucun point n’a été négocié dans son entièreté », soutient la porte-parole du RSFQ. Aucune rencontre n’est prévue pour l’instant avec la partie patronale. « C’est extrêmement irritant pour nous, parce qu’on donne énormément de disponibilités et eux très peu », poursuit Mme Mainville.

     

    C’est pour demander au ministre Barrette de « faire un pas dans [leur] direction » que les sages-femmes seront dans la rue ce lundi. « Notre patience a atteint sa limite », prévient Marie-Pierre Mainville.

     

    Reddition de compte

     

    Selon le ministre de la Santé, le seul point qui achoppe dans les négociations concerne les redditions de compte. Gaétan Barrette se désole que les sages-femmes refusent de se plier à cette demande. « Pour nous, ce n’est pas acceptable. On ne peut pas négocier avec qui que ce soit sans reddition de compte », a-t-il martelé au Devoir dimanche, précisant que cette condition fait partie des ententes conclues avec les autres professionnels de la santé du Québec.

     

    Le ministre affirme par ailleurs que les sages-femmes font « des négociations d’un autre temps, pas de 2017 ». Il ajoute que la manifestation de lundi ne changera rien à la nécessité d’établir des redditions de compte.

     

    M. Barrette a qualifié de « malheureuse » cette impasse dans les négociations étant donné que le gouvernement a pris récemment « des engagements pour le développement de la pratique des sages-femmes ». Une quatrième maison de naissance sur l’île de Montréal doit notamment être inaugurée en 2018 dans l’est de la ville.

     

    Les négociations ne sont pas arrêtées pour autant, soutient le ministre, qui assure que des démarches se poursuivent du côté patronal.













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