Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Maladie d’Alzheimer: le rôle de l’ARN découvert à McGill

    14 octobre 2017 |Miriane Demers-Lemay | Santé
    Des chercheurs de l’Université McGill observent que l’ARN se dégrade beaucoup plus rapidement chez les patients atteints d’Alzheimer que chez les personnes saines.
    Photo: iStock Des chercheurs de l’Université McGill observent que l’ARN se dégrade beaucoup plus rapidement chez les patients atteints d’Alzheimer que chez les personnes saines.

    Des chercheurs de l’Université McGill mettent en lumière un nouveau mécanisme cellulaire associé à la maladie d’Alzheimer. Une découverte qui ouvre d’autres perspectives de recherche pour l’élaboration de nouveaux traitements.

     

    Au cours des dernières années, les chercheurs ont associé la maladie d’Alzheimer à l’accumulation de protéines — le peptide bêta-amyloïde et la protéine tau — dans le cerveau. « Mais personne n’avait encore pensé au rôle de l’ARN », dit Rached Alkallas, étudiant à la maîtrise en génomique humaine à l’Université McGill.

     

    L’ARN constitue l’intermédiaire entre l’ADN et la machinerie cellulaire responsable de la fabrication des protéines. Or, plusieurs de ces protéines sont impliquées dans les connexions entre les neurones.

    564 000
    Le nombre de Canadiens atteints d'une maladie cognitive, selon la Société Alzheimer du Canada. Plus de 65 % sont des femmes de plus de 65 ans.
     

    Dans une étude publiée vendredi dans la revue Nature Communications, des chercheurs de l’Université McGill observent que l’ARN se dégrade beaucoup plus rapidement chez les patients atteints d’Alzheimer que chez les personnes saines. De même, la protéine RBFOX1, qui protège et stabilise l’ARN, est moins abondante dans les neurones des patients atteints d’Alzheimer.

     

    Or, s’il y a moins d’ARN, il y a moins de protéines disponibles pour les connexions entre les neurones. Les connexions neuronales étant moins efficaces, les fonctions cognitives peuvent être altérées, ce qui correspond effectivement aux symptômes de cette maladie complexe et multifactorielle.

     

    « Ce résultat nous donne une autre pièce nous permettant de comprendre davantage ce casse-tête qu’est la maladie d’Alzheimer », commente l’un des chercheurs de l’étude, Hamed S. Najafabadi. « Lorsque le casse-tête sera complet, il sera plus facile de développer des traitements qui ciblent spécifiquement les causes de la maladie. » À noter qu’il n’y a, actuellement, aucun traitement curatif pour la maladie d’Alzheimer.

    Ce résultat nous donne une autre pièce nous permettant de comprendre davantage ce casse-tête qu’est la maladie d’Alzheimer
    Hamed S. Najafabadi, chercheur à l’Université McGill
     

    Plusieurs questions demeurent, selon les chercheurs. « La dégradation de l’ARN est-elle une cause ou un symptôme de la maladie ? » se questionne M. Alkallas.

     

    « Comment peut-on réguler l’ARN ? ajoute M. Najafabadi. Pourquoi la protéine RBFOX1 est-elle moins abondante chez les patients atteints ? La formation des plaques amyloïdes est-elle, par réactions en chaîne, impliquée dans la réduction de l’abondance de RBFOX1 ? »

     

    Malgré ce champ de recherche prometteur, l’équipe de M. Najafabadi s’intéresse à présent à une autre problématique.

     

    De fait, l’ARN serait non seulement associé à la maladie d’Alzheimer, mais probablement aussi… au cancer. Le chercheur explique que des gènes spécifiques protègent les cellules contre le cancer, tandis que d’autres favorisent le développement de la maladie.

     

    Or, il semble que l’ARN des gènes « protecteurs » a une dégradation plus rapide chez les cellules cancéreuses que chez les cellules saines, tandis que l’ARN des gènes « dangereux » se dégrade plus lentement que prévu. Un dossier à suivre…

     












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.