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    CHUM–CHU Sainte-Justine: Québec doit revenir sur sa décision

    12 octobre 2017 | Dr Normand Lapointe - Retraité, professeur titulaire de l’Université de Montréal, pédiatre, immunologue au CHU Sainte-Justine | Santé
    L’attachement de la population au CHU Sainte-Justine est grand et le gouvernement se doit de retrouver l’aplomb nécessaire pour reconsidérer son orientation, estime l'auteur. 
    Photo: Michaël Monnier Le Devoir L’attachement de la population au CHU Sainte-Justine est grand et le gouvernement se doit de retrouver l’aplomb nécessaire pour reconsidérer son orientation, estime l'auteur. 

    Bravo au Devoir, qui a permis de révéler le véritable fondement de la décision de fusionner le conseil d’administration et la direction générale du CHUM et du CHU Sainte-Justine. Il s’agissait, a-t-on appris, de remplir une condition posée par le directeur général Fabrice Brunet pour accepter, en septembre 2015, la direction du CHUM se trouvant sans directeur général à la suite d’une crise opposant le ministre de la Santé à l’ex-p.-d.g. Jacques Turgeon. Le Dr Brunet, a-t-il expliqué, ne voulait pas « laisser Sainte-Justine ».

     

    Une blague douteuse

     

    En comparaison de cette admission, la raison invoquée officiellement — c’est-à-dire la transition de la médecine pédiatrique vers la médecine adulte — n’est plus qu’une blague douteuse. Ce prétexte ne peut absolument pas constituer un motif de poids pour poser un geste aussi majeur que de fusionner à jamais le conseil d’administration et la direction générale des deux établissements. Le CHU Sainte-Justine est le seul hôpital pédiatrique autonome au Québec et le plus important centre hospitalier universitaire mère-enfant au Canada, et il nécessite une gouvernance complète et cohérente pour réaliser sa mission spécialisée et non pas figurer dans la liste des sujets d’un conseil d’administration et d’une direction à temps partiel ou accaparés par les problèmes complexes du CHUM.

     

    Autre fait à souligner, le ministre, placé sur la défensive par l’animateur Paul Arcand, affirmait le 18 septembre que la fusion du conseil d’administration et de la direction générale du CHUM et du CHU Sainte-Justine était prévue « depuis le début » et que la vacance au poste de p.-d.g. du CHUM n’avait été que « l’occasion de la faire ». Ces propos ont certainement provoqué un sursaut d’agitation chez ceux qui défendent l’autonomie du CHU Sainte-Justine. Le ministre révélait, ce faisant, que le projet de loi no 10 avait été une sorte de canular en ce qui a trait à la gouvernance autonome promise pour Sainte-Justine et que son dessein était de passer la fusion des conseils et des directions générales en catimini quelques mois plus tard. Dans ce contexte, comment peut-il demander aux gens d’accorder de la valeur aux assurances qu’il offre concernant la part résiduelle d’autonomie de Sainte-Justine ?

     

    Le fait qu’on n’ait pas trouvé de meilleures raisons à invoquer et que l’on s’empêtre dans les contradictions est en soi une preuve du peu de fondement rationnel de la décision originelle. Quiconque a un peu d’expérience dans les affaires humaines a bien compris que c’est la condition posée par le Dr Brunet qui se situe au coeur de l’affaire. Depuis le début, cette décision se cherche une raison. Malheureusement, elle n’est pas parvenue à s’en trouver une qui soit valable.

     

    Le gouvernement se doit de retrouver l’aplomb nécessaire pour reconsidérer son orientation et relancer solidement le CHU Sainte-Justine sur son élan. Cela serait d’autant plus normal qu’il n’y perdra aucun point politique, car l’attachement de la population au CHU Sainte-Justine est grand et la population sait qu’elle peut compter sur cette grande institution. Aucune décision positive à son égard ne sera mal venue, fût-elle tardive.













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