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    Lente régression du temps d’attente aux urgences et en chirurgie

    5 octobre 2017 | Isabelle Porter à Québec | Santé
    Le ministère de la Santé aura de la difficulté à atteindre les cibles qu’il s’est fixées en matière d’attente aux urgences et en chirurgie.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministère de la Santé aura de la difficulté à atteindre les cibles qu’il s’est fixées en matière d’attente aux urgences et en chirurgie.

    Le ministère de la Santé est loin d’atteindre ses cibles pour ce qui est des délais d’attente aux urgences et en chirurgie, qui ont à peine diminué depuis l’an dernier, révèle un rapport du ministère de la Santé.

     

    Au rythme où vont les choses, il faudra attendre à 2030 avant que le ministère atteigne ses cibles pour les délais d’attente en chirurgie oncologique. En 2015, il s’était donné pour objectif d’opérer 90 % des patients en 28 jours ou moins. Or, seulement 63 % ont été traités dans les délais cette année, une augmentation de 2 % par rapport à l’an dernier.

     

    Le même phénomène est à l’oeuvre en ce qui a trait à l’imagerie médicale. L’an dernier, 62 % des demandes en imagerie médicale étaient en attente depuis plus de trois mois. C’est très loin par rapport à la cible de 100 % que s’est donnée le ministère pour 2020. Encore là, on observe un léger progrès de 2 % par rapport à l’an dernier.

     

    L’écart, selon le ministère, est attribuable « au grand volume de demandes » pour les échographies et les tests de résonance magnétique.

    85 %
    C’est la cible pour 2020 du pourcentage des patients dont l’attente avant la prise en charge à l’urgence serait de moins de deux heures. Beaucoup de chemin reste à faire puisque le pourcentage est passé de 60 à 61 % entre 2015-2016 et 2016-2017.
     

    Le portrait n’est toutefois pas sombre partout en chirurgie puisque le réseau a réussi cette année à diminuer de moitié la proportion de chirurgies en attente depuis plus d’un an (de 6309 à 3112).

     

    Par contre, les patients continuent d’attendre trop longtemps avant d’être pris en charge à l’urgence. Cette année près de quatre patients sur dix ont dû attendre plus de deux heures à l’urgence, alors que le gouvernement espère limiter cette proportion à 15 % en 2020.

     

    Autre constat, les patients sur civière à l’urgence y restent en moyenne 15,6 heures, alors que la cible est de 12 heures.

     

    Selon le ministère, l’attente à l’urgence demeure élevée justement à cause des efforts pour réduire la durée de séjour des patients sur civière. Le réseau fait également pâle figure pour ce qui est soins à domicile. Le nombre de personnes desservies en soutien à domicile de longue durée a augmenté seulement de 1,8 % alors qu’on visait une hausse de 15 % d’ici 2020. Invité à réagir mercredi, le cabinet du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a fait valoir qu’il est « prématuré d’avancer que nous ne les atteindrons pas alors que le rapport présente les résultats à 3 ans de l’échéance ».

     

    Le ministre, ajoute-t-on, a de surcroît annoncé des « investissements supplémentaires » afin de réduire les délais et offrir plus de soins aux aînés, dont 20 millions de dollars dédiés à des « chirurgies supplémentaires » et 69 millions pour améliorer les soins à domicile. « Nous sommes persuadés que nous atteindrons les cibles convenues en 2020 comme prévu », a fait valoir l’attachée de presse du ministre, Julie White. 

     

    Heures supplémentaires en hausse

     

    Le cabinet n’avait toutefois pas fait de commentaires sur les aspects du rapport touchant les conditions de travail. À cet égard, la situation s’est détériorée du côté des heures supplémentaires. Alors que le gouvernement avait commencé à réduire l’an dernier le taux d’heures supplémentaires pour le limiter à 3 %, il s’est accru de 7,5 % cette année.

     

    Une situation que le ministère impute en partie au fait qu’on a moins recouru aux agences privées cette année.

     

    De même, on a dû payer encore plus d’heures d’assurance salaire alors que le ministère s’était donné pour objectif de les diminuer. « Cette augmentation », écrit-on, a été observée dans presque tous les établissements du réseau et semble être généralisée.

     

    Ces résultats sont rendus publics une semaine après le dépôt du rapport de la protectrice du citoyen, Marie Rinfret, qui s’inquiète de la détérioration des services de santé pour les aînés notamment. Le nombre de plaintes traitées par son équipe en matière de santé et de services sociaux a bondi de 30 % en 2016-2017, et ce, comparativement à la moyenne des trois années précédentes.













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