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    Consommer le temps d’une soirée

    Kate a pris de la codéine obtenue en pharmacie par une connaissance

    30 septembre 2017 |Améli Pineda | Santé
    Des gens sont sortis dans la rue, le 1er septembre dernier, pour rendre hommage aux victimes de surdoses d’opioïdes.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des gens sont sortis dans la rue, le 1er septembre dernier, pour rendre hommage aux victimes de surdoses d’opioïdes.

    Les opioïdes, pour Kate, ça aura été l’« expérience » d’une soirée d’été autour de quelques verres de vin. Avec une de ses meilleures amies, elle a consommé de « façon récréative » 300 grammes de codéine obtenue auprès d’une connaissance sous prescription.

     

    « C’était expérimental. On voulait voir quel effet ça allait nous procurer », raconte la Montréalaise de 25 ans.

     

    La femme, qui travaille dans un musée de la métropole, confie consommer à l’occasion cannabis et cocaïne. Les opioïdes n’ont jamais suscité son intérêt, mais puisqu’il s’agissait de comprimés de prescription, Kate n’a pas hésité à les essayer lorsqu’on lui en a proposé.

     

    Surnommé « la drogue des ados » vu la facilité avec laquelle on peut se le procurer, ce médicament est considéré comme un des plus faibles de la famille des opiacés.

     

    C’est l’amie d’une amie, devenue dépendante à la codéine, qui leur a offert les comprimés.

     

    « Cette fille-là, elle fait le tour des pharmacies de la ville. Elle demande au pharmacien de lui en donner même si sa prescription est échue, puis lorsque ça fait trop de fois qu’elle va en demander au même endroit et qu’on lui refuse, elle change de pharmacie », raconte Kate.

     

    Connus pour leurs effets déstressants et décontractants, les dix comprimés de 30 mg chacun n’ont toutefois pas « allumé » la jeune femme plus qu’il le faut.

     

    « C’est un analgésique, alors tu as l’impression de planer, mais quand tu as déjà essayé d’autres drogues, l’effet est très minime. Avec le mélange d’alcool, tu te sens un peu légère, mais sans plus. J’ai plutôt eu très mal au ventre par la suite et ç’a été difficile sur la digestion. »

     

    Si la jeune femme n’a pas aimé l’« expérience opioïde », elle confie que c’est plutôt la cocaïne qui a accompagné ses soirées festives cet été.

     

    Elle avoue avoir entendu parler du fentanyl, qui se retrouve dorénavant dans presque toutes les drogues, dont la cocaïne, mais elle assure ne jamais avoir craint pour sa vie.

     

    « On est tous au courant que ça existe et qu’on s’en sert de plus en plus pour couper d’autres drogues, mais personnellement, je n’ai jamais eu de mauvaise expérience avec mon dealer. Je ne crois pas que ce soit à son avantage de ne pas nous dire s’il y en a dans ce qu’on lui achète », dit-elle.

     

    Son cercle d’amis, dont la plupart sont sur le marché du travail ou aux études, a le même revendeur depuis plusieurs années, explique la jeune femme, convaincue que ce dernier ne souhaite pas briser leur « lien de confiance ».

     

    Kate estime être le reflet de sa génération : elle aime avoir du plaisir, mais de façon responsable. « On est tous des adultes, on a toujours été prudents et je ne connais personne dans mon entourage qui a eu de mauvaises expériences. On n’achètera jamais de la drogue à quelqu’un qu’on ne connaît pas », assure-t-elle.

     

    Alors que l’automne est arrivé, le temps de reprendre de bonnes habitudes est revenu, dit la jeune femme.

     

    « Je viens d’arrêter parce que c’était rendu que j’en prenais toutes les fins de semaine. C’était superrécréatif, ce n’était pas au quotidien. Mais j’ai un emploi, je veux être capable de me lever le matin et ça serait plate que je fasse une surdose là-dessus », confie Kate.













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