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Santé: Acide, man!

27 mars 2004  Santé
L'acide fut une drogue pop il y a 30 ans. Les jeunes d'alors ont maintenant l'acide... dans le sang! On pense que la plupart des gens, en vieillissant, acidifient leur organisme et que cela les rend malades de maladies qui se soignent difficilement. Vous voulez des noms?

Commençons par les pierres au foie: une étude récemment publiée dans le numéro d'avril de la revue Kidney International établit un lien entre l'excès de poids et les pierres d'acide urique dans le foie. Les chercheurs de Chicago disent du même souffle que trop de gras animal entraîne des urines acides et que c'est une conséquence de l'obésité. En plus, ça fait mal. Mais vous voulez d'autres misères? Arthrite, digestion brûlante, constipation, goutte (à l'orteil, vous savez?), même de l'ostéoporose. On parle aussi de dents friables et entartrées ainsi que de... fatigue. Dont nous avons appris, souvenez-vous, qu'elle est l'une des principales causes de consultation médicale.

Comment savoir si vous êtes acide? C'est une question de chimie, à savoir si votre potentiel hydrogène (pH), qui reflète la concentration en ions H+ dans le sang, est neutre ou quoi. On prend votre pH dans le pipi, parfois dans la salive; il devrait normalement tourner autour de plus ou moins 7,40. On dépose quelques gouttes d'urine sur le petit papier jaune ou sur le petit bâtonnet. Si c'est la salive qui est mesurée, ce sera différent, on parle de 5,5 comme étant la référence, mais il est vrai qu'on utilise plus souvent l'urine, et plus souvent le premier pipi du jour. Ne cherchez pas, comme moi, à la pharmacie ou au grano du coin: si vous voulez tester votre pH, il faudra vous rendre dans les chaînes d'aliments naturels (Tau et Rachel-Béry, pour ne pas les nommer) et il vous en coûtera moins de 20 dollars pour satisfaire votre curiosité.

Quand le corps est acide, le chiffre donné par le test est petit. On ne dit pas: «oh, j'ai 6,7, ce n'est pas si mal». Le calcul du pH est logarithmique: ainsi, un résultat de 6,4 est dix fois plus acide que 7,4. Retenons que sous 7,35, on est en état d'acidose: alerte rouge. Hum... Alerte rouge, vous voulez rire? Comme me le dit Anne-Marie Roy, «les gens surveillent attentivement le pH de leur piscine mais n'ont aucune idée du pH de leur corps»! Pourtant, pensez-y: on est presque soi-même une piscine intérieure, non? Et si l'acidité est mauvaise pour l'eau de la piscine...

Anne-Marie Roy, nutritionniste, donne des conférences et enseigne l'alimentation. Dans un milieu conservateur, c'est une diététiste qui étonne par la franchise de ses opinions documentées. En février dernier, dans le cadre des activités de l'Association Manger Santé Bio, elle a justement choisi l'acidité comme sujet de conférence. Et moi (qui n'y étais pas), je l'ai choisie pour m'aider à comprendre de quoi il en retourne. Elle m'explique: «Le corps évacue le surplus d'acidité en le tamponnant avec des minéraux, qui sont alcalinisants: magnésium, fer, potassium, mais surtout le calcium, le minéral le plus présent.» Conclusion? Le corps se déminénalise; on manque de... calcium, de magnésium, de fer... Pas qu'on s'en rende compte, hélas. Si on pouvait avoir un rapport d'état de temps à autre, une sorte d'autodiagnostic, ce serait merveilleux. Mais on peut suppléer en demandant au doc de vous faire passer une analyse de sang. Profitez-en pour ajouter le cholestérol et la glycémie, tant qu'à faire faire un bilan...

Lu sur Internet: «Retrouvez un pH équilibré, retrouvez la santé... » Faut-il aller aussi loin? Anne-Marie Roy n'hésite pas un instant: «Ça fait 14 ans que je fais de la consultation et que je vois, tiens, par exemple, des vaginites à répétition. Je pose la question et, boum, c'est une dent sucrée! On sait que le sucre est acidifiant, et l'acidification de l'organisme nourrit les micro-organismes pathogènes. Les levures, les champignons adorent l'acidité. Alors, ils prolifèrent.»

Chacun réagit à sa manière, avec son héritage de gènes et d'habitudes. Mais au bout du compte, notre corps pique à tout ce qui est os (aux dents aussi), et même ailleurs, les minéraux qui vont le ramener vers le point neutre, déminéralisant au passage nos muscles, la peau, un peu tous les tissus, finalement, et c'est ici que la bataille pour les solutions commence.

Vais-je vous reparler du fameux vinaigre de cidre? Juste pour vous dire qu'on le considère comme un puissant reminéralisant par sa richesse en minéraux (phosphore, magnésium, calcium, soufre, fluor, fer, silicium, bore, alléluia...). Et c'est délicieux dans les vinaigrettes! Devrais-je ajouter que l'exercice aérobic, par son apport en oxygène, permet de ramener l'aiguille vers le neutre? Une autre bonne raison de se faire suer.

L'aile radicale de l'alimentation professe le cru comme solution pour reminéraliser le corps, et mon coeur lui est acquis. Mais la chair est faible, surtout l'hiver! Pourtant, on ne peut pas y couper complètement, me dit Anne-Marie Roy: «Notre assiette devrait se diviser en mets 70 % alcalinisants et

30 % acidifiants. Actuellement, c'est plutôt le contraire. Notre problème, c'est qu'on voit les légumes comme un accompagnement alors que ce devrait être la base: c'est comme ça qu'on va arriver à reminéraliser le corps. Le gros travail à faire, c'est de remettre les choses en proportion. Pensons à la viande comme à un accompagnement des légumes et incorporons des noix et des légumineuses: les protéines végétales sont moins acidifiantes.»

***

- Le meilleur livre, recommandé par notre nutritionniste: The pH Miracle: Balance Your Diet, Reclaim Your Health, Dr Robert. O Young.

- Le meilleur endroit pour aller poser des questions: l'expo Manger santé, le week-end prochain au Palais des congrès de Montréal.

- Vient de paraître: le nouveau Larousse de la santé (80 $), un gros livre en images, véritable encyclopédie de prévention et de soins. On y inclut des herbes et des granules homéopathiques.

vallieca@hotmail.com
 
 
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  • Jean-François Racine
    Abonné
    mercredi 31 mars 2004 13h40
    De quel pH parle-t-on?
    Dans l'organisme, on trouve différentes zone de pH selon le métabolisme et l'environnement rencontré. Partout le contrôle du pH s'avère très important pour assurer les fonctions vitales (physiologiques, biochimiques et autres), Cependant, le pH n'est pas partout le même.

    Le pH du sang artériel, sang oxygéné, se situe, pour 95% de la population en santé, entre 7,35 et 7,45. Des mécanismes biochimiques assurent le maintien de ce pH malgré la respiration cellulaire et le métabolisme des protéines, pour ne nommer qu'eux, qui engendre une grande quantité d'acides.

    Ces acides doivent être éliminés. Cette élimination est assuré par la respiration (pulmonaire cette fois) et l'excrétion urinaire. Le pH urinaire d'une personne en bonne santé se situe entre 5 et 8, la moyenne se situant autour de 6. Ceci ne reflète en rien le pH sanguin, toujours chez un individu en santé. À mon avis, un pH de 7,40 (moyenne pour le pH artériel) dans les urines se peut donc pas servir d'objectif pour assurer la santé.

    Chez l'individu sain, un pH de 5,5 dans l'urine prouve simplement que sa fonction rénale s'active à éliminer la grande quantité d'acide produite par le métabolisme. On rencontre plus souvent des pH urinaires alcalins (pH plus élevé que 7) chez les personnes souffrant d'infection des voies urinaires.

    L'homéostasie du pH est primordiale et essentielle. Les mécanismes biologiques la régulant sont nombreux et les facteurs l'affectant le sont encore plus. Je ne crois pas que la mesure du pH urinaire, à lui seul, chez des gens se nourissant bien (apport en protéine suffisant) permette de poser un diagnostic sur leur état de santé.

    Jean-François Racine

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